Vienne, 6 novembre 1814 (F. 3. 4583 ad
ee à HAGER
Les Grecs et le voyage d'Alexandre en Hongrie. Consalvi et Rechberg. Les différentes opinion sur Metternich. Les Prussiens et son bal masqué.
On avait eu, d'après ce qu'on a dit devant moi chez Puffendorf, quelques appréhensions au sujet du voyage de l'Empe-
1. Voir pour plus de détails sur cette chasse, le N" 311 du Beobachter, 7 novembre 1814, page 1705.
2. Marschall (Charles-Guillaume baron de), ministre d'Etat, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de Bade près la Cour de Wurtemberg.
l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 481
reur Alexandre en Hongrie à cause des manifestations russephiles auxquelles on craignait de voir se livrer la grosse colonie grecque qui est en Hongrie. Mais l'Empereur s est conduit en Hongrie de façon à rassurer tout le monde. Il ne s'y est occupé que des jolies femmes, a à peine regardé les hommes et a complètement ignoré les vieux, si bien que le clan masculin est loin d'être chaud pour Sa Majesté Russe.
Le comte Rechberg, auquel Consalvi vient de rendre visite, dit partout que le futur pape a été chez lui, et déclare que le cardinal ne saurait manquer d'être acclamé par le conclave lors de la prochaine vacance du trône pontifical.
Acerenza-Pignatelli, parlant au baron Bûhler, lui a dit que son archiduchesse (l'archiduchesse Béatrix) avait une piètre idée des talents politiques et de l'habileté ministérielle de Metternich.
Aucun des membres de la Légation de Prusse ne paraîtra au bal masqué chez Metternich à cause des trop grosses dépenses qu'occasionne l'acquisition d'un domino blanc ou d'un costume.
On a remarqué chez Etienne Zichy que, lors de la dernière réception, Alexandre a affecté de s'entretenir longuement et aimablement avec Metternich. Il y a du reste bien des maisons, chez Esterhazy, chez Charles Liechtenstein entre autres, où l'on défend hautement le prince et où on approuve nettement l'attitude qu'il a prise à l'égard d'Alexandre et sa résolution de s'opposer au rétablissement du royaume de Pologne.