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356 LA GUERRE NORMANDE f959-968) [App, VHÏ"

Normands en 965*. Nous tenons donc la date de 966 pour assurée ^

l § IX. Selon Du^on, la conférence préliminaire des évêques

et seigneurs franrais avec Richard eut lieu à Jeu fosse où les Danois païens avaient débarqué et établi leur camp'*, et la

p paix définitive fut conclue sur les bords de TEpte. Ce dernier

renseignement trouve sa confirmation dans la charte de Richard P' du 18 mars 968, qui fait allusion à un grand plaid de Français et de Normands tenu antérieurement à Gisors. On sait que Gisors est situé sur TEpte.

g X. Conclusion, — Nous concluerons en récapitulant brièvement les événements de la guerre normande tels qu'où peut les concevoir après cet examen critique de Dudon de Saïnt-Quentin.

Vers Tannée 959, pour des causes assez obscures, probablement les affaires de Bretagne, le comte Thibaud le Tricheur, puis le roi Lothaire et Brunon» archevêque de Cologne, prennent une attitude hostile à Tégard de Richard ^^ duc de Normandie, La guerre n*éclate toutefois que deux ans plus tard, en 96L Richard, qui s*avançait pour dissiper une assemblée de Fraui^aiset de Bourguignons tenue àSoissons, est battu par les vassaux du roi, Thibaud de Chartres, Baudoin d?

,^ Flandre, Geofi'roi d'Anjou, peut-être sur les bords de TEaune.

et peu après Pâques (7 avril). Le duc de Normandie appelle alors à son secours les bandes de Danois païens. Lothaire efTravé s'unit plus étroitement avec le comte de Chartres et lui fouiuit des secours; toutefois il est douteux qu'il ait pris part eu personne au siège d*Hvreux (fin 961 et commencement 962). Thibaud s avant; an t avec 3,000 hommes pour s*em parer de Rouen est mis eu déroute par Richard à Hermentruville (Saint-Severj, dans les premiers jours du mois d'août 962; Chartres est

1* Flodoard nous fait maibeureiiseraent défaut pour les années ^ulvailles. On sait qu'il mourut au commenceinfînt de 966.

2. LeibniU {Annales Imper ii) fait conclure la paix en 964, Le Prt!votil {Boman de Hmi, ï, 2(31, note 6) en 969 à Saint Claïr-snr-npitv Tous deux néglif;ent de donner leurs références, et pour cause. .

3. Géfosse ou Jeu fosse (Gn'fj/ifr' fossa\ Seine-et-Oibe. arrondistement de Mantes, élait depuis longtemps un lieu de débarquement paor los pi raies îîcandinaves. Voy. Annale» S, hertini ^^ad annum 856) et Rîcïier

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incendié le 5 août. Thibaud n'ayant aucun secours à attendre de son suzerain Hugues Capet, beau-frère de Richard, avec qui cette guerre le brouillait, se réfugie auprès de Lothaire et de Gerberge qui lui font un accueil amical. Les Danois débarquent alors à Jeufosse et pendant près de cii^q ans ravagent, pillent et incendient les pays limitrophes de la Normandie, depuis la Seine jusqu'à la Bretagne, mais sans qu'aucune grande bataille soit livrée. Enfin, au début de 966, les évêques de France se réunissent en concile, peut-être à Laon\ et députent l'évêque de Chartres, Wulfald, pour demander à Richard de renvoyer ses auxiliaires païens. Le duc de Normandie consent, après avoir fait quelques difficultés. Thibaud restitue aussitôt Évreux. Une grande assemblée préparatoire d'évêques et de seigneurs français et normands se tient à Jeufosse le 15 mai 966. Les négociations avec les Danois durent un mois sans qu'on puisse les décider à s'éloigner.

La paix entre le roi et le duc de Normandie est conclue à Gisors à la fin de juin ou en juillet 966. Elle est scellée par l'approbation donnée par Lothaire à la réforme du Mont Saint-Michel eflfectuée par Richard (7 février 967j. Celui-ci, faisant droit à la requête présentée au plaid de Gisors par Gozlin, abbé de Saint-Denis, restitue à cette abbaye le domaine de Berneval-sur-Mer, le 18 mars 968V Hugues Capt*t est mentionné dans cet acte comme seigneur de Richard'. On peut croire qu'il joua un rôle important dans la conclusion de la paix. Sa neutralité pendant toute la guerre le disposait d'ailleurs fort bien à remplir le rôle d'arbitre.

1. Sur ce point nous n'avons que la garantie de Guillaume de Jumièges (1. IV, c. 17), qui est assez faible.

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