Vienne, 28 septembre 1814 (F. I. 3894 ad
Rapport à HAGER
L entente nécessaire entre l'Autriche et la Prusse. Flardenberg décidé à soutenir la politique autrichienne. Les rois de Prusse et de Wurtemberg. Le prince royal de Wurtemberg. Stein. Anstett. Le Roi de Danemark.
Le Conseiller intime de légation Jordan m'a déclaré que Tunion intime de l'Autriche et de la Prusse était une chose qui s'imposait ; que le prince de Hardenberg était foncièrement dévoué à Metternich et que par conséquent celui-ci pouvait être sûr que la Prusse appuyer'ait sans réserve aucune toute proposition faite par l'Autriche, surtout celles qui auront trait à TAllemagne.
Le roi de Prusse est très satisfait de l'accueil qui lui a été fait par l'Empereur et très flatté de l'assurance qu'on a eu l'adresse de lui donner qu'il a fait sur le public viennois plus d'effet que l'Empereur Alexandre lui-même.
Le roi de Wurtemberg ne paraît pas être satisfait de son séjour ici. Son mécontentement pourrait bien être la résultante de l'état d'esprit de son entourage et en particulier de son favori et aide de camp général, le baron Dillen (1). 11 serait en conséquence utile de surveiller les faits et gestes de ce dernier.
1. Suite du roi de Wurtemberg, Comte de Wintzingerode, ministre d'Etat et de conférence (habite près du Rothe-Thurm, maison Miiller).
Comte de Goerlitz, grand écuyer et chambellan (Biirgerspitalin» 1266,5° cour 8' escalier, 1" étage à droite).
Comte de Dillen, général-lieutenant (à la Burg. Amalienhof, au 1" étage).
S. A. le prince de Hohenlohe, aide de camp du roi (Stock im Eisenpiatz, n" 92, maison Baldausi, au 2" étage).
Comte de Sontheihi, chambellan (habite au même endroit que le comte de Gœrlitz).
Général-major de Breuning (à la Burg. Amalienhof, 1" étage).
De Licvreville chambellan, (Biirgerspital 1" cour, l"' escalier, 3" étage à
'iche).
; )e Kohlhaas, Conseiller de légation (à la Burg, bâtiment principal, n' 30).
De PfeifTer, secrétaire intime de cabinet (habite avec M. de Liêvreville).
De Hardegg, médecin du roi (à la Burg, Chancellerie impériale, 3» étage,
>e Bitzer, Geheimer-Registrator (à la Burg, bâtiment principal n° 30).
!'e Degen, Hofkammerrath (à la Burg, bâtiment principal, n" 34). Cf. Oes-
reichischer Beobachter,lô octobre 1814, 1572 et Chronik des Wiener Konsses, 123.
On connaît les sentiments, essentiellement favorables à notre Cour, du prince royal.
C'est la forme bien plus que le fond qui chez le baron Stein donne prise à la critique. Habitué à combattre les principes et les idées révolutionnaires, il est tombé d'un extrême dans l'autre et ne parvient que petit à petit à recourir à des procédés plus doux et à se départir de sa roideur et de son inflexibilité. Ses intentions et ses visées sont parfaites ; mais les moyens qu'il emploie pour arriver à son but sont rudes. On le soupçonne, l'accuse même, mais à tort, de jacobinisme alors qu'il n'a en réalité péché que par la forme. Il n'en est pas de même de ceux qui l'entourent. Ceux-là sont réellement portés au mal et ils abusent par trop souvent de la vivacité et de l'irritabilité de leur chef. Anstett est et reste ce qu'il a toujours été.
Le roi de Danemark semble avoir été tout à fait séduit et gagné par Metternich, qui pourra à l'avenir compter en toutes circonstances sur lui, vu qu'il y a en Europe peu de princes ayant autant de fermeté de caractère et autant de droiture que le roi de Danemark. ..