Vienne, 7 octobre 1814 (F. 1. 3867 ad
SGHMIDT à HAGER
R Objet de la venue de Gotta à Vienne. Les Bavarois, Salzburg et Tlnn-Viertel. Les caricatures du roi de Wurtemberg. Le roi de Bavière et le prince ! Eugène. Les doléances des députés des petits Etats et le profit qu'on peutbj en tirer. Stein et Zerboni di Sposetti. 1^
Je viens de recevoir le rapport suivant de Tagent H V
J'ai, m'écrit-il, la conviction absolue que le libraire Gotta, de Stuttgart, le représentant des librairies allemandes, réclamera au cours des délibérations du Gongrès, Ia Liberté de la Presse. Gette proposition est liée à celle relative à la propriété littéraire et en est en réalité la base. Si l'on admet l'interdiction de a la reproduction sans accorder du même coup la liberté de presse, c'en est fait de la librairie parce qu'on mettra les édi-!' teurs dans l'impossibilité de publier autre chose que des œuvres
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absolument insignifiantes. Il n'y a rien de vrai dans le bruit répandu par quelques personnes qu'il n'a d'autre but que d'échapper ainsi à la faillite. C'est au contraire un homme qui mène sérieusement les alfaires et qui se propose d'étendre le rayon d'actions et à accroître l'importance de sa maison.
Il a amené ici avec lui le professeur Dannecker, de Stuttgart, qui loge chez lui. C'est un sculpteur habile, jouissant d'une réputation bien méritée. Son voyage a un double but : voir Vienne et essayer de réaliser le projet qu'il a conçu d'élever sur le champ de bataille de Leipzig un monument commémoratif, projet dont il a déjà précédemment entretenu le prince de Metternich.
La Cour de Bavière se flatte d'avoir gain de cause pour Salzburg, mais est très peinée de devoir céder l'Inn-Viertel. Elle s'y résigne cependant parce qu'elle considère cette concession comme indispensable au maintien de la tranquillité générale.
On dit que le roi de Bavière aurait vu avec déplaisir la venue du prince Eugène à Vienne.
Dans l'entourage du roi, on ne cesse de déblatérer contre le roi de Wurtemberg qu'on désigne sous le nom du : Monstre Wurtemberg eois. On raconte que les Anglais ont fait sur lui une caricature dans laquelle il est représenté, levant les mains au ciel, considérant son énorme panse, s'efforçant en vain d'apercevoir son royaume dessiné sur un colossal bouton de a culotte et s'écriant avec désespoir : « Que je suis malheureux, je ne peux même pas voir mes Etats. »
Le prince royal de Wurtemberg plaît beaucoup aux dames. !dais les dames en Autriche n'ont ni idées politiques, ni influence îolitique. Elles ne sont que les dépositaires des opinions ju'elles entendent émettre.
La plupart des représentants des petites cours et des dépu- 5 des villes et des corporations se lamentent de la cherté le l'existence et ont déjà vidé leurs poches. Il serait cependant itile de trouver moyen de les retenir et de les garder ici. Ce disant, ils ne tarderont pas d'être obligés de se créer des resurces, et alors on pourra sans peine et rien qu'avec quelques racieusetés, leur délier la langue. Le plus dur sous ce raport est et sera le baron de Stein, et je ne vois pas d'autres oyens pour y arriver que de me servir de Zerboni, le pléni-
potentiaire prussien à Varsovie, qui connaît toutes ses pensées et est au courant de ses plans et visées. i