Vienne, 14 octobre 1814 (F. 2. 424i ad
SIBER à HAGER
Alexandre chez Marie-Louise et le soir chez la princesse Bagration. La comtesse Esterhazy-Roisin. Le grand-duc Constantin et la Bigottini. La santé de Jomini.
Alexandre a fait, dans la matinée du 13, une visite à Marie- Louise. Le soir, à 11 heures, il a été en fiacre et avec un seul domestique chez la princesse Bagration et n'est rentré qu'après 2 heures du matin.
Avant de sortir, il a donné l'ordre à Wolkonsky d'aller chez la comtesse Esterhazy-Roisin (1), dont il veut faire la connaissance plus intime, et de lui annoncer sa visite.
Le grand-duc Constantin (2) a fait, le 13 de 5 à 6 heures, visite à la Bigottini.
Jomini va mieux, mais ne sort pas encore. On fouillera ses tiroirs et ses cartons dès qu'il sera dehors.
et d'Irlande (1800). Nommé par Castlereagh sous-secrétaire d'Etat de l'Intérieur et des Affaires Etrangèi'es, il l'accompagna à Vienne comme plénipotentiaire, se retira en 1817 et mourut en 1820.
1. Esterhazy-Roisin (Françoise, marquise Roisin) (1778-18i5), mariée le 1" juin 1799 au comte Nicolas Esterhazy.
2. Il m'a paru utile de rappeler ici que, lorsque le grand-duc Constantin fut investi du gouvernement de la Pologne (1815), il vit à Varsovie la jeune comtesse Jeanne Grudzinska, fille aînée du comte Grudzinski, fut vivement frappé de sa beauté et conçut pour elle une irrésistible passion. Marié à une princesse de Gobourg dont il s'était séparé presque immédiatement, il résolut d'épouser la comtesse Jeanne et lit part de ses projets à son frère Alexandre I*'. Celui-ci s'opposa d'abord au projet, mais finit par y consentir à la condition que Constantin renoncerait à ses droits au trône de Russie en faveur de son frère Nicolas. Le grand-duc n'hésita pas, obtint du Saint-Synode une sentence de divorce, épousa la comtesse qui reçut la même année le titre de princesse de Lowicz. Elle mourut en 1831. (Nbsselrodb, Souvenirs, v. 235; cf^ pour plus de détails Souvenirs du chevalier de Cussy, p. 250 et 274),
Le Grand-duc, tout en épousant Jeanne Grudzinska, n'avait pas rompu avec sa maîtresse, M°" Fridrichs, qu'il ne tarda pas à marier à un jeune officier nommé Veiss et qu'il eut alors l'audace d'amener chez sa jeune femme et qui continua à venir au Belvédère jusqu'au jour où Alexandre I", venu à Varsovie, découvrit ce qui se passait et donna l'ordre de faire partir surle-champ M°>* Veiss (Cf. Comtesse Potogka, Mémoires, 388-389 et 395-401).
LES PRÉLIMINAIRES ET LES AJOURNEMENTS DU CONGRÈS 283 362. Vienne, 15 octobre 1814 (F. 2. 4244 ad 3565).
GOEHAUSEN à HAGER
Notes sur Miltitz, Kleist et Stechfuss. La Saxe et la parole donnée par Alexandre après la bataille de Leipzig.
Le colonel saxon von Miltitz (1) a été, je le sais de source absolument certaine, envoyé ici par le prince Repnin avec des dépêches relatives à l'administration du pays et à certaines questions de police et adressées au cabinet russe et à Stein. On lui adjoint le conseiller de finance Stechfuss qui lui servira de secrétaire.
Le lieutenant saxon von Kleist, au contraire, est venu ici pour son plaisir, mais lui sert entre temps d'attaché (sic.)
Miltitz a passé une grande partie de sa jeunesse en Angleterre ; sa femme est Anglaise. C'est même ce fait qui le rendit suspect au ministre de France à Dresde et l'obligea à se retirer dans sa propriété de Siebeneichen, près de Meissen.
Miltitz appartient au parti de Weimar, Kleist à celui de la Prusse, où il possède des propriétés.
Le sort de la Saxe n'est pas encore décidé. On croit cependant que l'Empereur Alexandre tiendra la parole qu'il a donnée après la bataille de Leipzig, lorsqu'il promit à la Saxe qu'elle resterait indépendante.
Les trois personnages nommés ci-dessus appartiennent au Tugend-biind, On continuera de les surveiller.