RELATIONS DE LOTHAIRE AVEC LA HOLLANDE
de Gérard, évéque de Toul, des comtes Emmon et Ânsfrid et de beaucoup d'autres nobles personnages, elle ût don à Saint-Rémy de Reims, avec Tassentiment de son frère Tempereur Otton I", et par la main du comte Arnoul, son avoué, de son alleu de Mersen et de ses dépendances, Klimmen, Littoi, Herten et Angleur. Gerberge, qui semblait prévoir sa fin prochaine, mettait comme condition que les moines de Saint-Rémy prieraient pour son âme, pour celle de son premier mari le duc Gilbert, et pour Renier et Albrade, parents de ce dernier \
Il semblerait que la souveraineté de Lothaire se soit étendue à cette époque fort avant dans le Nord. Le 13 avril, il faisait don de la forêt ou comté de Waës à Thierry, comte de Gand et de Hollande, qu'il appelle son « fidèle » '.
L'autorité du roi était aussi reconnue à l'extrémité opposée, dans la Marche d'Espagne. Sonier, évêque d'Elne, fils de Guifred, comte ou duc de Roussillon, vint trouver Lothaire à Laon et, avec l'appui de Gerberge, de retour de la. Basse- Lorraine, et de l'archevêque Odelric, il obtint, le 17 mai, la permission de régir à la fois, sa vie durant, les deux monastères de Saint-Paul-Maritime et de Saint-Félix-de-Jecsal. Le diplôme autorisait en outre ces deux abbayes à ne payer de cens ou de redevances à aucun seigneur et à demeurer sous la dépendance directe du roi de France '.
Le comte de Barcelone, Sunifred, était mort l'année précédente sans laisser d'enfants. Il avait toujours été fort dévot. Aussi par son testament, daté du l**^ octobre 966, il légua ses biens aux églises. Il avait déjà construit le monastère de Saint-Michel de Guxa et avait assisté à sa dédicace en 953 ; en 957, il avait distribué de nombreux domaines à l'abbaye de
1. ffùtoriens de France, IX, 666. Jos. Habets, Beknopte Geschiedenis der Proostdij van Meerseny p. 97-98, Maastricht, 1888, in-8.
2. Historiens de France^ IX, 632, n» 27. — Karl von Richthofen, Die âlteren Egmonder Geschichtsquellen, n» 3, p. 31, Berlin, 1886, in-8. Ce diplôme soulève plus d'une difficulté. Remarquons simplement ici que ce même comte Thierry souscrit des ac/tes datés du règne de Lothaire, ce qui indique bien qu'il reconnaît sa souveraineté. Voyez Van den Bergh, Oorkondenboek van Holland en Zeeland, t. U', n<»*34 35, 36, 37, 42, 46, 55, 56, 59, 61, 62.