MADAME
DE \\'ARENS
Après avoir écrit sa lettre du 25 janvier 1754 à Wintzenried, Madame de Warens entretient, pendant quelques jours, une correspondance assez mystérieuse, témoin la minute suivante d'une missive quelque peu enigmatique, extraite des titres déposés aux Archives départementales de la Savoie.
Monsieur
Je suis infiniment sensible aux expression obligente et plaine de bonté dont vous monoré par votre réponce, II ne dé-
pendrat pas de moy, Monsieur, d'en mériter la continuation. Je metray tous mes soins à vous prouver mon respectueux dévouement.
J'ay l'honneur de vous donner avis que la persone que vous cherché est à présent à Chambéry. Je liiy ay parlés senluy faire aucune mension devons. Je luy ay dit qu'une persone qui venoit du coté (Ces lignes sont effacées dans l'original), Cy vous avez quelque chose à luy demendé ou à luy faire savoir vous pouvez contés sur mon secret et sur ma fidellité. Il ne deppend que de vous Monsieur de la mètre à lepreuve lorsque vous le jugerez à propos. Je n'ay point fait vos compliments à M. de Lens luy lessent ygnorer de même qu'a tout autre que j'ay l'honeur de votre corespondence... La prudence et le secret est lame de tout ce qu'il y at de plus grand dans la nature, comme dens la grâce. Qui ne say pas opserver et à plaindre (Au lieu de ces 3 derniers mots il y avait primitivement ceux-ci, qui sont biffés «n'est pas digne, est a mépriser») Comme
le pauvre M' de Lens et dcns ce cas, je ne puis luy dire ny ce que je fait ny ce que je voudrois faire par des raison que j'espeire que vous aprouverez. J'auray Thoneur de vous les dire un jour (ce dernier membre de phrase est biffé, dans l original). Je vous avertis que ce vieux petit homme que vous cherché ne me parois pas disposé à rester longtens à Chambéry. Il y at des persone du côté de Paris quy Ion fait chercher icy pour le fer travalier en chimie. Il m'a dit qu'il avoit envie d'y aller. Jatent vos hordre à son sujet, et à toutes autres chose qui poura dépendre de moy. Et j'ay Thoneur d'être avec le plus parfait dévouement et un respect infiny
Monsieur, Ce 2 février 1754 — Chambéry
Ce document inédit, dont le destinataire n'est pas indiqué, se rapporte, sans doute, à la pièce suivante, puisée au même fonds, dont la teneur nous est fournie par le dernier feuillet d'une minute de lettre,
sans adresse, attribuée à M""*^ de Warens et datée du lendemain :
Soie persuadé M*" du plaisir que j'orois à vous obliger cy vous aviés la bonté de prier ce M"" dont vous me parlés de ce donner la peine de faire seulement un petit mémoire signé de sa main que vous m'adreceriez au premier courier, et qu'il indique dens son mémoire toutes les sience qui ce propose de pouvoir mètre en usage Des que je loray reseu je le remetray à une persone de distinqtion et de mérite qui vat à Turin et quy et en état de présenter ce mémoire là où il conviendra le mieu pour l'avantage de ce M*", et comme cette persone part dans le courand de ce moy il faud me l'envoyé au plus tôt. — Je souhaiterois trouver des aucasions plus essensielle que je put vous convaincre de Tatachement et sincère estime avec laquelle j'ay l'honneur d'être, M"" — ce 3 février 1754
Les Archives départementales de la Sa-
voie livrent ensuite, à la critique une troisième minute de lettre inédite, adressée par la baronne au cure de Gruffy, qui avait été en visite chez elle, à Chambér>', au mois de novembre précédent. Cette pièce, excessivement curieuse, est relative à un filon de fer, existant près de Gruffy. M'"*^ de Warens recommande au curé, son ami, de ne pas manquer de faire l'éloge do cette mine ; elle laisse espérer que la chapelle de la Ste-Vierge, à Gruffy, où se trouvait un tableau de N.-D. des Ermites, bénéficierait de quelque don, et, finalement, la baronne se plaint de Messieurs les Français « qui savent plumer la poule et qui l'ont toujours trompée. »
Ce 4 février 1754
Monsieur et très cher frère Je vous done avis que dens peu de jours vous vairez M Simon avec une letre de ma part pour aler découvrir le filon de fert que Ion m'a indiqué et que vous saves proche de Gruffy — Je vous prie de ne pas menquer de luy faire l'éloge de cette
mine, et comme vous savez qu'on en a fait du fert autrefoy mais que le maitre ouvrier qui avoit étably étant mort, que la chose en a demeuré la et quenfin je pençois à rétablir la chose pour moy même mais comme mais prossès non pas Tair de finir cy tôt je remet ma découverte à la Compagnie de M Simon qui m'a promis qu'il y auroit égard et que notre dame des Ermitte ne seroit pas oubliées. Voila ce que vous aurez la bontés de luy dire en y ajoutant ce que la prudence et votre bontés pour moy vous poura dicter pour me faire un peu valoir dans l'indication que je donne et dont je renonce en leur faveur, car vous savez que M" les François savent plumer la poule et qu'il veulent tout pour eux.
C'est la mes reserve. De même que je luy ait fort recomendé daler au devant de tout ce quy pouroit vous faire plaisir lors qu'on tireras la mines quon ce propose de faire seulement griller sur les lieux et emportés ensuitte plus loins, pour la fondre, cependant j'ay lieu de croire quun four-
DK MAUAMi: I)i: WAKENS
neau conviciulroii très bien à Gruffy alcndu que les boi\ iiy mcnquc pas.
Je vous seray très obligés de me marquer votre sentiment sur tout cela par premier Courier sens y menquer et surtout de m'en garder le secret à l'égard tout le monde comme aucy de M Symon ou de tous autres quy pourois y aler de ma part ou de la siene dens la suitte ne voulant pas dire tout ce que je pence à M" les François parcequ'il m'ont toujours trompe et je crain qu'il ne continue toujour de même, incy la défience et mère de la sûretés.
Je me recommende à vos chère amitié et bontés hordinaire et jespaire que vos s^* prière m'optiendron les grâces et les secour dont jay un cy grand besoin pour soutenir ma misérable vie et mes pénibles afaires.
Jay l'honneur d'être avec le plus parfait atachement et le plus profond respect
En froid avec de Courtilles, brouillée avec Jean-Jacques, la baronne n'en continuait pas moins de s'occuper d'affaires,
témoin la lettre suivante, inédite, que l'un de ses correspondants de Carouge lui adressait, par la poste, à la même époque :