Voyez cette même lettre
• 7. Meaux avait appartenu à Robert (Richer, III, 17). Raoul Glaber fait, il est vrai (II, 7; III, 2), d'Herbert, père d'Etienne, un comte de Troyes et de Meaux, mais son témoignage n'a ici que peu de valeur. Il était fort éloigné des événements, et s'il attribue rétrospectivement à Herbert le comté de Meaux, c'est que de son temps ce comté faisait en effet partie des possessions des comtes de Troyes, héritiers de Herbert. Un passage d'un contemporain, de Richer (IV. 93), montre bien que Meaux appartenait au comte Eudes,
374 HERBERT DE TR0YE8 ET EUDES DE CHARTRES [App. X]
5** Herbert le Jeune étant frère d'Eudes !•% on conçoit fort bien qu'à la mort de son fils Etienne, en 1023, le comté de Champagne soit passé à Eudes II de Chartres qui y avait beaucoup plus de droit que le roi Robert.
Après avoir exposé les arguments principaux de M. Longnon, il nous reste à donner notre opinion. Nous adoptons pleinement la distinction entre Herbert le Vieux et Herbert le Jeune et croyons que ce fut ce dernier qui joua un rôle si actif et si important dans les événements de 984 à 991. Ëtait-il frère d'Eudes de Chartres? Nous n'en sommes pas absolument convaincus, car le passage suivant de la lettre 17 de Gerbert va directement à rencontre de l'opinion de M. Longnon: « commotio Heriberti Trecassini et Oddonis co-
« mitis fllii Tedbaldi », /iin, remarquons-le bien, et non filiortim. Il est vrai que M. Longnon, qui ne s'est pas dissimulé l'objection, fait observer que nous n'avons pas le manuscrit original des lettres de Gerbert, que ce mot pouvait être écrit en abrégé et que les scribes auront mal résolu l'abréviation. Tout cela est possible, mais en somme nous n'avons aucune certitude*.
Si l'on se refuse à admettre que Herbert le Jeune fut fils de Thibaud le Tricheur, nous ne voyons pas qu'on paisse l'identifier avec un autre personnage que Herbert III de Vermandois, fils du comte Albert. Par son père il était neveu de Herbert II de Troyes, tandis qu'Eudes de Chartres n'était neveu de ce dernier que par sa mère Leudegarde. Il semble donc que Herbert III de Vermandois ait eu droit à l'héritage de Herbert le Vieux à plus juste titre que les enfants de Thibaud le Tricheur. La charte suivante semblerait prouver qu'Herbert III a eu réellement une part de cet héritage. Le 16 janvier 988 nous voyons un certain Herbert, comte d'Omois, confirmer la donation au monastère d'Homblières d'un allèu sis en ce comté : donation faite par son vassal Harry [Hadericus) sur le conseil d'Ybert et de sa femme Her-
1. Remarquons encore que dans les Gala ponlifieum Autissiodorensium (éd. Duru, I, 383), ces deux personnages sont appelés « Odo « Carnotensis et Heribertus Trecorura comités ». L'adjectif « Carno tensis » s'applique seulement à Eudes.
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sent'. La mention du monastère d'Homblières et Tinlervention d'Ybertde Ribemont montrent que le comte d'Omois, Herbert, n'est autre qu'Herbert HI de Vermandois. D'autre part Herbert le Vieux, s'il n'est pas désigné formellement comme comte d'Omois, a certainement eu des possessions en ce pagus*. Ne peut-on en conclure que TOmois a passé de Herbert le Vieux à Herbert HI de Vermandois, et par suite qu'il est vraisemblable que ce dernier a hérité aussi des comtés de Troyçs et de Vitry et n'est autre que Herbert le Jeune? Nous ne donnons cela que comme une hypothèse qui n'est pas sans vraisemblance.
On pourrait nous objecter : V Que dans une charte de 1018 relative à une localité du Tonnerrois, Ermengarde, veuve de Herbert III, est qualifiée comtesse de Vermandois ^ et que si elle avait été femme d'un comte de Troyes, il serait bizarre qu'elle ne fût pas appelée comtesse de Troyes en cette région. 2' Que le Nécrologe de Saint- Quentin* place la mort de Herbert III de Vermandois un 29 août et que nous-mêmes avons établi que Herbert le Jeune est mort le 28 janvier. 3** Si Etienne, comte de Troyes, est fils d'Herbert III de Vermandois, Eudes, comte de Vermandois, est son frère ^ Pourquoi celui-ci n*hérite-t-il pas d'Etienne à sa mort en 1023, et pourquoi le comté de Champagne passe-t-il à Eudes II de Chartres?
Nous pourrions répondre à la seconde objection que le nécrologe de Saint-Quentin n'identifie pas le comte Herbert mort un 29 août, et que celui-ci peut très bien être Herbert le Vieux; à la troisième, que l'on ne s'explique pas non plus pourquoi à la mort d'Herbert le Vieux son héritage serait passé aux enfants de Thibaud le Tricheur plutôt qu'aux princes de Vermandois qui lui étaient plus proches pa-
1. Voyez cette charte dans Colliette, Histoire du Vermandois, 1, 565. Sur Ybert de Ribemont, cf, Tlntroduction de M. Longnon à l'édition de Raoul de Cambrai,