CHAPITRE PREMIER
(1*^ jijiii 087-23 janvier 9«fl)
De t élection de Hugues Câpet à la. mori d'Adalbêron^ Mrckevêqae de Reims.
L'assemblée, réunie au moment dt^ la mort de Louis V pour juger Adalbéron, demeura à Compiègne et refusa de se transporter à Reims. Elle agU sagement et évita ainsi les désertions et les troubles de toutes sortes qui se seraient produits en chemin. Louis V mort, Charles de Lorraine absent ', la justification de rarchevêque de Reims n'était plus qu'une formalité. Hugues Capet, avec qui il était secrètement d'accord, prit tout naturellement la présidence de l'assemblée en sa qualité de « duc des Francs i». Il somma les accusateurs, s'il s'en présentait, d'exposer leurs griefs contre Adalbéron, les menaçant d'ailleurs du plus grand châtiment, s'ils avançaient des faussetés. Cela n'était pas très encourageant; et personne ne répondit à cette invitation dérisoire, Adalbéron se trouva de la sorte facilement absous. Le duc reprît alors la parole, vanta les mérites etle^i vertus de l'archevêque et lui fit prendre place au milieu de l'assemblée. Adalbéron la dirigea immédiatement comme il voulut. La question capitale, celle qui préoccupait tous les esprits, c'était l'élection du rci. L'archevêque était bien décidé d'avance en faveur de Hugues ; mais le proposer de suite eût été maladruit et d'ailleurs inutile, la réunion étant trop peu nombreuse. Adalbéron fit valoir habilement cette dernière raison et décida rassemblée à se dissoudre pour se réunir plus nombreuse quel-
le H. Sepet (Gerbert, 2« art., p, 128-129) suppose qu'il se trouvait à Senlis lors de la mort de son neveu et qu'il retourna eu Lorraine, par crainte de Hugues Capet ; mais il reconnaît lui-même que c'est là une pure conjecture. Nous ne croyong pas devoir radopter.
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ques jours plus tard, à Senlis, sur le territoire du duc de France. Mais avant de laisser les grands se séparer, même pour UQ court espace de temps, Thabile et prudent personnage eut soin de faire jurer à chacun de ne rien entreprendre au sujet de Télection d'un roi avant que rassemblée n'eut été réunie de nouveau ; et ce serment, les grands^ Adalbéron tout le premier, le prêtèrent à celui qu*il appelait le a grand duc n, à Hugues Capet lui-même*.
C était là déjà un fait de mauvais augure pour rhériiier légitime, le duc Charles. Sans doute les grands et les évêques n*avaient pas juré à Compiègne d^élire Hugues* Dans les idées du temps le duc de France était en quelque sorte le régent du rojaume et il n'est pas étonnant qu*il ait reçu ce serment. Mais on distingue aisément par là que les desseins de Hugues sur la couronne étaient déjà arrêtés. Au fond ce serment est dirigé contre Charles de Lorraine, Hugues et Adalbéron veulent que les grands et les évêques arrivent à Senlis sanis idées arrêtées, incertains, flottants d'un parti à Tautre ; par conséquent tout à fait propres à se laisser séduire par d'éloquentes paroles ou des promesses avantageuses. De plus, le terme fixé pourlanouvelleassembléeest suffisamment proche pour que les partisans de Charles n'aient pas le temps de se concerter, et que lui-même ne puisse s y rendre.
Toute cette affaire paraît avoir été supérieurement carabinée par Adalbéron et son ami Gerbert^ Quant à Htigues Capet, son rùle fut plus effacé. Sa prudence habituelle l'aurait peutêtre même empêché de tenter ce coup audacieux.' Adalbé-