‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 622 sur 842 · Vienne, 15 novembre (F. 3. 4362 ad · texte numérisé non relu

Vienne, 15 novembre (F. 3. 4362 ad

© © à HAGER (en français).

Le 14, Hardenberg envoie deux paquets de papiers, l'un à 10 heures à Talleyrand, l'autre à 11 heures à Wrede. Tous deux ont été, avant d'être remis à leurs destinataires, transmis d'abord à qui de droit.

Zerboni di Sposetti est parti le 14 pour Varsovie.

© © à HAGER (en français^-

On prétend que le Pape va prononcer la nullité du mariage de Marie -Louise et de Napoléon.

l'ouverture du congrès. LA SAXE ET LA POLOGNE 529

Le major Malczewski proclame partout la grande popularité dont jouit Murât et le réel attachement que les Napolitains auraient pour lui.

Il affirme également que Joachim ne s'est jamais et en aucune façon rapproché de Napoléon.

Vienne, 15 novembre 1814 (F. 3. 4362 ad 3565). Rapport à HAGER (en français).

« La Sérénissime République de Gênes a enfin péri sous^les coups meurtriers (sic) de l'ambition et de la révoltante injustice des Monarques co-partageant l'Europe (1) », ainsi s'est exprimé hier soir Gallesio (2).

Vienne, 15 novembre 1814 (F. 3. 4362 ad 3565). Rapport à HAGER

Nombreux rapports sur les conférences de Gagern ave 3 les [princes médiatisés et les plénipotentiaires des petits Etats allîemands du 11 au 15 et sur ses entretiens avec les Ministres let Plénipotentiaires de France.

Von L... à HAGER Notice sur Kiister.

|Le conseiller intime von Kûster, ministre de Prusse auprès Cours de l'Allemagne du Sud, est, après Humboldt, le psonnage le plus marquant parmi les hommes d'Etat prusms.

.Cf. dAngeberg, 424-427. Troisième protocole de la séance du 13 novembre :de3 Pléuipotentiaires des huit puissances signataires du traité de Paris. >tocole de la séance sur la cession de Gènes à la Sardaigne). Gallesio di Finale (Georges), secrétaire du marquis Antoine de Brignolc-

Elève des Dohm (1), Bischoffswerder (2), Lncchesini (3| et iïaugwitz (4), il fut l'un des instruments dont ils se servirent pour provoquer des mouvements révolutionnaires à Liège et dans les Pays-Bas, y remplit êes missions se.crètes- pendant plusieurs années et commença sous leurs auspices so'H éducation diplomatique. Pendant toute cette période de préparation de la révolution des Pays-Bas, il se rendit à plusieurs reprises à Bruxelles, y fit de longs séjours et y épousa une jeune fille d'Aix-la-Chapelle, dont l'oncle était un riche bourgeois bruxellois et qui s'appelait, je crois, Obermana.

Serviteur dévoué et actif, Kiister fut l'un des fondateurs des sociétés secrètes prussiennes à l'étranger et sans faire le moindre bruit dans le monde, différant en cela de Stein etd© Gruner,il contribua, au moins autant qu'eu's, à l'organisation de ces groupements et à leur diffusion au dehors. Tant comme membre de ces sociétés que comme chargé d'affaires à Cassel, il réussit à organiser ces sociétés dans le royaume de Westphalie, et c'est en somme à lui qu'est due en réalité la,

1. Dohm (Ghristian-Gonrad-Guillaume) (1757-1825), d'abord précepteur en 1772 des pages du prince Ferdinand de Prusse, frère de P'rédéric le Grand, conseiller intime des archives et de* guerre au département des' Affaires- Etrangères de Berlin (1779), puia Ministre ajiprès des cei-cles de, Westphali-e ek.dfl Bas-Rhin et auprès de rélecteur de Gologne, chargé en 1792 de surveiller lea négociations secrètes de l'Autriche avec la Révolution française, anobli pari Frédéric Guillaume II, troisième plénipotentiaire de Pi-usse au Congrès d^( Rastatt (1797), président de la chambre des Domaines en 1804, passé au service de Westphalie après ïilsit, Miniatre du roi Jérôme à la Cour de Saxe, il| rentra dans la vie privée en 1810.

2. Bischoffswerder (Jean-Rodolphe von) (1737-1S03), Général, Ministre d«l Frédéric Guillaume II, dont il était l'inséparable et le favori, l'un des artisarrf| de la décadence de la Prusse.

