‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 488 sur 842 · Vienne, 28 octobre 1814 (F. 2. 4037 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 28 octobre 1814 (F. 2. 4037 ad

R. NM15 à HAGER

Rapport sur quelques membres du Tugend-Bund.

Sur Cari MûUer (1), le Steuerrath prussien von Borbstaedt et le poète Arndt, membres actifs du Tugend-Bimd à surveiller de près. On croit même que sous un faux nom Arndt fait partie de la suite de Nesselrode. Quant à MûUer, il a dit bien haut que le Tugend-Bund est si fort qu'aucun prince allemand ne saurait ni le détruire, ni même lui résister.

grands diplomates et savants allemands. Associé de l'Académie des Sciences morales et politiques,

1. MûUer (Cari Christian), né à Klebitz en 1778, mort en 1857, fameux agitateur et patriote allemand, agent et émissaire de Bliicher d'aboi d, puis de Stein, arrêté une première fois en 1811 à la requête du représentant de la Westphalie, von Linden, il s'échappa et s'enfuit à Berlin. Emprisonné une deuxième fois et remis en liberté, il remplaça Gruner à la tête de la police de Berlin. Il rejoignit en 1813 Koutousoft" à Kalisch, lui apporta des instructions écrites et lança son fameux appel daté du 25 mars 1813. 11 fit alors un moment partie du corps volant du colonel Fiiger, fut de nouveau attaché par Stein à sa personne, mais ne tarda pas à reprendi-e du service, et se distingua à Bautzen et à Dennewitz. Hepnin l'emmena avec lui à Dresde eq^'anvier 1814. 11 accompagna ensuite Hardenberg au Congrès de Vienne. Mais une fois l'Allemagne délivrée, il considéra son rôle actif comme terminé. Conseiller aulique prussien en 1817, il ne tarda pas à être nommé Conseiller intime. Cf. Varnhagen von der Ensb, Karl Mûller's Leben.

R. à HAGER Millier et Gruner. Leur but et leurs menées. Gruner protégé par Alexandre.

Rapport sur les agissements de Mûller et du Conseiller d'Etat baron Gruner (1) qui cherchent à faire des prosélytes pour le Tuge7id-Bund, et leurs menées révolutionnaires et hostiles aux membres du Tugend-Bund appartenant à la Noblesse.

La Russie soutient Mûller, et ceux qui portent Tuniforme russe circulent partout librement. Ce qu'ils veulent, c'est amener le roi de Prusse à donner à ses Etats une constitution libérale qui s'étendra rapidement aux Etats voisins et portera le coup de grâce au cléricalisme et au catholicisme.

L'empereur Alexandre les protège, et la preuve en est qu'il a envoyé à Gruner avec la croix de Sainte-Anne de première classe en brillants une lettre des plus flatteuses. Une centaine de libraires allemands font partie du Tugend-Bund tels que Bertuchj de Weimar ; Herger, de Giessen ; Cotta, de Stutt-

1. Gruner (Charles-Juste), né à Osnabriick en 1777, se lia de bonne heure avec Stein, alors Ober-President à Minden et avec Blucher, entra au service de la Prusse en 1802 et aurait été peu après et jusqu'en 1805 employé à des missions secrètes en France. Directeur de la Chambre de guerre et des domaines à Posen, il faillit y être arrêté par les Français et se réfugia d'abord à Kônigsberg, puis dans la Poméranie Suédoise. Président de Chambre intérimaire à Golberg, puis à Treptow, il ne tarda pas à devenir vers la fin de 1809 Président de police à Berlin et travailla activement à la reconstitution du Tugend-Bund et aux préparatifs du major Schill. Ecarté des affaires sur l'ordre de Napoléon, mais rien qu'en apparence, il quitta la Prusse, à la fin de mars 1812, se rendit en Bohème soutenu par l'Angleterre et la Russie et continua à organiser et à étendre le Tugend-Bund. Alexandre l'avait fait Conseiller d'Etat et l'Angleterre lui fournissait de riches subsides. Ses menées finirent par devenir trop éclatantes et trop dangereuses et l'Autriche, au lieu de consentir à son extradition qui lui était demandée par la Prusse l'enferma à la requête de Napoléon à Peterwardein, où il resta jusqu'en octobre 1813. Nommé peu après Gouverneur des provinces du Haut et Bas-Rhin où il rendit les plus grands services aux alliés en môme temps qu'il satisfit la haine qu'il portait à la France, il y organisa le gouvernement provisoire et résida à Diisseldorf jusqu'après Waterloo. Envoyé alors à Paris pour y faire pour le compte de la Prusse sa part de la haute Police, il mérita le titre d'emballeur de la Sainte-Alliance. Le roi de Prusse, qui l'avait déjà anobli et fait '^ baron, reconnut ses services en lui confiant les fonctions de Ministre de ; Prusse près la Confédération helvétique. Tombé en disgrâce et déjà fort malade, il quitta Berne au commencement de janvier en 1819 et se rendit à . Wiesbaden où il mourut le 8 février 1820.

gard,etc., etc., qui sont tous venus à Vienne pour y travailler en faveur du Tugend-Bund.

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