Vienne, 5 octobre 1814 (F. 1. 4111 ad
Nota à HAGER (en français).
Les lenteurs du Congrès. La Russie. Doléances des petits princes allemands. La note de Talleyrand sur Naples et la Saxe. L'Autriche et Murât. Alexandre et la Pologne. Le Duché de Varsovie. La guerre possible. Le voyage d'Alexandre en Hongrie. Son but.
Le Congrès occupe dans ce moment tout le monde. On paraît supposer qu'il avance lentement et que c'est la Russie qui y met le plus d'obstacles. Tout ce qui appartient aux princes d'Allemagne de deuxième ordre se plaint de ce qu'on ne s'occupe nullement d'eux et du peu d'égards qu'on leur témoigne. On trouve choquant que le Beobachter nomme l'arrivée de S. A. I. Monseigneur le prince Eugène et que la Gazette de la Cour omette celle du Grand-Duc de Bade.
On parle beaucoup d'une note très forte que doit avoir remise M. de Talleyrand au sujet de la Saxe et du royaume de Naples (1), et on accuse l'Autriche d'être le seul soutien dei^jjl
1. Les notes de Talleyrand en date des 1" et 3 octobre n'avaient trait qu'î la foi'me à donner au Congrès. 11 n'avait été question de la Saxe que dans
reste de la Révolution, qu'on affecte de regarder comme très dangereux.
11 n'y a que les Russes qui ne prennent aucune part à tout ceci, et semblent croire que leur affaire n'est et ne peut être un sujet de discussion et que tout ce qu'ils ne conserveront pas des provinces qu'ils occupent n'est qu'une suite de la condescendance de l'empereur pour le roi de Prusse. La ligne qu'ils conserveraient serait de Cracovie à Thorn. Ce qui me ferait croire que ceci est un projet arrêté et que les personnes qui entourent l'Impératrice et ont toujours été les censeurs de l'Empereur parlent le même langage.
Ils regardent tous leurs droits sur le Duché comme incontestables et sont très mécontents que Dantzig ne leur reste point.
Je dois remarquer qu'autant qu'on peut compter sur une opposition en Russie au rétablissement du royaume de Pologne, autant on secondera l'Empereur de joindre à la Russie tout ce qu'il pourra du duché de Varsovie. Que même une guerre contre nous (les Autrichiens) pour ce sujet leur serait agréable et qu'ils feraient tous leurs efforts pour le soutenir.
Les Russes ici sont mécontents du long séjour que fait l'Empereur. Son voyage à Ofen est regardé uniquement comme un but de curiosité pour connaître une partie de la Hongrie.