‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 3 sur 842 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

précédemm^**, et qui venaient d'être durement éprouves par le passage, les mouvements et le séjour des troupes, les réquisitions de toute espèce, les charges et les horreurs de la guerre. En 1809, ce fut à lui qu'en sa qualité de Vice-Président de la Polizei-Hofstelle on confia le soin d'agir sur l'opinion publique et ce fut grâce à l'influence qu'il sut exercer sur les esprits que les populations, auxquelles il réussit à faire comprendre la nécessité d'une pareille mesure, accueillirent, presque avec enthousiasme, les décrets qui ordonnèrent la levée et la formation de la Landwehr.

Instruit, intelligent, doué d'un esprit aux vues larges, d'une extraordinaire activité et d'une rare capacité de travail, modérant et adoucissant dans la limite du possible les rigueurs souvent excessives et irritantes, presque toujours brutales, de la Censure, Hager, grâce à l'urbanité qu'il sut déployer dans l'exercice de ses délicates fonctions, grâce au tact qui ne lui fît que bien rarement défaut (même lorsqu'il lui fallut faire exécuter des mesures contre lesquelles il avait vainement protesté), parvint à se concilier les sympathies générales, à s'assurer même l'estime de la plupart des personnages amenés à Vienne par le Congrès. Bien peu parmi ces derniers eurent 1 occasion de formuler des plaintes contre la surveillance à laquelle ils se savaient tous soumis, et qui, malgré la prudence et la discrétion qu'on avait recommandées et imposées au personnel chargé de s'en acquitter, ne fut pourtant ni moins attentive, ni moins serrée, ni surtout moins fructueuse.

Chambellan de l'Empereur du 1" octobre 1797 et conseiller intime en février 1809, malade, fatigué, usé par le travail et par la tension continuelle de toutes ses facultés, obligé par son état de santé de se démettre de ses fonctions dans les premiers jours de l'année 1816 et d'aller chercher dans un climat plus doux la réparation des forces qu'il avait dépensées au service de son pays, Hager reçut de son Empereur le 20 juin 1816 un éclatant témoignage de sa satisfaction, une récompense aussi rare que précieuse, la Grand-Croix de l'Ordre de Léopold. Il n'en devait pas jouir bien longtemps et moins de six semaines plus tard, le 31 juillet, il mourait à Stra, à une dizaine de kilomètres de Padoue.

Page 1