PIAZZETTA
ce même libraire qui fit les frais des funérailles de l'artiste, car Piazzetta ne laissa pas de quoi se faire enterrer.
« Piazzetta, a écrit Mariette, dessinoit avec la « même facilité qu'il peignoit. Il a fait surtout (( une infinité de têtes de grandeur naturelle qu'il (( dessinoit d'après les modèles et qui étoient tou- « jours dessinées à la pierre noire et rehaussées de « blanc sur papier bleu. Elles étoient fort recher- (( chées et bien payées. A peine pouvoit-il suffire. « Les dessins des planches de la nouvelle édition « du Tasse faite à Venise sont de lui, et il s'étoit « engagé à les graver lui-même ; mais, comme il « demandoit un trop gros prix, le marché ne se fit « point, et c'est un malheur. »
D'Argenville a dit, de son côté, que Piazzetta « a beaucoup travaillé pour les graveurs , entre « autres les deux recueils de l'histoire sacrée et (( profane gravée par Pitteri, la Jérusalem déli- « vrée du Tasse, avec un titre oii sont les Neuf « Muses et le portrait de la reine de Hongrie et « vingt titres qui se mettent à chaque chant, des « vignettes, lettres grises et fleurons très-grands « et très-historiés. L'auteur s'est représenté dans (( le dernier fleuron avec son ami Albrizzi, causant « ensemble sur une butte de terre. »
Giej^usalemme liberata di Torquato Tasso. con le figure di G. B. Piazzetta. Venezia, Albrizzi, 1745. — In-fol., gr. pap. mar. r. à comp.
Exemplaire contenant les dessins miniatures de Piazzetta. — Vente de la marquise de Pompadour (1765). — 480 liv. — Vente Paris de Meyzieu (1779). — 600 livres.
PIRANESI (Giovanni-Battista), architecte, peintre et graveur, né à Venise en 1721 ; il se fixa à Rome
Parmi les nombreux ouvrages dont il a dessiné et gravé les planches, nous citerons : Le Antichità Romane. Roma, 1756. — 4 vol. in-fol. — Campus Martius antiquse urbis Romœ. 1762. — In-fol. — Colonna Trajajia. Roma, 1770. — In-fol. — Vasi, candelabri, cippi, sarcofagi. Roma, 1778. — In-fol. — Vedute di Roma. — 2 vol. in-fol., etc., etc.
L'œuvre de Piranesi en 12 vol. in-fol. — Vente Mariette, (1775). — 851 livres.
PONCE (Nicolas), graveur, dessinateur, éditeur d'estampes et écrivain d'art, né le 12 mars 1746, mort le 27 mars 1831 ; élève de Pierre, de Fessard et de de Launay.
Ponce a beaucoup plus interprété les dessinateurs qu'il n'a dessiné lui-même. Il est l'éditeur des Illustres Fj^ançais, 1790- 1816, dessinés par Marillier, du Roland furieux (1775), 4 vol. in-S**, et d'une foule d'autres ouvrages. Pourtant nous trouvons son nom comme dessinateur au-dessous de quelques figures.
La Pariseïde, par Godard d'Aucourt. Paris, 1773. — 2 vol. in-8°, 2 fig. dessinées par Ponce. — ÉvéJiements de la guerre de l'Indépendance aux États-Unis, en 16 pi. in-4°. — Recueil de vues de la colonie française de Saint-Domingue. Paris, 1791. — Gr. in-tol. — Portraits de la Princesse de S«/w. — Id. de l'abbé Caron, 2 dessins à la mine de plomb. — Vente de Ponce (1831).
PRÉVOST (B.-L.), graveur et dessinateur, élève d'Ouvrié. Ce graveur a surtout travaillé d'après Cochin, dont il avait parfaitement saisi, a dit Basan, le goût et la manière.
