‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 267 sur 842 · Vienne, 5 octobre 1814 (F. 1. 4115 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 5 octobre 1814 (F. 1. 4115 ad

Rapport à HAGER (1) (en français), '•

Conversation avec D'Arnay. }

D'Arnay m'a raconté, entre autres choses, qu^ au moment de la retraite de l'armée d'Italie il avait conseillé au prince (Eugène) de se renfermer dans Venise et de tenir cette place jusqu'à la paix, vu qu'il n'aurait pas pu en être chassé et vu qu'il croyait inévitable l'occupation de la France par les alliés; que le prince avait adopté son conseil et même l'avait chargé de lui amener à Venise la princesse, son épouse, et toute la famille, ainsi que ses eiîets les plus importants, mais que ses aides de camp lui ont fait changer d'avis ; qu'il avait donné ce conseil, appuyé aussi à la circonstance que les habitantsde Venise étaient plus soumis que les Lombards et avaient du respect pour le prince, tandis qu'il n'était pas du tout aimé à Milan, comme on a pu le voir par les événements arrivés dans la suite ; que Napoléon n'avait pas donné depuis longtemps des instructions au prince ; que lui, d'Arnay, le sollicitait de traiter avec les puissances alliées, mais que le prince n'a pas voulu s'y résoudre, faute d'instructions parce qu'il lui semblait manquer à ses devoirs et à son honneur s'il l'eût fait sans autorisation ; qu'à présent le prince était très occupé pour rendre des visites à tous ceux qui peuvent avoir de l'influence au Congrès ; qu'il tenait pour sûr d'obtenir un établissement, comme on le lui avait promis ; que cela aurait pu être en Italie ; qu'il croyait cependant très difficile d'avoir Venise, vu que l'Autriche avait fait tous ses efforts pour la garder, mais qu'il pourrait arriver qu'on accordât au prince les trois Légations.

Page 1