Tardif, Carton des Rois, p. i
français Jaudomé, mais nous ne connaissons aucun lieu portant ce nom.
Ferrarias et Culmellæ Montis pourraient se traduire par Ferrières et Courmelles. Malheureusement rien ne répond à ces dénominations dans le voisinage de Limeux et de Rouvres.
Alnaus était sans doute un homonyme des deux villages qu’on nomme aujourd’hui Aunou, au département de l’Orne.
Tricasini, qui a dû produire en français Troïesins ou Tresins, désigne-t-il l’ancienne paroisse de Trezan, Loiret, arrondissement de Pithiviers, canton et commune de Malesherbes, à 16 kilomètres de Rouvres ?
Felcariolæ est un vocable qui se présente aujourd’hui en France sous quinze formes différentes au moins : Fougerolles, Fouguerolles, Feucherolles, Feugarolles, Feugerolles, Feugrolles, Feuguerolles, Feuquerolles, Foucherolles, Fougerolles, Fougeyrolas, Fougeyrolle, Fougueyrolles, Fouquerolles et Fugarollas. Il est donc presque impossible de distinguer entre les nombreuses localités que désigne l’une de ces variantes d’un même nom, le Felcariolæ qui fut attribué en 697 au monastère de Limeux. Du reste, aucune de ces localités ne se trouve ituée dans le voisinage d’un groupe clairement attesté de biens énumérés dans la charte de Gammon.
Noiolium a désigné jadis une vingtaine de localités ; mais aucune ne répond à celle indiquée dans la donation faite au convent de Limeux.
Mundone Villa ou Mundonis Villa paraît s’appliquer surtout à Mondonville-Saint-Jean (Eure-et-Loir, arrondissement de Chartres, canton d’Auneau).
Childeno Villa, ou plus correctement Childeni Villa, est un nom mérovingien dont la forme française serait aujourd’hui Ileudinville ou Audinville. Aucune localité ne semble porter aujourd’hui ce vocable.
Potiosus est le nom primitif de Poisieux (Cher, arrondissement de Bourges, canton de Charost), village à 5 kilomètres de Limeux. On ne peut sérieusement contester cette identification.
Iladone Villa, ou mieux Iladonis Villa, peut être reconnu dans le hameau d’Adonville (Eure-et-Loir, arrondissement de Chartres, commune de Denonville), à 5 kilomètres au nord de Mondonville-Saint- Jean.
Flaviagus, forme mérovingienne de Flaviacus, désigne au moins
seize localités diverses, comme Flagey, Flagy, etc. Nous ne savons laquelle fut attribuée, en 697, au monastère de Limeux.
Alvernis pourrait bien désigner aujourd’hui le village d’Auvers- Saint-Georges (Seine-et-Oise, arrondissement d’Etampes, canton d’Ëtréchy), situé à 32 kilomètres à l’est d’Adonville.
Postimiagus, forme adoucie de Postumiacus, est un nom de lieu gallo-romain que l’on retrouve aujourd’hui sous deux formes différentes : Potangis (Marne) et Pouthumé (Vienne). Il est possible que cette dernière localité, ancienne commune, réunie en 1801 à celle de Châtellerault, ne soit pas differente de Postimiagus, inscrit dans la charte de Gammon, car l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés eut des intérêts dans ce pays jusqu’en 1789.
Nous ignorons quelle localité peut désigner Caceriæ, qui a dû produire Chassières ou Cassières .
Buxeriæ est aussi un vocable trop fréquent pour qu’il soit permis d’identifier, d’une façon certaine, le lieu ainsi désigné dans la charte de Gammon avec l’une des localités connues en français sous le nom de Bussières, Buxières ou Boissières. Est-ce Buxeriæ, écart aujourd’hui disparu, et vraisemblablement compris dans le finage de Fours (Eure, arrondissement des Andelys, canton d’Ecos) et signalé dans une charte de 1 2 1 5 1 ? Rien ne prouve l’identité de cette dernière localité avec celle qui figure parmi les biens de Limeux.
Balbiagus est une forme adoucie du nom de lieu gallo-romain Balbiacus. Il serait peut-être permis de l’identifier avec Beaugeay (Charente-Inférieure, arrondissement deMarennes, canton de Saint-Aignant). Cette paroisse est située au-delà de la Loire et son église est dédiée à saint Germain.
Cervatiacus est un nom de lieu qui ne semble pouvoir être rapproché de celui d’aucune localité de la France actuelle.
Enfin, Vallis est un vocable trop répandu pour qu’on puisse, à son sujet, émettre quelque hypothèse raisonnable2.
Lorsque le monastère de Limeux disparut, il fut remplacé par une église paroissiale dont les religieux de Saint-Germain-des-Prés présentèrent le curé jusqu’à la révolution. C’est ainsi que le 28 février 1620 et le a3 mai 1626, ils proposèrent pour la cure de Limeux MM. Bigot,
i. Arch. nat. LL. loaG, f. 9 h-
a. Longnon, Introduction au Polyptyque d’Irminon, p. 191-99.
chanoine de Bourges, et Michel Chalez, prêtre du diocèse du Mans. Celui-ci succéda à feu M. Mêle, prêtre du diocèse de Bourges1 2.
De toutes les possessions et seigneuries que Gamraon avait données, les Bénédictins ne conservèrent que Brétigny et Villeneuve-sur- Cher \