Catalogue de l'Œuvre de Ch.-N. Cochin, par Jombert. Paris 1770. — In-8°. — 2 vignettes dessinées et grav. par Prévost, dont l'une avec le portrait en médaillon de Cochin. — La Vie du pape Clément XIV (Ganganelli), par Carracioli. Paris, Prault,
Pl'JOS. — PUNT. 717
1776. — In-i2, vigu. et culs-de-lampe. — Art de vérifier les fiâtes. — In-fol., vignettes. — Petit portrait de Préville en Scapin.
PL'JOS, dessinateur de portraits, peintre en miniature, fin du xvm^ siècle.
Portrait de Delille dess. par Pujos. — Dessin du portrait de Leniierre, au crayon noir.
Chez M. LÉON MERCIER.
3 dessins de portraits. — Chez M. BLAISOT.
PUNT (Jean), peintre, dessinateur, graveur et acteur, né à Amsterdam en 1711; élève d'A. van de Laan pour la gravure, et de Jacob de Witt pour la peinture.
Le principal et le plus agréable travail de Punt pour les livres est sa réduction de format in-12, pour les Comédies de Molière, des grandes figures de Boucher. Amsterdam, Arkstée ou Wetstein, 1741. — 4 vol. in-l:2. — On dit beaucoup de bien des dessins, que nous n'avons pu voir. Il a dessiné les figures de la Vie de don Alphonse Bios deLirias, fils de Gil Blas, roman publié à Amsterdam en 1744. Il a reproduit les figures de Tom Jones de Gravelot.
Punt s'est surtout inspiré des dessins des autres. On lui doit des réductions des figures d'Oudry pour les Fables de la Fontaine^ parues dans une édition publiée à Leyde en 1761, et qui n'a été terminée qu'en 1786. Mais il ne les a exécutées que pour les trois premiers volumes seulement. M. Ch. Mehl explique la longue publication
de 25 ans de cet ouvrage, par ce fait que « Punt « était aussi acteur, et, quoiqu'il fût médiocre « comédien, il aimait tellement les planches qu'il « abandonnait volontiers, pour y monter, celles « qu'il gravait si bien et qui avaient assuré sa « célébrité. Cette malheureuse passion pour le « théâtre entrava la plupart de ses travaux de « gravure, notamment la belle réduction des fi- « gures d'Oudry. »
On a de Punt les compositions représentant les Funérailles de Guillaume-Charles-Henri, prince d'Orange, en 41 planches gravées par lui ^La Haye, 1755). Du reste, Punt est surtout un graveur, car ce n'est qu'à oo ans qu'il se mit à faire de la peinture et qu'il peignit des plafonds et des tableaux d'histoire. Basan indique de lui une suite de 36 pièces gravées sur les dessins de Jacob de Witt, d'après les peintures de Rubens, à l'église des Jésuites d'Anvers ; quelques figures pour les Métamorphoses d'Ovide. — In-fol.
Molière [Coinédies de). .. Suite de 33 dessins exécutés par Punt, d'après les originaux de Boucher, reliés en un vol. in-fol. mar. rouge, tr. d. (Thompson.)
Vente Solar. — 1,200 fr. — Chez M. P*".
QUENEDEY (Edme), peintre en miniature et dessinateur, né à Ricey-Haut (Champagne) en 1756, mort le 15 février 1830; élève de Devosge, de Dijon. Il fut associé avec Chrétien pour l'exploitation du Physiono trace. Il exploita ensuite le procédé pour son compte, et dessina ainsi et grava plus de 1,500 portraits de personnages et célébrités de la fin du siècle et du temps de l'Empire. Il donnait douze épreuves avec la planche et le premier trait, grand comme nature, pour le prix modique de 24 livres.
RAMBEKG. — HESTOLT. 719
RAMBERG (Henri-Jean), peintre, graveur et dessinateur, né en Hanovre en 1763; élève de Reynolds. Il passa tout jeune à Londres, où il a travaillé.
Ramberg a dessiné quelques pièces pour Werther. Elles ont été gravées par Bartolozzi.
Compositions pour les Contes de la Fontaine [Joconde, la Jument du compère Pierre, le Poirier, le Villageois qui cherche son veau, le Rossignol).
