ASCENDANT DE BRUNON
que l'on rendrait à Renier ses enfants et ses soldats, et que, en revanche, il restituerait à la reine les biens qu'il lui avait ravis (été 956) *. Dans deux assemblées tenues, l'une au commencement de Tannée à Ingelheim, Tautre après Pâques à Cologne, Otton l**" avait reçu les serments de fidélité et les présents des Lorrains. Brunon dut se flatter d'avoir, par l'accord entre sa sœur et Renier, activé la pacification de la . Lorraine. — L'influence germanique s'accusait de plus en
1. Flodoard. Ann. à 956 : « Lotharius rex munitionem quandam « saper Charum fluvium, quam Ragenarius cornes Ursioni cuidam Re- « mensis aecclesiae militi abatulerat, pugnando recepit ; ac infantes « Ragenarii ac milites quosdam ibidem inventos secum abduzit, ip- « sumque castrum direptum incendit. Hugo princeps obiit. Gerberga a regina colioquium habuit cum Brunone fratre suo, ubi praedicto « Hagenario sui milites et infantes redduntur; reginae vero possessiones « quas illi quondam Gislebertus dux dotis nomine dederat, restituun- « tur. » - Cf. Sigebert (V, p. 16, n. 6). — Le récit de Richer (III, 6-10) est sensiblement différent. Son père Raoul aurait offert ses services à la reine Gerberge pour la faire remettre en possession des biens qui lui avaient été ravis. Il aurait envoyé dans Mons deux espions déguisés en maçons qui étudièrent minutieusement les moyens de pénétrer dans la place- Après quatre jours d'investigations les espions revinrent un dimanche rendre à Raoul compte de leur mission. Gerberge s'avança alors avec deux corps de troupes (cohortes) qui pendant la nuit s'introduisirent dans la ville sous la direction des espions. Raoul se saisit «le la femme et des enfants de Renier. L'armée mit le feu à la ville et se retira avec les prisonniers et le butin. — Je ne pense pas qu'il faille révoquer en doute ce récit; Richer le tenait de son père; celui-ci a bien pu exagérer le rôle qu'il joua en cette affaire; le fond n'en reste pas moins vrai. La seule difficulté, c'est de savoir quelle fut réellement la ville prise. Flodoard parle d'une forteresse sur le Chiers qu'il ne nomme pas; selon Richer ce fut la capitale même du Hainaut (oppidum... quod dicitur Mons Castrati-loci). Laquelle choisir? Faut-il admettre encore qu'il y eut deux sièges différents, celui de la forteresse sur le Chiers et celui de Mons? Cette dernière supposition est, à mon avis, la meilleure. Les renseignements de Flodoard sont très concis ; il ne paraît pas très bien informé puisqu'il ne sait même pas le nom de la forteresse prise ; je pense qu'il a réuni en un seul deux événements distincts: 1« la reprise par Lothaire pour le compte de l'église de Reims, de la forteresse sur le Chiers ; 2» la surprise de Mons par la reine Gerberge et la capture de la famille de Renier en cette ville. On ne concevrait pas que Renier eût placé ses enfants dans une forteresse sur le Chiers, située loin de son comté. Sa famille résidait évidemment au centre de ses domaines et dans sa place la plus forte, c'est-à-dire à Mons. La narration de Richer est donc la plus vraisemblable. Witte (Lolhringen, p. 15-16) la suit de préférence. Dùmmler {Otto der Grosse, p. 284) et Kalckstein (p. 295, n. 1) paraissent pencher également pour deux sièges distincts.
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plus dans ce pays; à Robert succéda connue archevêque de Trêves, Henri, parent du roi Otton, et à Fulbert, évèque de Cambrai, Bérenger, « clerc transrhénan w. A la fin de Tannée 956, ce dernier fut consacré à Reims par Tarchevêque Artaud *>
Au commencement de Tannée 957, Lothaire se rendit dans la Haute- Bourgogne V La suite des événements nous montrera qu*il n'avait pas encore accordé à son cousin Otton l'investiture de ce duché. Lothaire cherchait sans doute à s approprier le pavs ou au moins à y gagner un certain nombre de cités. Son voyage avait aussi pour but de réprimer une révolte de Robert de Troyes. Nous avons vu que Gilbert, duc de Bourgogne, avait avant sa mort marié sa fille aînée Leu degarde à Otton, fils puîné de Hugues le Grand; celle-ci avait apporté en dot à son mari les comtés de Beaune etd'Auxerre. Une seconde fille de Gilberti Adélaïde, avait épousé vers la même époque Lambert, fils de Robert, vicomte de Dijon, et lui avait apporté le comté de Chalon-sur-Saône. Mais il ne semble pas que Werra, autre fille de Robert, mariée à Robert de Vermandoîs, comte de Troyes, ait rien recueilli de la succession paternelle '; — ceci explique la révolte de son mari qui chercha à se dédommager sans doute, aui dépens de ses beauxfrères. Ce fut probablement pour leur venir en aide que Lothaire fit son expédition en Bourgogne. Robert fut alors forcé rie se soumettre et se remit aux mains du roi ^
Lothaire fut aussitôt rappelé dans le Nord par les dissensions qui surgirent entre Baudoin, fils d'Arnoul de Flandre,