Vienne, 6 novembre 1814 (F. 3. 4231 ad
HAGER à L'EMPEREUR
Bordereau et rapport journalier du 6 novembi'e (Analyse).
A propos du projet du Gouvernement français d'enlever Napoléon de Tîle d'Elbe. Il demande à l'Empei^eur l'autorisation de compléter ses moyens insuffisants d'informations. (J'ai cru devoir joindre à cette demande la réponse de Bellegarde (de Milan, 22 novembre) à la lettre de Hager du 5 novembre et l'approbation de l'Empereur en date du 23 novembre.)
Hager a fait remarquer à l'Empereur, à propos du projet conçu par le Gouvernement français d'enlever Napoléon de l'île d'Elbe qu il n'a à sa disposition, comme éléments d'informations que les intercepta, les chiffons, ses agents à Vienne et Bellegarde (1) et Strassoldo, (2) en Italie, dont les communications mettent longtemps à lui parvenir. Il prie en conséquence l'Empereur de faire compléter ses renseignements par les voies plus sûres et plus rapides du grand-duc de Toscane, de Marescalchi et de Magawly Cerati (3) à Parme et par les consuls de Livourne et de Gênes.
Cette proposition reçut le 23 novembre l'approbation de l'Empereur.
Le même jour, 5 novembre, Hager s'adressait directement à Bellegarde et à Strassoldo et le 22 novembre, Bellegarde lui ^ expédiait la dépêche suivante (en français).
« J'ai reçu la lettre de V. E. du 5 courant par laquelle elle
1. Bellegarde (Henri, comte de) (1756-1845), Feld-Maréchal, était à ce moment Commissaire général Impérial en Italie.
2. Strassoldo (Jules-Joseih, comte de/ (1771-1830), Commissaire Impérial à Parme, Adjoint au Commissaire Impérial de Lombardie, pjis Directeur des Postes et un peu plus tard, en 1818, Président du Gouvernement de la Lombardie.
3. Magavvly Cerati (Henri, comte de), d'origine irlandaise. Depuis le 6 août 1^14, Ministre d'Etat des duchés de Parme, Plaisance et Guastalla.
« me communique le plan qu'on suppose au cabinet français « d'enlever Napoléon. Mais, comme je n'ai aucune connais- « sance des personnes y impliquées, je ne suis pas à même de « donner sur cela à V. E. aucun éclaircissement. Peut-être « pourrai-je lui en fournir sous peu quand j'aurai le rapport « de ce qu'un homme très adroit (1) aura pu découvrir en « général dans un voyage qu'il a fait à l'île d'Elbe et dont il « m'a promis de me rendre compte, et je n'omettrai sûrement « pas de porter à la connaissance de V, E.tout ce que l'homme « en question pourra me communiquer d'intéressant. »