Vente Herzog (1876). — 300 fr.
RANSONXETTE (Pierre-Nicolas), dessinateur et graveur, né à Paris en 1753 ; graveur ordinaire de Monsieur. Il faisait, dit Renouvier, des vues d'édifices et de grands sujets fabuleux, moraux ou historiques qu'il dessinait quelquefois lui-même.
Le Tabac, épître. Paris, 1769. — In-8*', fig. vignette. — Le Sylphe, par Letourneur. Paris, Mérigot, 1784. — 2 vol. in-12. Une fig. dess. et grav. par Ransonnette. — Aventures et Espiègleries de Lazarille de Tormes, par H. de Mendoza. Paris, Didot, an IX. — 2 vol. in-8^, fig. — Premières leçons sur une partie des sciences et des arts libéraux, par Ransonnette, graveur. Paris, 1806. — In-40, orné de 96 estampes dessinées et gravées par l'auteur.
RESTOUT (Jean-Bernard), peintre et dessinateur, né le 23 février 1732 ; fils du peintre JeanRestout, et son élève, neveu de Jouvenet et de Halle ; grand prix de peinture. Il embrassa avec ardeur les idées révolutionnaires, et lorsque la Convention décréta la suppression de toutes les académies, elle institua une commune générale des arts dont Restout fut nommé président. Mais ayant été accusé d'avoir pris part au pillage du garde-meuble en 1793, il fut emprisonné pour ce fait. Il ne sortit de pri-
son qu'à la chute de Robespierre ; mais, par suite des souffrances qu'il y avait endurées, il tomba malade et mourut le 30 messidor an IV (1796). Restout a contribué, suivant Gault de Saint - Germain, à faire dégénérer Fart.
Œuvres de Baculard d'Arnaud : comte de Comminges (1764), Euphémie (1768) , les Amants malheureux (1764). — In-S», quelques fig.
Galerie française, gravée sous la conduite de Restout. Paris, 1771. — In-fol. 41 portraits.
RIDINGER (Jos.-Élias), dessinateur, né à Augsbourg en 1719? mort dans la même ville en 1767.
« L'œuvre de Ridinger, a écrit Winkler, est (( intéressant pour les amateurs de chasse et « pour les curieux d'histoire naturelle par la vérité « et le caractère avec lesquels il a su rendre les (( divers animaux. »
Ridinger a dessiné de nombreuses figures d'animaux pour les livres qu'il faisait paraître à Augsbourg. — Parfaite et exacte représentatioji des divertissements des grands seigiieurs. 1729. — In-fol. 36 \)\.— Représentation des Cerfs les plus remai'quables et autres animaux destinés à être chassés par les grands seigneurs. 1768. — In-fol. 36 pi. — L'Art de ynojiter à cheval. — In-fol. 1722. — Description du cheval.— Le Nouveau Manège. 1734-1760. — In-fol. — Essais de dessins de quelques animaux. 1738-1755. — In-fol. 125 pi., etc.
RIE G (Michel), dessinateur.
Histoire des inaugurations des Rois-Eynpereurs. Paris, Mou tard, 1786. — In-8°, 13 fig. dessinées par Rieg.
RIYALZ (Antoine), peintre et dessinateur, né à Toulouse le 6 mars 1667, mort dans la même ville le
SALY. 721
7 décembre 173o. « Dès l'âge de 15 ans, dit Ma- « riette, il avoit fait des progrès étonnants dans le « dessin. Lafage, qui se trouvoit à Toulouse, en « fut jaloux. Il ne put cependant refuser son ami- « tié au jeune Rivalz, ni empêcher que ses dessins, « mis auprès de ceux qu'il faisoit, n'occasionnas- « sent des méprises. Il le vit dans la suite arriver « à Paris et y faire encore passer ses dessins « sous le nom de celui dont il contrefaisoit la ma- « nière. C'étoit beaucoup pour un jeune homme, « car Lafage étoit regardé pour lors comme un « dessinateur qui n'avoit pas son pareil. »
Rivalz alla à Rome et, de retour dans sa ville natale, il fut nommé peintre de l'hôtel de ville de Toulouse.
