LIMEUX
(Canton de Lury, arrondissement de Bourges, Cher)
Gammon et son épouse, Adalgude, après avoir fondé in loco nuncupante Lemauso, un monastère de religieuses, dont Berthe, leur fille aînée, fut la première abbesse, ils le donnèrent à l’abbé de Saint- Germain-des-Prés, avec les possessions qui en dépendaient et qui étaient situées en deçà et au-delà de la Loire. Le prélat et ses successeurs devaient avoir la direction spirituelle et temporelle de cet institut où la nomination des supérieures et les admissions étaient soumises à leur agrément (6 avril 697) \
Après la mort de Gammon, Adalgude regretta ses libéralités et voulut reprendre ce qu’elle avait accordé aux Bénédictins ; mais elle n’eu*' pas gain de cause, et le roi Childebert III confirma la donation antérieure (25 février 703) 2.
Les documents qui relatent les débuts de la communauté établie par
i. A - Copie XII* siècle, Arch. nat. LL. ioa4, fol. 46’°.
а. Mabillon, Ann. Ben., t. I, p. 704, d’après A.
б. Bouillart, Hist. de Saint-Germain-des-Prés, pièces justif., p. 6, d’après a •
c. Bréquigny, Dipl. chart., p. 349, d’après a.
d. Pardessus, Dip. chart., t. II, p. a43, d’après c.
Ms. lat., ia838, p. 4g.
a. Original avec traces de sceau, Arch. nat., K3, n° i3.
a. Mabillon, Acta ord. S. B., t. III, pars II, p. Gao, d’après A.
b. Lecointe, Ann. Ecc. F., t. V, p. 379, d’après A ou a.
c. Mabillon, De re diplom., p. 48o, et suppl. p. 95, d’après A et a.
d. Bouillart, Hist. de Saint-Germain-des-Prés, pièces justif., p. 8, d’après
A et a.
e. Gall. christ., nov., t. VII, introd. col. 4, d’après c.
f. Bec. des Hist. de France, t. IV, p. 680, d’après c.
g. Bréquigny, Diplomata, p. 366, d’après A.
h. Pardessus, Diplomata, t. II, p. aGi, d’après g.
i. Tardif, Carton des Rois, p. 3i, d’après A.
j. Lasteyrie, Cartul. de Paris, t. I, p. a a.
Gammon ne sont point précis au point de vue géographique et ne permettent pas de reconnaître facilement les lieux qu’ils désignent. Comment traduire Lemausum en français ?
Doit-on l’identifier avec Limours ou Limeux ? Mabillon*, Pardessus1 * 3, Karl Pertz3, Jules Tardif4 5 б. et M. Robert de Lasteyrie® n’hésitent pas à reconnaître dans Lemausum, Limours, chef-lieu de canton de l’arrondissement de Rambouillet (Seine-et-Oise). Ils basent leur opinion sur ce que dans cette localité se trouve bien dans l’Etampois, comme l’indique le diplôme royal de 703. M. Longnon® ne partage pas cet avis. Comme Dom Bouillart7, il pense que Lemausum n’est autre que Limeux, village situé dans le canton de Lury, à 20 kilomètres de Bourges, département du Cher.
La principale raison qu’il donne, en alléguant que des liens constants ont uni Limeux à Saint-Germain-des-Prés,nous paraît irréfutable. Alexandre III dans une bulle de 1 177 8 considère Limeux comme une dépendance de cette abbaye, et le pouillé du diocèse de Bourges, rédigé en 1772, atteste que l’église paroissiale de Limeux fut à la présentation des Bénédictins de Paris jusqu’à la révolution de 1789. En consultant le compte-rendu des chapitres conventuels de Saint-Germain, on est convaincu de la vérité de ce dernier fait 9.
D’autre part, les domaines énumérés en première ligne dans la charte de 697, étant situés aux environs immédiats de Limeux, nous fournissent encore une preuve que cette localité ne diffère pas de Lemausum. Quelles sont ces possessions qui furent données à la communauté naissante de Limeux? Nous avons leurs noms latins, mais il semble assez difficile de les identifier tous avec certitude. M. Longnon, que nous allons citer, en convient lui-même.
Nova Villa Vintoris se confond aujourd'hui avec Villeneuve-sur- Cher, canton de Charost, arrondissement de Bourges. Peut-être disait-on au moyen âge : N euville-le- Vigneron, Nova Villa Vinitoris,