‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 269 sur 842 · Vienne, 6 octobre 1814 (F. 1. 4115 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 6 octobre 1814 (F. 1. 4115 ad

Nota à HAGER (en français).

La princesse Bagration très froissée de n'avoir pas été invitée au bal donné par l'impératrice d'Autriche. Attitude politique de son salon. Anstett. L'empereur Alexandre et l'incident du 4 octobre au soir.

La princesse Bagration a été extrêmement fâchée hier de ne pas avoir été invitée au bal donné par Sa Majesté l'Impératrice. Elle espérait l'être par le rang qu'elle occupe à la Cour de Russie et plus encore par la faveur marquante dont l'honore l'Empereur Alexandre.

Je suis à présent convaincu que, comme je le pensais, le parti de l'Opposition russe est établi chez elle. Le ton de plusieurs employés russes du cabinet que j'y ai trouvés hier et l'aveu même de la princesse me l'ont confirmé. C'est Anstett qui est à la tête.

On a mal fait de laisser cette maison (le palais Palm) à décou-

i. 11 s'agit évidemment ici de la grande fête donnée cejour-lkkl'Angarlen.

2. Il s'agit probablement ici de Geneviève-Adélaïde de Langeron, fille du ^l'néral de Langeron, veuve du prince de Montbarey et qui épousa le 1" avril

(Jl le prince Louis-Stanislas Kotska de la Trémoille (1768-1837). « La prin- ( esse de la Trémoille, née de Langeron n'avait jamais dû être belle. Toute sa coquetterie était d'esprit, lit-on dans les Souvenirs de M"" d'AcouT. Grande dame jusqu'aux moelles, elle assurgissait à ses volonfés par la hauteur de son caractère tous ceux qui l'entouraient, la princesse était plus que toute autre redoutée pour ses bons mots et ses railleries (Bardoux, M""' de Custine.)

3. Marie-Louise arriva en effet à Schœnbrunn le 7 octobre, au matin. Cf. Oesterreichischer Beobachter du 9 octobre, n" 282, 1538,

vert. On y regarde le côté opposé, le côté droit, je veux dire, la maison de la Sagan comme le pays ennemi, et il me paraît très vraisemblable qu'Alexandre n'y mettra pas les pieds, ce qui blesse furieusement la duchesse et enfle sa triomphante rivale.

Encore avant-hier, Alexandre arriva tout seul à la porte de la maison pour visiter la Bagration, mais, ayant vu beaucoup de voitures dans la cour, il crut qu'elle avait du monde et rebroussa chemin. La pauvre princesse l'attendait toute seule et Tattend encore.

Conférence orageuse le 1" octobre entre Alexandre et Talleyrand. La maladie et la convalescence de Miinster.

On dit dans le haut public que Talleyrand a eu, il y a trois jours (1), une longue conférence avec Alexandre sur la Pologne, que TEmpereur veut garder en dépit du danger visible que courrait l'Europe. Alexandre a prononcé le mot de guerre s'il le fallait, pour conserver cette occupation qui écrase l'équilibre et la paix future, et Talleyrand a eu le courage de lui faire remarquer qu'il faudrait, dans ce cas, lui retirer le beau titre de Libérateur du Monde qu'on lui avait accordé et lui en donner un autre. On prétend que vers le soir, Alexandre devint plus traitable et que la chose a pris une autre couleur et plus favorable.

Hier, il a travaillé dans son cabinet pendant plusieurs heures avec ses ministres. Les secrétaires n'ont pu dîner qu'au soir. Il leur avait fallu achever un long mémoire et le remettre i\ l'Empereur. Woronzoff et Boulgakofî étaient du nombre.

Le Comte de Munster, dont la perte affligeait bien des gens, mais pas la Russie, guérit. J'en ai l'assurance du D' Capp lini qui le soigne.

1. 11 y a là une erreur de date. Ce ne fut pas trois jours avant ce rapport, mais cinq jours auparavant que Talleyrand eut l'audience dont parle ici Nota^ (Cf. Talleyrand au roi. Vienne, 4 octobre 1814, dépêche n» 3. Pallain. Corret pondance inédite de Talleyrand et de Louis XVIII, p. 18-23.)

j294. Vienne, 6 octobre 1875 (F. 1. 4115 ad 3565).

Nota à HAGER (en français).

La question de Saxe. Les déclarations de ïalleyrand au prince Antoine. Les intentions de la Bavière.

Talleyrand a dit au prince Antoine de Saxe : < 11 est dans 'intention de mon gouvernement, et j'ai Tordre exprès de ravailler au rétablissement de l'ancien état de choses. »

Sur une remarque du prince, il ajouta : « Je persiste à vous épéter, Monseigneur, que le but de la France est le réta- (lissement de la Saxe telle qu'elle était avant la guerre et me nous avons 200.000 hommes prêts à marcher pour déendre la bonne cause. »

Le prince Antoine a été de là chez le prince de Wrede qui jouta que 40.000 Bavarois entreraient en ligne pour souteir la cause de la Saxe et ces intentions ont été confirmées au irince par le roi de Bavière.

|93. Vienne, 6 octobre 1814 (F. 1. 4115 ad 3565).

GÔHAUSEN à HAGER

Tmpensations à donner à l'Autriche en Italie. La Bavière proteste contre la cession de Tlnn-Viertel. La Bavière, le Wurtemberg et Bade opposés au projet pi'ussien de constitution de l'Allemagne.

Les ministres de Bavière, Bade et Wurtemberg semblent "oire que pour indemniser l'Autriche de la diminution de son ifluence en Allemagne on lui ferait la part plus belle en alie.

La Bavière proteste contre le projet de cession à l'Autriche e rinn-Viertel.

Le mêmes ministres ne sont nullement satisfaits des pro-

ts présentés par la Prusse et relatifs à FAUemagne.

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