I/istonens de France y IX, 618 ; cf. p
955J EXPÉDITION d' AQUITAINE 13
sa mère avec de grands honneurs et les retint plusieurs jours à célébrer les fêtes de Pâques (15 avril 955). A ces fêtes assistèrent aussi Thibaud, comte de Blois et de Chartres, vassal du duc de France, et Gilbert, comte ou duc de Bourgogne. Ce dernier, à la suite de négociations dont le détail nous est inconnu, venait de se reconnaître vassal de Hugues le Grand ; et ce fut alors, selon toutes vraisemblances, qu'il maria, ou tout au moins fiança, sa fille aînée Leudegarde, héritière d'une bonne partie de ses biens, à Otton, fils cadet du duc de France \
Celui-ci afiermissait donc singulièrement, et par des moyens pacifiques, la situation de sa maison en Bourgogne. Jamais Hugues le Grand n'avait été plus puissant. Son influence s'étendait jusqu'en Lorraine parle mariage de sa fille Béatrice avec le puissant comte Frédéric de Bar (en 954), avec qui elle était fiancée dès 951 ^ Enfin sa fille Emma, encore en bas âge, était fiancée à Richard de Normandie ^
Après les fêtes de Pâques, l'armée du roi et du duc ne se dirigea pas tout d'abord sur T Aquitaine ; Lothaire revint dans son domaine, sans doute pour y lever des troupes. Le 21 mai 955, nous le voyons à Conipiègne confirmer la réforme accomplie au monastère de Saint-Basle-de-Verzy par Artaud, archevêque de Reims*. Enfin, vers le mois de juin. Tannée se mit en marche. Hugues promena Lothaire à travers les cités de la Neustrie qui lui appartenaient, ainsi qu'à son vassal Thibaud le Tricheur, sous prétexte de manifester sa fidélité, en réalité pour exploiter à son profit le prestige qui pouvait restera la royauté carolingienne'.
1. Flodoard, Ann., à 955; Richer, III, 2 et 3; Ann. Nivern.; Odoran. — V^oyez Pièce justificative n*» 1 .
2. Flod., Ann., à 951 et 954.— En 951, Frédéric s'était jeté sur le territoire du roi de France et avait bâti une forteresse à Bains (Banis). Louis IV s'en plaignit à Otton I" qui la fit raser. Les historiens lorrains, entre autres Tabbé Clouet (ffist. de Verdun, I, 328), identifient Banis avec Bar-le-Duc, ce qui semble très contestable.
3. Dudon, éd. Lair, p. 263. Guillaume de Jumièges, 1. IV, c. 10.