‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 35 sur 842 · Vienne, 9 juillet 1814 (F. 1. ad · texte numérisé non relu

Vienne, 9 juillet 1814 (F. 1. ad

HEGAUDT au ROI DE SUÈDE {intercepta en français) (Analyse).

JLa remise du Congrès. Craintes d'un désaccord entre l'Autriche et la Russie. Le voyage de Metternich de Londres à Paris. Mariage probable du Roi de Prusse avec la grande-duchesse Catherine.

Surprise causée par un article de la Gazette de Vienne du 7 juillet annonçant la remise du Congrès au 1" octobre.

« On y voit un mauvais augure et on craint que l'accord entre les Puissances ne soit troublé. Le comte Stackelberg a l'air guindé et paraît indiquer que les Conférences de Londres n'ont pas produit le résultat désiré. On prétend que l'Autriche et la Russie ne sont pas d'accord sur les bases des arrangements à prendre pour le Congrès futur ; qu'il y a une froideur entre ces deux puissances et que pour cette raison

1. Biilow (Louis-Frédéric-Victor-Jean, comte de) (1774-1825) placé en 1794 comme référendaire, puis en 1796 comme assesseur à Bayreuth par son cousin Hardenberg qu'il suivit en 1801 à Bci'lin comme conseiller de guerre et des domaines. Président à Magdeburg en 1804, conseiller d'Etat du Royaume de Westphalie après Tilsit, ministre des Finances de 1808 à 1811, il se retira dans sa terre d'Essenrode jusqu'en 1813 où Hardenberg le lit de nouveau nommer ministre des Finances de Prusse. 11 garda ce portefeuille jusqu'en 1817 où il devint ministre du Commerce, fonctions qu'il occupa jusqu'au moment où ce ministère fut réuni à celui de l'Intérieur. Nommé président de la Silésie, il mourut peu après.

l'Empereur de Russie a changé sa résolution et ira directement à Pétersbourg sans passer par Vienne.

Quelqu'un m'a dit savoir de bonne source que le cabinet de Vienne soupçonne d^avoir été joué par celui de Saint-Pétersbourg dans la négociation avec le Roi de Saxe l'année dernière et que l'Empereur d'Autriche embrassant la cause de ce monarque ne voudrait pas qu'il soit dépouillé de ses Etats et a rejeté la proposition qu'on lui aurait fait de partager la Saxe.

Il y a aussi des contestations par rapport à la Pologne, quoique l'Autriche soit disposée à renoncer à la réacquisition de la Galicie orientale, se réservant toutefois les salines de Wieliczka et un dédommagement d'un autre côté.

Le voyage du prince de Metternich de Londres à Paris fixe l'attention et on pense qu'il est chargé de former des liens plus intimes entre la France et l'Autriche, afin de contrebalancer ceux qui existent entre la Russie et la Prusse et qui vont être encore consolidés par le mariage du Roi de Prusse avec la grande-duchesse Catherine.

Le retour accéléré de TEmpereur de Russie dans sa capitale est en partie attribué à des avis qu'il a dû recevoir de troubles qui menaçaient d'éclater en Russie. Quelle qu'en soit la raison, beaucoup de personnes ont été désagréablement attrapées par la remise de sa visite à Vienne, qui vraisemblablement n'aura pas non plus lieu en septembre. L'Empereur d'Autriche aurait pu s'épargner de grands frais pour la réception des souverains attendus, s'il avait su qn'ils lui feraient faux bon.

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