Traité de Peinture de Dupuis du Grez. — In-8°, 4 fines allégories dessinées et gravées par Rivalz, et qui, d'après Mariette, pétillent d'esprit.
SALY (Jacques-François), sculpteur et dessinateur, né à Yalenciennes en 1717, mort à Paris le 4 mai 1776; élève de Coustou le cadet. Grand prix de sculpture. Il a surtout travaillé à la cour de Danemark. Ses eaux-fortes sont originales et gravées avec esprit. On trouve, dans d'intéressantes notes de Mariette sur Saly, ce qui suit : « Je n'ai jamais pu parvenir à voir tous ses des- « sins. On dit qu'il en a beaucoup fait, mais il en .« est extrêmement jaloux. Je lui ai entendu dire « à lui-même qu'il n'avoit pu se résoudre d'en « laisser sortir de ses mains. Il a fallu user d'in-
« dustrie et presque de force pour lui en tirer « trois que j'ai et dont je dirai tout ce qu'on vou- « dra, mais qui dans le fond sont secs et d'assez <( petite manière. Ce n'est point là le crayon de « notre ami Bouchardon. Ils veulent tous l'imiter (( et aucun n'en approche. »
Recueil de 30 vases de Saly, se trouvent à Paris chez Fessard. — In-4°. — Portrait en caricature du machiniste romain Zabaglia. — Vente Mariette. — 40 livres. — Portrait à la mine de plomb du médecin danois Strueiisée. — Vente Saly (1776). — 12 liv.
Dessins de vases. — Chez M. A. BEURDELEY.
SAVART (Pierre), graveur au burin, né à Saint-Pierre de Thimer en Thimerais (Beauce), en 1737, vint à Paris à l'âge de 17 ans, et trois ans après (1757), épousa une femme de 34 ans, qui avait, rue Saint- Jacques, un petit commerce d'estampes. Tout en gravant il continua le commerce et demeura successivement rue de Cluny, barrière Fontarabie et hôtel Chamouzet, quai des Tournelles. Savart, bien qu'il soit un imitateur de Ficquet, a pourtant des qualités très-personnelles. Il a souvent été aidé, surtout quand ses yeux faiblissaient, par IVr^" Savart, sa sœur.
Ses portraits de Bayle, Catinat , Christian VU, Fontenelle , Leibnitz, M^^ de Montalembert , Montesquieu, Louis XVI, Marie- Antoinette, J.-J. Rousseau, T. Tasso, gravés sans indication de peintures font supposer qu'ils le sont d'après ses propres dessins.
SCHALL (Jean-Frédéric), peintre et dessinateur, né à Strasbourg vers 1750.
Les Amours de Psyché et de Cupidon, par la Fontaine. Paris,
SGHENAU. — SCOTIN. 723
Defer de Maisonneuve, 1791. — Gr. in-4°, figures en couleur d'après Schall. — Le Paradis perdu de Milton, Paris, Defer, 1792. — 2 vol. in-4°, fig. en couleur.
SGHENAU (Jeaii-Éléazare), peintre, dessinateur et graveur, né en 1734*, à Schenau, près de Zittau, en Lusace, mort en 1806.
Schenau, après quelques études faites presque sans maîtres, vint à Paris, fut l'élève et l'ami de Wille, et s'occupa spécialement de peinture de genre en empruntant ses sujets à la vie des Parisiens. Il fut nommé, en 4777, directeur de l'Académie de Dresde.
Lfr dessin d'un portrait en profil de M^^ de Pompadour.
Pendant qu'il était à Paris , Schenau a dessiné et gravé une série de figures dont le titre peint bien l'orthographe fantaisiste d'un Allemand : Achetter mes petittes eau-forttes (1765).
SCHLEY (Jacobus van), dessinateur et graveur, né à Amsterdam en 1715, mort en 1779. Élève de Philippe van Schley, son frère, et de Bernard Picart, chez lequel il commença à travailler à l'âge de 12 ans.
