Rabelais. Le Quart Livre, chap. LXVII
Ne suis je Badault de Paris ?
De Paris, dis ie, auprès Pontoise :
Et d'une chorde d'une toise,
Scaura mon coul que mon cul poise.
2. Marcel Schwob, Introduction à la reproduction du manuscrit de Stockohlm, p. 19.
Une des chansons les plus délicieuses parmi celles que rima Villon est la Ballade du Concours deBlois avec ses propositions contradictoires et son premier vers donné comme thème, (Je meurs de soif auprès de la fontaine). Au sixième vers Villon écrit:
Je ris en pleurs, et attens sans espoir ;
il faut rapprocher ce vers du second vers de ce rondeau anonyme, que je veux donner tout entier tellement il me plaît :
J'ay vestu ma robbe à l'envers :
Je ris des yeulx, et mon cueur pleure, Et mon triste penser labeure, De mon semblant le droit revers.
Je racompte rymes et vers,
Je rys et m'esbas à toute heure :
J'ay vestu ma robbe à l'envers.
Mes maulx sont mortclz et divers, Et n'est rien en quoy je m'asscure.
Prier n'ose qu'on me sequeurc Pour doubte d'estre descouvers.
l'ay vestu ma robbe à l'envers (i).
Et, pour montrer combien les plaisanteries contradictoires étaient chose commune au moyen âge je citerai cette autre pièce anonyme :
Je ne suis plus celluy que je soulloye ; Je congnoys tout, si je me congnoissoye; Mon savoir est en cuider eschangé ; De mon seul bien je me trouve estrangé, j'ai plus d'ehen que celluy qui se noyé.
Qui me fendroit les pies comme à une oye Et me mectroit en ung pré, je pestroye, Puis que Danger et Reffus m'ont rangé.
Je ne suis plus celluy que je soulloye.
Sa loyaulté, dont j'ay suyvy la voye Vers moy de bref bon reconfort n'envoyé Soyés tout seur que je suis vendangé : Car je me treuve en si bref temps changé Qu'en plain chemin en midi me fourvoyé. Je ne suis plus celluy que je soulloye (2).