‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 614 sur 842 · Vienne, 13 novembre 1314 (F. 3. 4374 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 13 novembre 1314 (F. 3. 4374 ad

ee à HAGER

Humboldt et la situation. Les résultats probables du Congrès. Ce qu'on dit chez Rechberg. Bade, Nassau et Hesse-Darmstadt mécontents des projets de constitution allemande de Steln.

« Humboldt a dîné hier chez moi, m'a raconté hier soir M"' d'Eskeles. Il m'a dit que la situation de Metternich est fort compromise et qu'il lui semblait peu probable qu'elle puisse se raffermir ; que le Congrès s'achèverait sans grandes secousses et qu'il n'y avait aucune crainte de guerre. Dans le public on s'était mis dans la tête que le Congrès devait finir, à peine commencé ; mais les gens sensés avaient compris qu'il durerait forcément longtemps, parce qu'il faut du temps pour faire du bon ouvrage.

Le roi de Prusse réclame la Saxe, non pas pour satisfaire sa soif de conquêtes, mais parce que seul ce royaume peut l'indemniser de la cession de la Pologne prussienne. Il perd plusieurs provinces, ne reçoit pas la Poméranie Suédoise (1), qu'on laisse à Bernadotte, parce qu'il lui a fallu conquérir la Nor-; vège, qu'on avait espéré pouvoir céder à l'amiable à la Suède. L'Empereur de Russie soutient ces demandes de Bernadotte i

t. La Poméranie suédoise finit par échoir au Danemark qui ne tarda pas, à la rétrocéder à la Prusse contre le Lauenburg et une assez forte somme] d'argent.

l'ouverture du congrès, LA SAXE ET LA POLOGNE 523

et garantit aux Danois une compensation en Allemagne en échange de la Poméranie Suédoise qu'on a pu leur attribuer. En renonçant à ses provinces polonaises, la Prusse perd une assez grande étendue de territoire, que peut seule lui compenser l'attribution de la Saxe, mais de la Saxe tout entière. 11 lui est impossible de se contenter de la Lusace.

L'Empereur de Russie est faux et entêté et on ne saurait prendre trop de précautions quand on traite avec lui.

J'ai entendu dire chez le comte de Rechberg que la Russie avait, il est vrai, cédé lors de la séance d'avant-hier (1) Gracovie à l'Autriche et Thorn à la Prusse, mais qu'en somme cela ne servait à rien et que cela ne suffisait pas pour se permettre de dire que les affaires du Congrès allaient mieux.

D'autre part, les représentants au Congrès de Nassau, de Hesse-Darmstadt et de Bade sont loin d'être satisfaits des mesures proposées par Stein, qui élabore un projet d'organisation intérieure des différents Etats de l'Allemagne, et d'approuver les idées et les principes qu'il veut mettre en pratique.

r63. Vienne, 13 novembre 1814 (F. 3. 4374 ad 3565).

HEGARDT à ENGESTROEM (Intercepta) (en français) (analyse).

Aucun grand changement. Apparence toutefois d'un rapprochement sur les questions de Saxe et de Pologne. On laisserait au roi de Saxe environ 1.500.000 sujets.

Mémoire remis à la Prusse et à l'Autriche par les Plénipotentiaires des princes allemands, qui n'ont pas pris part aux conférences du Comité (2) chargé de préparer les affaires d'Allemagne, et par lequel ils entendent réserver leurs droits et demandent que la confection du Pacte fédératif soit confié au Congrès général des Etats Allemands. D'après le projet qu'ils comptent soutenir, la Prusse et l'Autriche, au lieu d'être membres de la Diète fédérale, ne seraient plus que les garants de la Constitution.

1. Séance du 11 novembre, ou plutôt une conférence entre Metternich, Hardenberg et Nesselrode.

2. Cette note des Plénipotentiaires de vingt-neuf princes souverains et villes libres d'Allemagne, ne fut remise à Metternich, à Hardenberg et à Munster que le 16 novembre (Cf. d'Angebbro, 441-449).

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