Œuvres de Brantôme. La Haye, 1740.— 15 vol. in-12, 7 frontispices dessinés par Van Schley. — La Vie de Marianne, par Marivaux. La Haye, Neaulme, 1741-42. — 3 vol. in-12. 12 fig. par van Schley et Fockke. — Une fig. pour les Lettres à Emilie. — Portrait de Charles XII.
SCOTIN (Louis-Gérard), dessinateur et graveur (neveu d'un graveur du même nom), né à Paris vers 1690. Il apprit le dessin et la gravure en
' En 1741, d'après Huber et Rost {Manuel des Curieux).
France et passa en Angleterre, où il travailla longtemps pour les libraires.
Œuvres diverses de M. Roy. Paris, 1727. — 2 vol. in-8°, frontispices. — Daphnis et Chloé de Longus. Paris, 1731. — In-12, fig. — Histoire de Guzman d'Alfarache, par Le Sage. Paris, 1732. — 2 voL in-12, 16 fig. dess. et grav. par Scolin. — Il a reproduit les compositions d'Hogarth , le Mariage à la Mode.
SIBELIUS, dessinateur hollandais.
Eloge de l'Enfer, par Bénard. La Haye, 1759. — 2 voL in-12, frontispice, vignettes et 15 fig. par Sibelius. — Vie de Marianne par A/arirawj?. La Haye, 174.. — 3 voL in-12, fig. de Sibelius.
SLODTZ (Sébastien), né vers 1700, sculpteur et décorateur, dessinateur du cabinet du roi, frère de Michel- Ange Slodtz.
Slodtz a dessiné le frontispice allégorique de la Fête donnée par la ville de Paris à l'occasion du mariage du Dauphin en 1747. — In-fol.
SMIRKE (Robert), peintre et dessinateur, né à Wigton en 17S2, mort à Londres le 5 janvier 1845; élève de l'Académie royale de Londres.
« Smirke rachète amplement, a écrit Bryan, son (( absence de coloris, par son habileté à ordonner « les sujets, par beaucoup d'humour dans les « caractères qui jamais ne dégénèrent en bouf-
« fonneries ou en farces Il a bien compris
« Shakespeare. Beaucoup de ses petits dessins « pour les livres illustrés ont de la chaleur et du « sentiment. »
C'était alors la mode parmi les éditeurs anglais
STOTHART. 725
de faire peindre les sujets qu'ils voulaient faire graver pour orner leurs ou\Tages. C'est ainsi que Smirke contribua à l'illustration de la Galerie de Shakespeare avec les principaux peintres anglais de la fin du xvni^ siècle, en peignant quelquesunes des compositions. — De 1792 à 1800 il peignit plusieurs sujets pour Don Quichotte. — En 1798, la suite des 5<?7J/ âges, de Shakespeare. Au reste , Smirke s'est occupé de l'illustration d'un grand nombre d'ouvrages, la Bible, l'Histoire cV Angleterre, les poètes et les voyageurs anglais; ses illustrations pour Gil-Blas et les Mille et une Nuits passent en Angleterre pour des chefs-d'œu- ^Te et sont aussi fort recherchés en France.
STOTHART (Thomas), dessinateur, né à Londres (Long-acre), le 17 août 17oo, mort en 1834. Il était le fils d'un aubergiste du Yorkshire , et fut élevé par une vieille dame, chez laquelle il copia des gravures de Strange ; il entra ensuite chez un dessinateur pour étoffes, et y employa ses loisirs à composer des illustrations pour les œuvres de Spencer et d'autres poètes anglais. Ses dessins furent remarqués du directeur du Nouvellisfs Magasine, Harrison. qui employa, pendant plusieurs années, le jeune artiste dans sa revue, à raison d'une guinée par dessin. Il dessinait à la même époque des frontispices de pièces de théâtre, des portraits d'acteurs à 7 schellings pièce. Il a concouru à l'illustration du grand Shakespeare de
Boydell. Stothart a laissé plus de 10 mille dessins, restés presque tous en Angleterre.
