‹ Les derniers CarolingiensChapitre 112 sur 376 · HENRI · texte numérisé non relu

HENRI

(Beyer, I, p.

6» LUTGARDE

(Voyet page 287, note 1).

Épouse Renier au Long Col (Voy.

p. 287, note 1).

J* Gu.BaEBT

I d^Ardeane» tué à tic en l0O5(Thietr. M. S).

6* Henri I Comte d'Arlon.

7** CuNéoONDK

Mariée à l'Empereur Henri II le Saint.

8» Eve

Mariée à Gérard, comte d'Alsace (BerthoUet, m, 37-40).

Tableaif à insérer page 64.

[970-971] RÉFORMES D*ADALBÉR0N 65

Adalbéron était avant tout un homme d'action. Sa piété n'avait rien de contemplatif; elle se manifestait par des faits, par des réformes. Aussitôt consacré, il se mit à l'œuvre. Son attention se dirigea naturellement tout d'abord sur la cathédrale même. Les chanoines se souciaient fort peu de la règle qui leur prescrivait la communauté et chacun avait une maison où il vivait à sa guise. L'archevêque fit construire un cloître, y ramena les chanoines, les soumit à des prescriptions minutieuses, et, pour les graver dans leur esprit, leur fit réciter tous les jours la règle de saint Augustin et les décisions des Pères. Le clergé régulier l'intéressa toujours beaucoup ; il veilla attentivement à ses mœurs, se préoccupa des moindres détails, même de l'habillement des moines qu'il voulut distinguer de celui des laïcs. Mais en même temps il prit soin d'augmenter leurs biens temporels ; mauvais moyen pour enrayer la corruption*.

Vers le mois de juin ou de juillet 971, Adalbéron entra en lutte, pour une cause inconnue ^ avec un certain comte Eudes (Otlo), probablement le fils d'Albert de Vermandois'; Eudes menaça de dévaster les possessions de l'église de Reims. Ce fut l'archevêque qui prit l'ofi'ensive. Aidé de son frère Godefroi, dont les terres touchaient celles d'Eudes et à qui il avait confié la forteresse de Mézières*, il assiégea le château de Warcq-sur-Meuse*, résidence d'Eudes. Les troupes des assié-

1. Richer (III, 24-25). — VHist, mon. Mosom. {Mon. Germ., SS. XIV, p 616, c. 9), ne rapporte la réforme du cliapitre cathédral qu'après celle de Saint-Thierry, accomplie en 973.

2. Hist. mon. Mosom. : « quae specialis causa tune extitit nos qui- « dem iatet hodie, quia oblivio mater negligentiarum, quae nimis « in partibus nostris viguit, posteris suis haec et multa alla tacendo « învidit, tanquam ea senium vetustatis antiquaverit, »

3. VHist. mon. Mosom. le dit apparenté aux Ottons, empereurs romains. Or Eudes {OUo)y fils d'Albert de Vermandois, était parent des empereurs par sa mère Gerberge, fille de Louis d'Outremer et petitetille de Henri l'Oiseleur. Voy. p. 10, n. 6. Cf. Mon. Germ., SS. XIV, 605, n. 1.

4. Hist. mon. Mosom. {Mon. Germ., SS. XIV, 612): « ...Macerias castrum quod tuncfrater ejus Godefridus cornes constabilibat... » — Mézières appartenait à l'église de Reims et dépendait du royaume de Lorraine (Havet, Lettres de Gerbert, p. 80, n. 5 et p. 86).

5. Au confluent de la Meuse et de la Sormonne, à 2 kilom. 1/2 à Touest de Mézières.

66 LUTTE d'aDALBÉRON CONTRE LE COMTE EUDES [971;

géants comprenaient la milice de Téglise de Reims et des soldats Ardennais et Hennuyers amenés par Godefroi*. Bien que les assiégeants se fussent munis de balistes et de frondes, le siège n'en présentait pas moins de grandes difficultés. Construit avec soin, le château avait d'épaisses murailles*, des tours élevées ; il tirait surtout sa force de sa situation au confluent de la Meuse et de la Sermonne qui passait pour n'être guéable ni aux hommes ni aux animaux. Il se produisit un fait qui fut naturellement tenu à miracle : une génisse parvint à traverser la Meuse à gué. Le comte Godefroi s'élança à sa suite tout armé', accompagné de ses troupes, et fit mettre le feu aux remparts ; il entra ensuite dans le château par la brèche. Les assiégés se réfugièrent dans le donjon [dominione) ; mais ils se rendirent en voyant les progrès de Tincendie et le pillage de la forteresse. Autre miracle : le feu avait respecté l'église où était enfermé le corps de saint Arnoul, bien qu'elle fût en bois.

Ce saint Arnoul n'était qu'un pauvre pèlerin lorrain qui, blessé par des brigands dans la forêt de Marceolis (?) sur le Foymont*, s'étaittrainé jusqu'au village de Gruyères*; recueilli par les habitants, il ne tarda pas à expirer. La piété naïve de la population fit un saint de la victime. Le bruit courut que des miracles s'opéraient sur son tombeau et la renommée de saint Arnoul se répandit dans toute la contrée. Airan, chevalier qui possédait Gruyères, s'étant rendu coupable d'un

i. Hiêt, mon. Mosom. : « Collectis copiis militiae ecclesiasticae, for-

«tibus auxiliariis Godefridus comes, frater archipresulis, qui simul

«aderat, Heynodarios et Ardennenses quossecumexhibuerat » Remarquons cependant que Godefroi ne devint comte deHainautque trois ans plus lard (Voy. p. 79-80).

2. En bois et en terre, bien entendu. « Aggere terrae, pastophorio... « roboratus, » dit VHist. mon. Mosom. y ce que confirme le facile incendie du château.

3. « Lorica trilici et hamata indutus, galea cristata fulgentique ca- « put armis accinctus, etc.» C'est le « haubert trelis.se» et le « heaume flamboyant » de nos Chansons de geste. Tout ce passage de VHistoria monnsterii Mosomcnsis est rempli d'ailleurs d éléments légendaires; le gué indiqué par une génisse est un des plus caractéristiques. Voy. Pio Rajna, Le on'f/ini delV Epopea Francese, p. 250-255.

4. Marceolis est inconnu. L? Foymont est un bois entre Gruyères et Thin-le-.Moutier. Le nom de la montagne aura passé à la forêt.

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