‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 238 sur 842 · Vienne, 4 octobre 1814 (F. 1. 4087 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 4 octobre 1814 (F. 1. 4087 ad

0 © à HAGER (en français).

Les deux millions de Brignole. Les visées d'Aldini. Le prince Eugène et Guicciardi. Murât et l'Angleterre.

Les deux millions que Brignole doit employer pour en faire cadeau à Metternich sont arrivés. Desmont (?) me dit d'Aldin? qu'il ne respire que l'indépendance et que, pendant qu'il nous dit les plus belles choses sur le compte de l'Autriche, il ne parle que du désir d'indépendance de la nation italienne. I' croit le prince Eugène sans soutiens.

Guicciardi, député de la Valteline, est, selon lui, un homme parfait sur lequel la Cour et vous vous pouvez compter.

Il croit l'Angleterre toute dévouée à l'Autriche et prête à la soutenir en Italie et en Allemagne. Pour Murât, il est persuadé qu'il vise absolument au royaume d'Italie et croit que l'Angleterre lui fera bientôt la guerre et que tout cela se prépare, vu que Murât ne paraît pas intentionné à entendre raiso

Satisfaction causée dans certains milieux par l'attitude de Talleyrand et de Labrador, lors de la conférence du 30 septembre. Le Nonce et la durée du Congrès. Le cardinal Gonsalvi.

Ferez de Castro a longuement insisté sur la satisfaction assez générale qu'on a éprouvée lorsqu'on a su que Talley-

1. Guicciardi (Diego, comte) (1756-1837), né dans la Valteline, seconda en 1789 la réunion de ce pays à la Cisalpine. Gonsulteur sous la République cisalpine, fait successivement par Napoléon conseiller d'Etat, comte et directeur général de la police du royaume d'Italie (1805-1809>, puis sénateur. Trop tiède et trop modéré au goût de l'Empereur qui l'envoya au Sénat du royaume, il fut l'un des premiers à travailler en 1814 en faveur de l'Autriche, ou tout au moins en faveur d'un royaume ayant à sa tète un prince autrichien et devint un peu plus tard vice-pi'ésident du gouvernement de la Lombardic.

rand et Labrador avaient remis Metternich à sa place (l).

Il m'a déclaré que les Espagnols s'enorgueillissent d'avoir dompté la cabale séditieuse et honteuse qu'on avait formée d'exclure les plénipotentiaires français et espagnols du Grand Sanhédrin où on prépare la matière qui doit être soumise à la discussion du Congrès et où enfin on décide du destin de l'Univers. « M. de Labrador et M. de Talleyrand, m'a-t-il dit, ont coupé le nœud gordien. Le prince de Metternich a voulu jouer le rôle d'un Mazarin, d'un Richelieu. Nous l'avons détrompé, et certes M. de Labrador, sans rien ôter au prince de Talleyrand, a la principale gloire dans ce triomphe. »

J'ai vu le Nonce qui croit que le Congrès ne sera pas d'aussi courte durée que le pensait Metternich à cause des tendances diverses des Ministres des Puissances. Le Nonce a insisté sur le rôle joué par le cardinal Consalvi et sur la grande place qu'il a déjà su se faire auprès des souverains.

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