La Vie et les Aventures de Robinson Crusoé, trad. ornée de 19 grav. de Delignon, d'après les dessins originaux de Stothart. Paris, Verdière, an VIII (1800). — 3 vol. in-S».
SUBLEYRAS (Pierre), peintre et dessinateur, né à Uzès en 1699, mort à Rome le 28 mai 1749 ; élève d'Antoine Rivalz. Il se fixa à Rome, où il épousa Maria Felice Tibaldi, fille du musicien de ce nom, qui elle-même peignait la miniature. Il était beaufrère de Trémolières.
Dessins ou peintures de Frère Luce, le Faucon, la Courtisane amoureuse, pour la suite des Contes de la Fontaine, gravée par de Larmessin.
La Courtisane amoureuse et le Faucon, tableaux se faisant pendant.
Vente Randon de Boisset. — 600 livres. — Vente de l'architecte Trouard (1779), — 1,100 livres.
SWEBACH (Jean-Jacques-Joseph), connu aussi SOUS le nom de Des fontaine s, traduction de son nom allemand, peintre et dessinateur, est né à Metz le 19 mars 1769 ; élève de Duplessis. Il était fils d'un sculpteur du duc d'Orléans et a surtout dessiné et peint des sujets de batailles. Il était, sous l'Empire, premier peintre de la manufacture de porcelaines de Sèvres. Il est mort à Paris le 10 décembre 1823.
Portraits des grands hommes, femmes illustres et sujets mémorables de la France, gravés en couleur par Blin. Paris, 1787- 1789. — 2 vol. in-4°. — Un certain nombre de ces compositions sont gravées d'après ses dessins, ainsi qu'un grand nombre
TANJÉ. — TOUZÉ. 727
des Tableaux historiques de la Révolution française. 1798-1804. — 3 vol. in-fol.
TANJÉ (Pierre), dessinateur et graveur au burin, né à Amsterdam vers 1700, mort dans la même ville en 1760. Artiste laborieux, il a beaucoup travaillé pour la Galerie de Dresde.
TORO (B. . .), né à Aix vers 1700. sculpteur et dessinateur.
Suite de 36 dessins d'ornements.
Chez M. Edmond FOULC.
Suite de 6 beaux dessins d'arabesques pour panneaux, buffets, cheminées, à la plume, lavés d'encre de Chine, dédiés à Robert de Cotte. — 15 dessins, vases, cartels, etc.— Catalogue Paignon-Dijonval.
TOUZÉ (J.), peintre, dessinateur et acteur, né à Paris en 1747, y est mort en 1807. Cet artiste était très-connu par ses ingénieuses facéties dont il amusait la société.
On trouve sur ce dessinateur une page intéressante, à la date de 1771, dans la Correspoiidance littéraire de Grimm; nous en extrayons les passages suivants : « Un jeune homme qui se destine « à la peinture, appelé Touzet, a mis un autre « genre de facéties à la mode. C'est de contre- <( faire à lui tout seul une infinité de phénomènes « collectifs. Ainsi il exécute un motet à grand « chœur et à plein orchestre. Il se met derrière « un paravent et contrefait le chœur de tout un « couvent de religieuses avec un art et une finesse
« que vous jureriez qu'il y en a une douzaine et « que vous devinez jusqu'à l'âge, au caractère et « à la physionomie de ces béguines... » — Quelques mois plus tard, en 1772, il revient sur ce sujet : « Un jeune peintre appelé Touzé, élève de « l'Académie, vient de faire un dessin qui repré- « sente le tableau magique de Zémire et Azor, tel « qu'on le voit sur le théâtre de la Comédie ita- « lienne. Ce Touzé est célèbre à Paris depuis (( quelques années par le talent d'imiter et de con- « trefaire qu'il possède au suprême degré. On le « place au milieu d'un salon derrière un parace vent, et l'on entend tout un essaim de reli- « gieuses qui vont à matines ; on les entend se (( lever, se réunir, descendre des corridors dans « l'église, chanter l'office, faire la procession, renie trer dans le couvent et se disperser dans leurs « cellules. La matinée de village le dimanche est
« encore plus surprenante
« Tout le monde a voulu le voir, depuis nos « princes jusqu'aux plus petits particuliers. Il a « même, je crois, représenté ces facéties chez « M"' la Dauphine , mais , à l'exception de beau- « coup d'éloges, personne ne lui a rien donné. En « revanche on lui a fait perdre un temps précieux « pour son talent et pour son état, etc. »
Touzé a dessiné pour les Contes de la Fontaine (1795), 2 vol. in-4°, les deux figures du Baiser rendu et celle du Glouton.
