‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 398 sur 842 · Vienne, 20 octobre 1814 (F. 2. 4057 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 20 octobre 1814 (F. 2. 4057 ad

B... à HAGER

Résumé de sa conversation avec Anstett. Le Congrès. La politique d'Alexandre. La duplicité de Metternich. La question de Pologne conliée à Gzartoryski. Ce que Scliwarzenberg doit penser de lui. Les griefs persistants d' Anstett contre l'Autriche.

Je ne perds pas une minute pour vous faire part de la conversation que je viens d'avoir avec Anstett. Comme je lui demandais où en étaient les affaires du Congrès, en lui disant combien je craignais de leur voir prendre une mauvaise tournure, surtout en raison de l'attitude adoptée et des difficultés inventées par la France, il me dit : « La France, c'est TAutriche autant que toutes les autres puissances qui l'excite et la pousse en avant afin de faire durer le conflit au sujet de la Pologne. Voilà encore un point sur lequel Metternich n'a pas conscience nette. En ma qualité de citoyen du monde, je ne )eux d'ailleurs pas lui donner tort à ce propos. Même comme )mme d'Etat russe, je ne saurais partager complètement les [dées de l'Empereur Alexandre. Je l'ai prouvé dans mes travaux et dans mes notes et je ne sais que trop bien que c'est [à ce qui m'a fait perdre la faveur dont je jouissais auprès de 'Empereur. Je n'en suis du reste pas autrement désolé, car ravais déjà pris la résolution de me retirer chez moi. Entre [emps, je ne peux me dissimuler, que, depuis le jour où je lui remis ma note, dans laquelle je déconseillais le rétablissement le la Pologne, l'Empereur ne me regarde plus et ne m'a plus Ldressé la parole, pas plus en public qu'au bureau. Au fond, ne prends nullement la chose au tragique. Ma conscience

est en paix, et j'ai Fentière conviction d'avoir fait mon devoir. L'Empereur verra plus tard que cette fois encore je lui ai dit la vérité, tout comme à Fribourg où je lui ai dit que le prince de Metternich le jouerait sous jambe relativement à la Suisse (sic), chose qui m'a été d'autant moins désagréable que cette opération devait exercer une influence favorable sur la marche de la campagne, mais qui ne me contraria que parce que cette bonne idée était sortie, non pas du cerveau d'un de nos hommes d'Etat, mais de la tête d'un ministre autrichien.

« Maintenant l'Empereur est tout à la Pologne et aux Polonais ; mais lorsqu'ils lui montreront les moustaches, il pensera qu'Anstett a encore eu raison.

« Je travaille encore dans le cabinet, mais à des questions quelque peu étrangères au Congrès. Habitué à l'ancien ordre de choses, le comte de Nesselrode m'envoya dernièrement trois mémoires en me priant de les examiner et de lui faire connaître mon avis. Je répondis par une note au verso en lui disant que, mes vues sur la Pologne étant en opposition absolue avec celles de l'Empereur, je ne pourrai formuler une opinion qu'après y avoir été formellement autorisé par lui. J'attends encore cette ,i réponse, mais j'ai pu me convaincre entre temps qu'on avait f passé ces mémoires au Prince Czartorjski, l'adversaire le plus | déclaré de mes opinions. J'ai donc des loisirs en quantité ; mais je ne vous cacherai pas que cela me laisse parfaitement indifférent. Aussi suis-je devenu pour Nesselrode un être énigma - ^ tique. Fidèle à ses anciennes habitudes, il m'envoie un tas de | pièces à l'examen. Dans le temps j y faisais de nombreuses corrections. Aujourd hui mon indifférence me fait trouver tout bien. Nesselrode ne comprend rien à cette nouvelle manière.

« Je parierais volontiers que le prince de Schwarzenberg est I de tous celui qui juge le mieux mon état d'esprit. J'ai été le premier personnage avec lequel il négocia à Varsovie (1). 11 m'y a pris en affection, et je suis certain qu'il ne comprend pas plus que moi, comment il se fait que je n'ai pas encore reçu l'ordre de Léopold qu'il demanda à ce moment pour moi. Je sais qu': est revenu à la charge à Paris. Metternich se déclara prêt appuyer la proposition, mais c'est en haut lieu qu'on trouvtfl , encore de la résistance .. (Le reste de la conversation, les de

1. Allusion à l'armistice qu'Anstett signa avec Schwarzenberg le 30 janvier 1813. --à

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nières phrases échangées avec l'agent de Hager roulent exclusivement sur cette question de décoration, le gros grief d'Anstett).

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