‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 355 sur 842 · Cf. Gagern, Mein Antheil an der Politik., Il · texte numérisé non relu

Cf. Gagern, Mein Antheil an der Politik., Il

sieurs des assistants insistèrent sur la gravité de cette démarche, sur la prudence avec laquelle il convenait de la faire afin de ne pas indisposer la Russie, de ne pas créer un conflit entre la Russie et l'Autriche, enfin sur la nécessité de sonder avant tout la Cour de Vienne. On résolut de ne prendre une résolution qu'après avoir entendu le rapport du comte Keller et on se sépara à sept heures du soir.

Bade n^était pas représentée à cette conférence.

ee à HAGER

Les concessions que Castlereagh aurait arrachées à la Russie Considérations sur la conférence du 14 et sur les affaires allemandes.

Hier, on avait l'air de croire qu'on restituerait à l'Autriche la Galicie occidentale, à la Prusse une partie de ses anciennes possessions polonaises et que la Russie se décidait à céder sur les instances de lord Castlereagh. S'il en est ainsi, le roi de Saxe, quoique fortement amputé, pourra continuer à exister, et on aura épargné à l'Europe la honte d'avoir anéanti et dépossédé la dynastie saxonne.

Pour ce qui est de la conférence" du Congrès d'avant-hier 14 (1), voici ce que j 'ai pu en savoir : Elle a duré de une heure à quatre heures. Elle a eu pour objet l'organisation intérieure d'un nouveau système fédératif des gouvernements allemands. On y a vaguement parlé d'un simulacre (sic) d'empereur héréditaire allemand ou d'un chef suprême de la Confédération. Mais le projet n'a été accepté qiïad référendum.

Voici d'ailleurs ce que j'ai entendu dire de ce projet : Avant 1792 et pendant tout le temps des guerres de la Révolution française jusqu'en 1805-1806, la couronne du Saint- Empire romain a été un véritable fardeau pour l'Autriche. Pourquoi en 1814 et au profit de qui l'Autriche accepteraitelle un semblant d'Empire héréditaire et le protectorat perpétuel de la Confédération de l'Allemagne, de cette Confédé-

1. Cf. D'Angeberg, 289. Protocole de la premiers séance du Comité des Affaires allemandes.

ration dans laquelle les différents Etats se jalouseront ; naturellement, d'abord entre eux, puis intrigueront contre | l'Autriche, et enfin et surtout contre le chef de la Confédération qui n'aura ni les moyens, ni les pouvoirs indispensables pour se faire écouter et obéir ? Quel appui les petits Etats pourront-ils trouver dans un chef qui n'a en réalité aucune prérogative, aucun moyen d'imposer sa volonté ? Pour l'Autriche la dignité impériale n'est qu'une question de vanité, de prestige, une source de grosses dépenses et de continuels embarras.

La conception d'une Confédération allemande ne saurait se concilier avec l'existence d'un Empire allemand héréditaire. La coterie Stadion est naturellement très hostile à ce projet et serait désolée de voir Metternich assurer à la Maison d'Autriche la couronne héréditaire de l'Empire allemand, dont le comte J Stadion a si légèrement dépossédé notre cour. Les mêmes par- '% sonnes qui déblatéraient encore le 13 contre Metternich, qui lui reprochaient de ne rien faire pour restituer la couronne impériale à la Maison d'Autriche, ces mêmes personnes, depuis qu'elles ont connaissance de ce qui s'est passé lors de la con- | férence du 14, déclarent aujourd'hui que ce serait une véritable calamité pour l'Autriche si son Empereur devenait VEmpereuT héréditaire d'Allemagne.

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