Scène du tableau magique de Zémire et Azor, dessiné par Touzé, et gravé par Voyez jeune (1772).
TRÉMOLIÈRES. — l LIN. 729
TRÉMOLIÈRES (Pierre-Charles), peintre d'histoire et dessinateur, né à Chollet en 1703, mort à Paris le 11 mai 1739. Il fut reçu académicien en 1737. Ses parents renvoyèrent jeune à Paris dans le dessein d'en faire un tapissier, mais Trémolières, qui n'avait que de l'éloignement pour cette profession, obtint d'être placé auprès de J.-B. Van Loo. La douceur de son caractère, sa probité et la « politesse de ses mœurs », jointes à un talent facile et aimable, le firent apprécier des amateurs et particulièrement du comte de Caylus, qui l'encouragea et le logea même chez lui. Il alla ensuite à Rome avec la pension du roi (1726), revint en France en 1734, mais s'arrêta à Lyon, n'osant revenir à Paris . parce qu'il s'était marié à Rome avec la fille du musicien Tibaldi, sans le consentement du susceptible antiquaire, son protecteur. Il y revint pourtant, y eut du succès; mais il était malade de la poitrine , et mourut regretté « de tous les honnestes gens dont il avait fait les délices à Rome et à Paris ».
Don Quichotte, de Cervantes, 1746. — In-4, 2 figures de Trémolières, dont celle de Sancho berné. — La Henriade, de Voltaire, 1728. — In-4° , figures. — Le Fat puni, comédie. Paris, Prault, 1738. — In-8 , figures. — Œuvres de Boileau- Despréaux. Paris, 1740. — 2 vol. gr. in-4'', vignettes et culs-delampe.
ULIN (Pierre d') aîné, peintre et dessinateur, né à Paris en J669, mort le 28 janvier 1748; de l'Académie royale de peinture. Il était le beau-frère des
peintres Roettiers, Hutin , et du dessinateur Bérain.
D'Ulin a dessiné les grandes compositions du Sacre de Louis XV, roy de France, dans Téglise cathédrale de Reims, le dimanche 25 octobre 1722. — In-fol. — Vignettes pour la Description de l'Hôtel royal des Invalides, 1756. — In-fol.
VAN DER BANK, dessinateur.
Aventures de Don Quichotte, par Cervantes. Londres, 1738. — In-4°, 68 dessins de Van der Bank. Renouard possédait un de ceux-ci, « spirituelle croquade sur papier gris ».
VAN ORLEY (Richard), peintre et dessinateur, né à Bruxelles en 1663, mort dans la même ville le 6 juin 1732 ; fils du peintre de paysages, Bernard Van Orley, et frère de Jean Van Orley, qui a tellement travaillé dans la manière de son frère qu'on a peine à distinguer leurs œuvres. « Il a passé (( toute sa vie, a écrit Mariette, à peindre en mi- « niature et à gouaze et à faire des dessins lavés « à l'encre de Chine sur du papier blanc avec une « extrême propreté. Il m'en fit voir plusieurs en « 1718 dans le tems que j'étois à Bruxelles, entre « autres une suite de près de cent dessins dont il (( avoit pris les sujets dans le roman de Télémague. « Ils étoient fort agréables, et je ne puis en don- « ner une plus juste idée qu'en les comparant « pour les compositions à une suite de douze « sujets que le même Bichard Van Orley a gravés « d'après ses propres dessins et qu'il a tirés de la « pastorale italienne il Pastor fido. »
VIEN (Joseph-Marie), peintre et graveur à Teau-forte,
VIVIER. — WAÏTEAU. 731
né à Montpellier le 18 juin 1716, mort le 27 mars
Caravane du sultan à la Mecque, mascarade exécutée à Rome par les pensionnaires du roy, dessinée et gravée par Joseph Vien, en 30 pi. in-4 (1748). Paris, Fessard.
