L. IV, c
5. Licquet (p. 146) et Steenstrup (op. «7. p. 295), tout en admettant que Harold vint combattre en personne Louis d'Outremer, pensent qu'il se borna à envoyer des troupes contre Lothaire. Nous ne sommes
[App. VIII] LA GUERRE NORMANDE (959-968) 353
s'est également trompé pour avoir utilisé Hugues de Fleury *. Des auxiliaires païens de Richard, il fait des Norwégiens et des Normands d'Irlande (!)^ Dudon ne dit rien de pareil, il rapporte seulement que Richard P*" envoya une ambassade en Dacie chercher le secours des Daces; il n'emploie jamais que les mots Daci ou Dani pour désigner lés troupes païennes du duc de Normandie*. Or, dans la langue des écrivains du moyen âge, Dada, perpétuellement confondue avec Dania, désigne le Danemark; les Daci sont toujours les Danois.
§ VII. Nous n'avons aucune raison de révoquer en doute le récit de la paix conclue entre le roi, Thibaud le Tricheur, et Richard P""*. Le concile des évêques de France, la députation de l'évêque de Chartres*, l'abandon d'Évreux par Thibaud, la double entrevue de Jeufosse et de l'Epte, n'ont rien qui puisse exciter notre méfiance, pour le fond, bien entendu, car en ce qui concerne le détail il faut toujours faire la. part de la flatterie prodiguée par Dudon aux ducs de Normandie. C'est ainsi qu'il exagère la répugnance des Danois païens à la conclusion de la paix, pour faire briller par contraste la modération et les sentiments pacifiques de Richard. Pour mieux faire ressortir sa piété quand il veut amener au bap-
nullement surs que l'adversaire de Louis IV fût roi de Danemark. Voy. p. 5, note 1.
1. Mon. Germ,, IX, 383: « Demum quoque Danos, Alanos et Deiros « sibi in auxilium advocans... » Cet auteur se borne à copier Dudon ou GuillauAie de Jumièges en les abrégeant beaucoup et en commettant des erreurs de chronologie. Il n*y a pas à tenir compte des dates qu'il assigne à la guerre normande.
2. Kalckstein (p. 307) suppose que Deiros est une faute pour Iros^ Irlandais (?). En réalité Deiros désigne les habitants de la Deira, contrée de la Grande-Bretagne, qui s'étendait de l'Humber à l'ancien rempart d'Hadrien. M. Steenstrup adémontré(op. ci7.,p. 215-231) que les Norwégiens ne vinrent pour ainsi dire pas en France. Les Normands qui s'établirent en Neustrie venaient du Danemark. C'est ce pays qu'ils regardaient comme leur patrie primitive (irf., p. 296).