‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 390 sur 842 · Vienne, 19 octobre 1814 (F. 2. 4321 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 19 octobre 1814 (F. 2. 4321 ad

Rapport à HAGER (en français).

Arrivée à Vienne et surveillance, à la demande de Spaen, des Belges hostiles à la réunion de leur pays avec la Hollande.

Le Baron Spaen, ministre de Hollande, s'inquiète des agissements de Talleyrand et de l'arrivée de quatre nouveaux ! Belges, tous hostiles à la Hollande, dont Stassart (1), le dernier préfet de La Haye, jacobin très exalté pendant la Révolution, puis partisan, serviteur et admirateur de Napoléon, de la même trempe que le Procureur général impérial Daniels.

D'accord avec Spaen et sur l'ordre de Hager, on les fait surveiller par un ancien conseiller du conseil de Namur, Person, tout dévoué au prince d'Orange (2).

L'agent, qui adresse ce rapport, a déjà réussi à nouer des relations avec les trois autres Belges.

PIQUOT (Conseiller de légation prussien) àX... (à Weimar) (Intercepta) (en français) (analyse).

Envoi de la copie d'une lettre relative à un incident survenu en Suisse. Lienteur de la marche des affaires. La Saxe, les Prussiens et les Russes.

Des gens de Fribourg, accusés de complot contre le Gouvernement arrêtés à Berne, ont été trouvés porteurs de passeports autrichiens,

1. Stassart (Joseph- Auguste Goswin, baron de) (1780-1854). Né à Malines, il ~|:tudia le droit à Paris. Auditeur au Conseil d'Etat (1804). Intendant dans le

[■yrol (1805), puis dans la Prusse Orientale et à Berlin, en remplacement de lignon (1808). Rentré en France et d'abord sous-préfet d'Orange, puis préfet fce Vaucluse (1809) et des Bouches de la Meuse (1813). Revenu à Paris après foccupation de ce département par les Alliés, il fut attaché au service de Joeph. Il se rendit ensuite en Autriche où il devint Chambellan de l'Empejur François. Revenu eu Belgique en février 1815, il olTrit ses services à ïapoléon qui l'envoya auprès de l'Empereur d'Autriche porteur d'une lettre lutographe {Correspondance, t. XVIII, 21753, Paris, 1" avril 1815), mais il ne |ul dépasser Linz. Revenu à Paris, il fut nommé Maître des Requêtes au Consil d'Etat. Il fut ensuite, d'abord député aux Etats Généraux des Pays-Bas Jl821-1830;, puis membre du Congrès National de Belgique (1830), gouverneur les provinces de Namur (1830) et du Brabant (1834-1839), membre du Sénat |ëlge (1831-1847) et enfin président de cette assemblée.

2. Guillaume I*' (1 772-1843) fils du stathouder perpétuel Guillaume V de Nasm. Il abandonna la Hollande envahie par les Français (1795) et n'y revint

Piquot ajoute : « Les affaires du Congrès avancent lentement, mais cependant on a tout lieu d'espérer que tout sera prêt pour la date de son ouverture et qu'alors tout tendra à un terme définitif. »

L'agent fait connaître en outre que Piquot vient d'annoncer confidentiellement à un de ses amis que les Russes évacuent la Saxe qui va être occupée par les Prussiens.

LCEWENHIELM (1) à son frère (à Stockholm) {Intercepta).

Le Congrès et les causes de la déclaration. Ce qu'il prévoit. L'Empereur et l'Impératrice d'Autriche. Le Roi de Danemark. Les gaffes de Bildt avec les Rois de Bavière et de Danemark.

Pour te donner une petite précision diplomatique, à laquelle tu as droit comme frère de diplomate et diplomate toi-même, je te dirai que jusqu'à présent le Congrès ne s'est point assemblé en forme. Tu auras vu peut-être une déclaration dans toutes les gazettes de l'Europe qui le proroge jusqu'au 1°'" no. vembre (2). Cette déclaration, dont je suis coupable, pour un huitième ou un dixième peut-être, est un modèle d'incohérence et de fausse logique. Mais c'est ainsi qu'il le fallait pour éviter de toucher à d'autres questions délicates par une simple déclaration préalable. On ne Fa pas signée pour éviter toutes questions de rang et de préférence jusqu'au moment terrible où il faudra les vider.

Dieu veuille que les membres du Congrès ne fassent pas alors comme les pères du Concile de Nicée, qui décidèrent la question de la Trinité à grands coups de poings. Pour moi,

qu'en 1813. Prince d'Orange, il porta le titre de prince souverain des Provinces Unies jusqu'au moment où il fut déclaré roi des Pays-Bas. La Belgique lui échappa en 1830.

1. Lœwenhieîm (Gustave-Charles-Frédéric) (1771-1856), était aux côtés de Gustave III, lorsque ce prince fut assassiné en 1792. Fait prisonnier dans la guerre de Finlande (1808), aide de camp de Bernadotte, il quitta en 1814 l'armée pour entrer dans la diplomatie et fut ensuite ambassadeur à Paris jusqu'à sa mort.

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