Un exemplaire avec les figures peintes en or et en couleurs. — Vente Ruggieri. — 81 fr.
VIVIER, premier peintre de S. A. Monseigneur le prince de Bourbon, et dessinateur.
Vivier a dessiné les figures des Fables de la Fontaine, gravées par Simon et Coiny. Paris, Didot aîné, 1787. — 6 vol.in-lS.
65 dessins à la pierre d'Italie, à la plume et à l'encre de Chine. — Vente Constantin (1817). — 26 fr.
WALTER, dessinateur alsacien.
Vues pittoresques de l'Alsace, texte par l'abbé Graudidier. Strasbourg, 1785. — In-4, 17 planches dessinées, gravées et terminées au bistre par Walter.
WATT EAU (Antoine), peintre et dessinateur, né à Valenciennes le 9 octobre 1684, mort à Nogentsur-Marne le 18 juillet 1721; élève de Gillot.
Pour un artiste aussi célèbre, et dont la vie est connue, il faut écrire un volume ou deux lignes : on nous saura gré de choisir cette seconde manière.
On a réuni en volumes l'œuvre de Watteau, et c'est à ce titre qu'il trouve ici place : Œuvre d'Antoine Watteau, gravé d'après ses tableaux et 'dessins originaux, fixé à 100 exemplaires des premières épreuves, à Paris. — Grand in-fol., 121 pi. — Figures de difféi^ejits caractères de paysages et d'études, dessinées d'après nature, à Paris, chez Audran et chez Chéreau, graveurs du roi. — 2 vol. in-fol., 330 sujets. — Œuvre des estampes galantes, gravées d'après les tableaux et dessins de feu Antoine
Watteau, 4™° partie, à Paris, chez Gersaint. — Grand in-fol., 145 sujets. — Il a paru séparément, d'après les dessins de Watteau, un cahier de 10 pièces de figures françaises et comiques, nouvellement inventées par M. Watteau, peintre du roy, se vendent à Paris, chez le sieur Duchange et chez Jeaurat. — Figures de modes, dessinées et gravées à l'eau-forte par Watteau, et terminées au burin par Thomassin, 10 pièces. — Suites de figures chinoises et tartares, 30 pi. (12 grav. par Jeaurat, 12 par Boucher et 6 par Aubert.)
WATTEAU (Louis), le père, dit Watteau de Lille, peintre et dessinateur, né à Yalenciennes en 1730, mort en 1798. Directeur de l'Académie ou Ecole des Beaux-Arts de Lille, il fut destitué et forcé de quitter la ville en 1760, pour y avoir introduit l'étude du modèle nu.
Doyen de Killerine. Lille, Henry, 1771. — 6 vol. in-12, quelques figures. — Cris et costumes de Paris, 1786. — 6 pièces in-8. — Suites de gravures de modes. — In-fol.
WEIROTTER (François-Edmond), peintre de paysages, dessinateur et graveur allemand , né à Innspriïck en 1730, mort à Vienne le 11 mai 1771. Il a travaillé à Mayence, à Paris, en Italie et ensuite à Vienne, où il s'est marié et fixé. C'est Wille qui lui apprit à dessiner et à graver le paysage, genre dans lequel il a réussi. « Ses compositions, sans « être riches, charment par de jolies figures et de (( belles fabriques. Ses dessins, ordinairement au « bistre, méritent les mêmes éloges; aussi sont-ils « fort recherchés des connoisseurs. » (Huber et