Voir plus haut, p. 331, note
5. Chron. S. Benigni, p. 167 : « Ipso in tempore Addita comitissa, « uxor Richardi comitis Divionensis, reddidit S. Benigno quidquid pre- « dictus comes, vir suus, tenuerat de terris S. Benigni in beneficio a « âJanasse abbate, pro salute anime ejusdem viri et filii sui Letaldi « comitis; quorum corpora sepelierat in hoc monasterio Divionensi
« coram legatis domni Brunonis episcopi ad hoc missis Hec red-
« ditio facta est anno ab incarnatione Domini millésime septimo. » — Nécrologe de Saint- Béni gne^Uonifaucony BibL mss,, II, 1161): « IV. idus « martii obiit Letbaldus comes Divionensis. »
334 COMTES DE DIJON ET DE CHALON [App. Y]
comté de Dijon était en effet un fief de Tévêché de Langres. À la mort de Létald, Brunon en investit son oncle Hugues II de Beaumont. Celui-ci à son tour donna en fief la ville et le comté de Dijon à Humbert de Mailly , le plus puissant seigneur du pays. Humbert prit pour vicomte son cousin Gui, surnommé le Riche \ On voit que dès le commencement du XI® siècle la hiérarchie féodale était très compliquée.
Les droits respectifs de tous ces personnages sur Dijon et le Dijonnais étaient embrouillés. Le roi Robert II avait des droits sur la ville en sa qualité d'héritier du roi carolingien Lothaire qui l'avait possédée. Aussi, quand il entreprit la conquête de la Bourgogne après la mort de son oncle Henri (mort à Pouilly, le 15 octobre 1002), Humbert de Maiily lui fit une opposition acharnée. Le roi Robert fit en vain le siège de Dijon en Tannée 1015. Heureusement pour lui son ennemi, Brunon, évêque de Langres, mourut le 31 octobre 1016, et le roi lui donna pour successeur Lambert, qui lui était dévoué. L'évoque de Langres était suzerain du Dijonnais, nous l'avons dit. Robert mit pour condition de son appui que Lambert renoncerait à cette -suzeraineté ; la ville ouvrit donc ses portes au roi qui y établit solidement son autorité (1016). Soixante ans auparavant, Dijon était déjà considéré comme la capitale de la Bourgogne '. Sa puissance ne fit que croître depuis lors. Le 3 novembre 1016, quelques jours après être passée au pouvoir du roi, elle fut le théâtre d'une grande cérémonie religieuse. La nouvelle église de Saint-Bénigne de Dijon, une des plus anciennes églises romanes à coupole, fut inaugurée par Guillaume de Saint- Bénigne ^
1. Vila domni Gamerii {Hist. de France, X, 382) : « Dominas « Humbertus de Malleio et venerabilis uxor ejus Anna, hujus provin- « ciae nobiliores, custodiam Divionensis castri et regimen terrae a « comité Bellimontis Hugone tenebant, principauté secum suo consan- « guineo Guidone, cognomento Divite, Divionensi vicecomite. Ipse « enim Hugo comes dominium terrae ab episcopo Lingônensi tenebat, « quod praefatis viris nobilioribus tradiderat. »