Voir plus haut pages 25, note 1; 33, note
332 COMTES DE DIJON ET DE CHALON [App. V]
rable du comté de Dijon, auquel elle joint la possession du pagus Attoariorum, Le fondateur de cette maison, dite de Beaumont*,. est un comte Hugues, qui mourut à une époque indéterminée, au commencement du règne de Lothaire. Il fut enterré à Saint-Bénigne, et sa femme, nommée Adalburgisy donna à cette abbaye un manse, à Perrigny-lez-Dijon, pour le repos de son âme. Ses quatre fils furent riches et puissants : Gibuin était déjà évêque de Chàlons-sur- Marne à la mort de son père ; il fut un des personnages importants de son temps et vécut jusque vers Tan mil*. Hugues possédait le pagus Attoariorum^ \ le troisième fils, Richard, hérita du comté de Dijon*; le quatrième, Eudes, nous est à peine connu ^ Hugues II de Beaumont fut témoin dans un
1. Beaumont-sur-Vingeanne, canton de Mirebeau, arrondissement de Dijon (Côte-d'Or).
2. Voir p. 90, note 2. — André Duchesne (Histoire de la maison de Vergy, p. 97-98) identifie ce Gibuin, frère de Hugues et de Richard, avec Gibuin II, évêque de Chalons-sur-Marne, neveu de Gibuin I. Cest une erreur. La Chronique de S ainl- Bénigne (Y oy. note 4) nous apprend que l'évêque Gibuin et ses deux frères donnèrent à cette abbaye le domaine de Mersigny (canton de Dijon) du temps de Tabbé Manassès, pour le repos de l'âme de leur mère Adalburgis. Or l'abbé Manassès a dirigé Saint-Bénigne à une époque peu précise, mais qui n*a pas dépassé le milieu du règne de Lothaire tout au plus. L'évèque en question est donc Gibuin I (mort après 997).
3. Sur ce pagus, voir Longnon, Atlas historique, p. 96. Il était limité à l'Est par la Saône.
4. Chron. S. Benigni (éd. Bougaud, p. 127) : « lUo tempore (sous « Lothaire) Manasse vices abbatis agente Hugo cornes Divionensis vête niens ad obilum petiit se tumulari in atrio S. Benigni. Pro cujus « requie anime et loco sépulture dédit Adalburgis comitissa, uxor ejus, « cum laude filiorum ipsius, Gibuini scilicet Catalaunensis episcopi, et « Richard! qui post eum (Hugues) hune tenuit comitatum, et Hugonis « Attoariorum comitis, predicta conjux ipsius dédit mansum I. in Pa- « triniaco villa et quicquid ad ipsum mansum aspicit. Suprascriptus « Gebuinus episcopus et fratres sui Richardus et Hugo, post obitum « matris, pro requie anime ejus atque patris sui, dederunt hereditatem a quam habebant in villa Misciniaco; quam terram dédit Manassès « abbas in prestariam cuidam nobili femine RotrudietfiliisejusGotes- « calco et Willerio. »
5. 11 apparaît seulement dans une donation que firent à Saint- Bénigne un certain Garnier et sa femme Aude (.4/rfa) de 13 manses de terre « in comitatu Divionensi, in villa Spaniaco (Kpagny-sur-Tille, canton « d'fs-sur-Tille, Côte-d'Or) coram Ricardo comité, atque Hugone et « Odonej fratribus ejus, aliisque nobilibus viris Divionensis castri, Wal- « terio, Hugo, Remigio, Humberto » (Chron. Saint-Bénigne, éd. Bou-
[App. V] COMTES DE DIJON ET DE CHALON 333
duel judiciaire ordonné par Brunon, évêque de Langres. En 1019, nous trouvons encore sa souscription à une charte de Tévêque Lambert, successeur de Brunon*. Hugues II épousa une dame du nom d'Ermengarde et en eut quatre fils : Hugues III et Narduin lui succédèrent dans les comtés de Beaumont et d'Autrey; Gibuin, archidiacre de Langres, fut élu archevêque de Lyon en 1077; le quatrième, Gui, mourut sans enfants'. Richard nous apparaît comme juge, avec un certain nombre d'habitants de Dijon, dans un procès entre les moines de Saint-Bénigne et ceux de Saint-Léger, porté devant la cour du duc Henri, avoué de Saint-Léger, et de son beau-flls Otte-Guillaume '.
Il vivait encore en 999, car nous le voyons souscrire la charte de donation de Paray-le-Monial à Gluny*. Il mourut peu après laissant un fils du nom de Létald, qui ne tarda pas à le suivre et mourut le 12 mars vers 1006; il fut enterré, comme son père, à Saint-Bénigne de Dijon. En Tan 1007, sa mère, la comtesse Addita, restitua à cette abbaye, pour le repos de son âme et de celle de son mari Richard, tous les biens que celui-ci avait reçus en fief de Tabbé Manassès. Elle fit cette restitution en présence des envoyés de Brunon ^ Le
gaud, p. 172). C'est probablement de cet Eudes que Gibuin II était fils, car Richard n'eut qu'un fils du nom de Letalde, et si Hugues eut un fils appelé Gibuin, celui-ci fut l'archevêque de Lyon (Voy. note suivante).