Vienne, 3 octobre 1814 (F. 1. 3841 ad
Rapport à HAGER (Emploi de la journée du 2 octobre par Anstett.)
Samedi 2 octobre. — Anstett travaille de 10 heures à 1 heure, puis va chez Nesselrode, rentre vers 2 heures, reçoit le Comte
1. Comte San Martin d'Aglié, Ministre de Sardaigne à Londres, un des plus ardents artisans de la cession de Gênes au Piémont dont il rêvait l'agrandissement, auteur d'un Mémoire dans lequel on donnait à son roi tout le pays depuis les Alpes jusqu'au Mincio, Parme, Plaisance et Massa-Carrara. (Cf. RiNiERi. Il Conffresso di Vienna e ^a Santa Sede. XXXVII et Ibidem, XLI-XLII à propos de la Savoie. Victor Emmanuel à Saint-Marsan, Turin, juillet 1814. Cf. N. Bianchi. Storia Docurnentata délia Diplomazia Europea inltalia. Vol. I, 47-50 et entre autres la dépêche de d'Aglié, à Vallaise, de Londres, le 6 septembre 1814).
Woronzoff, va dîner avec lui au Restaurant Widmann, rentre à o heures, va à 8 heures à la Redoute et rentre à minuit.
SGH... à HAGER
Surveillance d'Anstett. Emploi qu'il fait de la journée du 3 octobre. Mandel, Vernègues. Ses relations avec ce dernier.
Mandel est venu un instant le 3, puis un peu plus tard, Wernich (Vernègues) (1) avec une quantité de papiers. Anstett s'est enfermé avec lui pendant plus d'une heure. Il a donné Tordre de recevoir toujours Wernick (Vernègues) et de ne jamais le déranger pendant qu'il serait à travailler avec lui.
Anstett a travaillé jusqu'à deux heures chez lui ; il a été
1. (Cf. Archives Nationales, F. 7. 6478, 36462 2» série. Cité en partie par d'HAUTERivE. La Police Secrète du Premier Empire, t. II, p. 177, Bulletin 552. Notes de Gènes, 29 novembre 1805;. « Monsieur de Lisakévitch, ministre de Russie, qui a suivi le roi (de Sardaigne) à Rome, à Naples et en Sardaigne, s'était attaché pendant la dernière guerre un émigré de Provence, M. Vernègues, homme entendu, dévoué à la faction russe et qui a fini par être naturalisé sujet Russe. C'est le même qui fut arrêté l'an passé à Rome, conduit au Temple, relâché à la suite de la prière de Sa Sainteté, lors de son voyage à Paris. Il partit pour Vienne pour voir l'Evêque de Nancy (Mgr de la Fare) et se proposait de se rendre en Russie. Les journaux ont annoncé récemment que la Russie l'envoyait de nouveau à Rome et des lettres particulières annoncent même qu'il y est déjà. Il y a servi longtemps les intérêts du duc de Berry. Il correspondait en l'an VIII avec Villot (le Général Willot de Grandprez) et prenait alors le nom de l'héritier (Cf. pour plus de détails sur le départ de Vernègues de Paris le 22 décembre 1804 après sa libération, d'Hauterive, t. I p. 217. Bulletin 690. — D. Perrero. I Reali di Savoia nell'Esilio, pages 243-244, sur l'arrestation de Vernègues à Rome. Dépêche du chevalier Rossi à de Maistre du 31 décembre 1803. — Desmarets. Quinze ans de Haute Police sous le Consulat et l'Empire. Préface, lix-lxiii.
Voici enfin sur Vernègues quelques notes extraites des Archives Administratives du Ministè.'e de la Guerre :
Vernègues (Joseph-Hilarion-Gautier de), né à Aix le 8 avril 1757, entré au service au régiment Royal Normandie en septembre 1788, émigré en 1789 (on suppose le 1" septembre). Entré au service de Russie avec autorisation de Louis XVIII et nommé colonel le 7 décembre 1808. Démissionnaire du service de Russie le 1*' juillet 1814. Nommé Maréchal de camp par Louis XVIII par décret de Gand le 25 mai 1815. Il était à ce moment employé à Vienne par la Légation Française, Résident auprès du Grand Duc de Toscane en 1816. Demande en 1820, faveur qui lui est refusée, à être nommé Ministre d'Etat, alors qu'il était en instance de retraite.
ensuite chez Razoumofîsky chez lequel il est resté jusqu'à sept heures.