Vienne, 6 juillet 1814 (F
loo(àHAGER).
Réponse aux instructions de Hager. Remarques et considérations. Demande qu'il adresse à Hager.
Me conformant aux instructions que Votre Excellence a bien voulu me faire tenir par sa lettre du 1" de ce mois, je ferai autant que me le permettront mes faibles moyens, tous mes efforts pourvous donner pleine satisfaction. Le départ d'un des membres de l'Ambassade russe me prive malheureusement d'un organe sur lequel je comptais beaucoup, et, d'autre part, les réponses maladroites de Thomme pressé de questions, que j'espérais faire entrer comme valet de chambre chez l'ambassadeur de Russie, ont, je le crains, fait échouer un planque j'avais eu beaucoup de peine à mettre sur pied. Accablé d'affaires de toutes espèces, et en présence du caractère essentiellement délicat de ce genre de besogne, j'avais déjà, à plusieurs reprises, prié Votre Excellence de me décharger de la . surveillance et de l'observation du Corps diplomatique et si malgré cela je me rends cependant aux désirs de Votre Excellence, je la prierai de considérer que je ne peux me consacrer à des occupations, qui ne sont pas sans présenter de réelles difficultés et de sérieux dangers pour un fonctionnaire, que si Votre Excellence, s'engage à me mettre à l'abri des soupçons que pourraient faire naître mes relations avec les membres des Ambassades. Votre Excellence peut être sûre que je ne négligerai rien pour me rendre digne du témoignage de satisfaction qu'a daigné me donner Sa Majesté.
LES PRÉLIMINAIRES ET LES AJOURNEMENTS DU CONGRÈS 15 20. Vienne, 7 juillet 1814 (F. 1. ad 3565).
BERNSTORFF à ROSENGRANZ (à Copenhague) [intercepta, en français).
Gravité des questions de Saxe et de Pologne. Craintes de guerre. Les avances de l'Autriche à l'Angleterre.
On ne se cache pas ici que c'est à Tespoir d'obtenir un arrondissement aux dépens de la Saxe qu'il faut attribuer la facilité extrême que la Prusse a montrée à abandonner la Pologne entièrement à la merci de la Russie. L'importance et la difficulté des discussions relatives à la Pologne sont senties si vivement ici que déjà on entend partout agiter la question de savoir si les chances même d'une guerre, quelque peu avantageuses qu'elles se présenteront dans ce moment à la Cour d'ici, ne sont pas préférables à la nécessité d'acquiescer à des arrangements qui assureront à la Russie une prépondérance si menaçante et des moyens d'attaque et de chicane si redoutables que l'Autriche ne saurait tarder à en devenir la victime. Il paraît que la Cour de Vienne travaille à s'assurer dans des liaisons intimes avec le Cabinet anglais le seul appui sur lequel elle puisse compter.