Vienne, 13 octobre 1814 (F. 2, 3973 ad
IIAGER à L'EMPEREUR (Rapport et Bordereau du 13 octobre).
L'ajournement du Congrès. L'influence de Talleyrand sur les petits princes allemands. Les paroles et les vues de la Tour du Pin.
Envoi des déclarations relatives à la remise de l'ouverture du Gongrèsaul" novembre. Il appelle l'attention sur l'influence que Talleyrand exerce sur les petits princes allemands et les moyens qu il emploie. Il rapporte enfin les paroles suivantes de la Tour du Pin (rapport d'un agent, en date du 12 octobre).
« Les petits Etats sont justement effrayés de l'ajournement du Congrès. La France ne désire qu'un contre-poids contre la Russie. La Chrétienté s'était liguée contre les Musulmans, il y a des siècles, pourquoi ne se liguerait-elle pas contre les Kalmouks, Baschkyrs et Barbares du Nord?... Dans les huit puissances qui doivent régler les affaires du Congrès, comment a-t-on pu exclure le Danemark et la Bavière et y admettre le Portugal qui siège au Brésil et dont les pouvoirs et instructions n'arriveront que dans un an. Nous sommes ici quatre Français comme il y a quatre Russes et comme il doit y avoir
i. Allusion au bruit qui courait déjà au sujet du remplacement de Roumiantzoffpar Nesselrode à la Chancellerie de l'Empire.
quatre Anglais. Nous ne permettrons pas que l'on se moque de nous. Nous avons 400.000 hommes disponibles au premier coup de sifflet.
« Nous nous rassemblons tous les matins à quatre heures chez Talleyrand et il nous donne à chacun son thème. »
L^informateur ajoute : « J'ai soupe hier chez la princesse de la Tour et Taxis. »