‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 585 sur 842 · Vienne, 9 novembre 1814 (F. 3. 4312 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 9 novembre 1814 (F. 3. 4312 ad

©©à HAGER (en français).

L'Empereur d'Autriche, le Prince Antoine et la Saxe. Les notes de Castlereaghet de Noailles. Bruit de départ de la duchesse de Sagan. Les salons] Stadion et Pergen. Convention secrète entre la Pritsse et la Russie. Alexandre et l'enterrement du Congrès Les médiatisés, lord Stewart et le prince] Eugène. Alexandre et le Prince Jean de Liechtenstein.

l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 497

Après avoir signalé les menées de la famille Zichy contre Metternich, il lui mande que ;

L'Empereur d'Autriche a dit ces jours-ci au prince Antoine de Saxe : « Les affaires de Saxe vont mieux. Le roi se tire d'affaire en cédant la Lusace et Wittenberg à la Prusse. »

Gastlereag'h et Noailles ont remis des Mémoires en faveur de la Saxe (1).

La Sagan partira, dit-on, de Vienne le 29 et irait dans ses terres de Bohème.

Tous les soirs, aux thés de la comtesse Stadion, femme du Ministre, tous les Schônborn, tous les Stadion, Isenburg, Erbach, Solms, Linden, Lœwenstein, tous les princes médiatisés, le général Steigentesch.

La Prusse proteste contre les pouvoirs donnés par la Saxe à Schulenburg qui doit représenter son roi à Vienne. Elle a signé une convention secrète avec la Russie (2).

On dit aussi qu'Alexandre laissera à Vienne Nesselrode et Anstett pour enterrer le Congrès.

Montgelas doit arriver aujourd'hui, dit-on. Le Congrès ne marche pas.

Les Médiatisés ont l'air de devenir un peu plus raisonnables. Quelques-uns d'entre eux reconnaissent déjà qu'il est ipresque impossible de revenir à l'ancienne Constitution de ll'Empire, et par conséquent de leur rendre leur ancien statut.

On continue de raconter les histoires les plus incroyables

le compte de lord Stew^art.Se trouvant avec le Vice-Roi,

lui dit : « J'ai bien du plaisir à faire votre connaissance per-

melle après avoir été vis-à-vis de vous et vous avoir battu

Espagne. »

[Le Vice-Roi lui répondit : « Peut-être avez-vous combattu

Espagne ? Mais moi, Beauharnais, je n'ai jamais été en Es-

jne. Mais je me flatte peut-être, et je crois que, si j'avais l'honneur d'être vis-à-vis de vous, Mylord, j'aurais eu

mneur de vous battre. »

Cf. d'Angeberg. Mémoire raisonné sur le sort de la Saxe et de son soulin présenté au point de vue français. Vienne, 4 novembre, 376-379 et lettre îrdCastlereagh à l'Empereur Alexandre avec mémorandum annexé. Vienne, svembre 393-401.

2, Il s'agit probablement de la convention du 28 septembre 1814 (Cf. Mxn- W. Recueil des traités conclus par la, Russie, t. VII, 158 et suivantes. Cf. ue 729, allusion à une convention passée à Paris entre la Prusse et la Rus-

On se moque également beaucoup de lord et de ladj Castlereagh qu'on voit partout dans les rues, dans les boutiques se promener en se donnant le bras, qui entrent dans tous les magasins, se font montrer tout ce que contient l'établissement, puis s'en vont sans jamais rien acheter.

On s'est également fort amusé aux dépens de lady Castlereagh qui s'est taillée un certain succès en paraissant au bal masqué d'hier chez Metternich avec le ruban de l'Ordre de la ' Jarretière dans sa coifïure. I

L'Empereur Alexandre traite si particulièrement mal le] prince Jean de Liechtenstein, auquel il ne pardonne pas le rôle' qu'il joua, lors de la signature des traités de 1805 et de 1809, que le prince n'osa pas donner suite à son projet d'offrir une fête à l'Empereur.

GŒHAUSEN à HAGER

L'inconduite des Russes logis à la Burg. Les grossièretés et les brutalités du Grand-Duc Constantin.

L'agent D... rend compte que les Russes logés à la Burg ne se contentent pas d'y être fort malpropres, mais s'y conduisent fort mal et y reçoivent constamment des filles.

Les cours de Russie et d'Angleterre ont, paraît-il, offert il l'Empereur de l'indemniser de ses énormes dépenses, mai;| l'Empereur a décliné cette offre.

On est de plus en plus mécontent de l'attitude du Grandi duc Constantin. On raconte que tout dernièrement, chez l[ comte Stackelberg, il aurait pris pour plastron un coratl Esierhazy et se serait si fort moqué de lui à cause de la perj ruque que le comte persiste à porter, que celui-ci ne s'empêcher de dire tout haut, qu'il était bien triste de devoij constater combien on avait négligé l'éducation du Grand-du(|

Tout dernièrement aussi, comme il se promenait à cheval par un fort mauvais temps dans le parc de Schœnbrunn, répondit par des jurons et des grossièretés aux observatioij des gardes et des jardiniers qui le priaient de ménager M allées.

l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 499

V24. Vienne, 9 novembre 1814 (F. 3. 4312 ad 3565).

HEGARDT à ENGESTROEM {Inlercepta){en français).

Difficultés croissantes des questions de Saxe et de Pologne. La représentation des petits princes allemands au Congrès. Les fêtes et les bals. Le dey d'Alger et Napoléon.

Nous sommes toujours dans l'attente d'apprendre la décision de cette importante question de la Pologne et de la Saxe, qui forme le principal obstacle à l'ouverture du Congrès et qui semble devenir plus épineuse et plus difficile à résoudre, à mesure qu'elle est plus discutée et considérée sous plusieurs points de vue.

Le bureau de vérification a reçu un grand nombre de pleins pouvoirs dont la validité va être examinée. Le duc de Campo Chiaro et le prince Gariati en ont présenté comme plénipotentiaires de Naples. Les petits princes et les dynasties de TAllemagne, se cotisant par douzaine et vingtaine, ont aussi envoyé leurs fondés de pouvoirs au Congrès.

11 y a des gens qui se sont formé une idée du Congrès, comme s'il était un tribunal devant lequel toutes sortes de prétentions et de réclamations puissent être portées. En attendant le dénouement de tant de discussions très sérieuses, les fêtes et les divertissements se succèdent sans interruption tous les jours.

Le Consul d'Autriche à Civita Vecchia a annoncé, dit-on, que le Dey d'Alger ne reconnaît pas le pavillon de l'île d^lbe et a même ordonné à ses corsaires de se saisir de la personne de Napoléon, s'il y avait moyen, et de l'amener à Alger.

Page 1