3. Lucchesini (Jérôme, marquis) (1752-1825?, b-ibLiothécaire et lecteur de Fré-I déric II, chargé de différentes missions diplomatiques par Frédéric Guillaume III Ministre plénipotentiaire au Congrès de Reicbenbach (1791), Ministre de Prussil à Vienne (1793-1797), Ambassadeur extraordinaire à Paris (1803), il signa eil 1805 àCharlottenburg avec Napoléon un amoistice que le roi refusa de ratiOerj Il prit alors sa retraite et devint un peu plus tard chambellan d'ElisaBonapartej

4- Haugvvitz (Ghristian-Henri-Ch»Fles, comte de) ,1752-1832), Ministre- d[ Prusse à Vienne (1792) et la même année Ministre de cabinet à Berlin, l^lwj des auteurs et des signataires du traité de Bâle (1795). Ministre des Affairai Etrangères (1802), il se retira dans ses terres en août 1804, découragé et désefj péré parla politique de Napoléon, avec lequel il dut cependant, sur les instance! de aon roi, consentir à aller négocier, et fut ainsi appelé à apposer sa signaturij d'abord sur le traité de Schonbrunn, puis sur le traité signé à Paris le 15 jail vier 1806. Il ne parvint pas néanmoins à détoumerla Prusse de la guerre etscf licita et obtint sa retraite en novembre 180€. A partir de ce moment, il ra8| définitivement éloigné des affaires.

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chute de ce royaume. Envoyé à la fin de 1811 ou au commencemeit de 18 î^ à Bruxelles par le gouvernement prussien sous le prétexte d'y rendre visite aux parents de sa femme, mais en réalité pour se rendre un compte exact de l'état des esprits, il y fut mal reçu en sa qualité de Prussien, n'y put rien faire et rédigea à son retour un rapport naturellement pea favorable aux pays qu'il venait de visiter.

En 1813, on l'envoya en Bohême, apparemment pour y liquider les comptes, en réalité pour renseigner son gouvernement et y préparer les esprits en vue d'une union avec l'Allemagne.

Kiister appartient, en raison même de ses idées et de ses aspirations, au parti ultra-prussien. Ennemi de Hardenberg il est tm ardent partisan et admirateur de Humboldt (i). Pendant son séjour en Bohême, il proposa au roi de relever le comte de Goltr de ses fonctions et de les confier à Humboldt, le seul homme capable, à son aris», d'agir sur Tesprit de l'Empereur de Russie, de faire aboutir les projets et les vues de la Prusse, grâce à la confiance qu'il réussirait à inspirer, et d'assurer à la Prusse la place qu'elle doit avoir et l'influence qu'elle doit exercer en Russie.

Lorsqu'on apprit à Prague que le roi avait confié à Bûlow le ministère des Finances, Kùster ne put dissimuler la déception que lui causait cette nouvelle. 11 ne craignit pas de dire à ses subordonnés qu'on avait trompé le roi, que Bûlow méritait tout au plus de reprendre à Magdebourg les foncions de président de Chambre qu'il occupait en 180G. Il jouta que Biilow, passé au service de Westphalie, n'avait missionné que parce qu'il avait su qu'on était sur le point de mettre à pied. Ce fut à ce moment seulement que Bûlo^w devint prussien, et qu'entré dans les sociétés y rendit des rvices qui auraient été largement payés par l'oubli de sa jéfection et la restitution de ses anciennes fonctions de présient de Chambre à Magdebourg. Mais les choix du chancelier aient exclusivement dus à la faveur, à la protection et insrés par sa cupidité et ses besoins d'argent. 11 voulait avoir ns le poste une personne sûre et qui se garde bien de ré-

1. Gagern semble n'avoir pas été de cet avis. Ekîrivant au Statiiouder de Hollande aussitôt après ran-ivée de Kiister, il lui disait: « On lui suppose l'intention de rectifier les erreurs de M. de Humboldt». G-agbhn, Meirt Antheil an dsr Politik., II, 89.

vêler au roi ses tripotages avec les Juifs et les fournisseurs. Pour mieux prouver ses dires, Kûster racontait que, lors de la première guerre entre la France et de la retraite au delà du Rhin, le chancelier avait fait tort à son gouvernement de rien moins que de 130.000 sacs d'avoine qui n'avaient jamais été livrés et qui, grâce à de fausses déclarations, passèrent pour avoir été pris par l'ennemi. On l'avait à ce moment accusé de ce détournement, mais la Lichtenau (1) et les ministres d'alors, dont il était la créature et le protégé, l'avaient tiré d'affaires en démontrant au roi que cela ne concernait en rien la Prusse, que ces livraisons étaient à la charge de l'Angleterre qui serait forcée de payer et qu'ainsi cet incident profiterait à la Prusse.

Kûster proposa au roi de témoigner par des cadeaux en argent sa gratitude à Metternich, Stein et Gentz. Celui qu'on aurait fait à Metternich aurait été d'un demi-million de thalers. Kûster affirmait qu'en raison de leur situation particulière assez embarrassée ces trois personnages auraient accepté ces présents avec joie, et que liés ainsi à la Prusse, il leur serait impossible de contrecarrer ses projets. C'eut été un million placé à gros intérêts et qu'on aurait largement récupéré à la paix. La proposition plaisait au roi, mais on ne put y donner suite à cause de l'épuisement du trésor. Kûster proposa alors au roi de prendre cette somme sur sa cassette particulière, mais on se garda bien de lui répondre.

Kûster avait conseillé encore à son gouvernement de se servir du prétexte de l'épuisement de la Silésie et de l'impossibilité d'y recruter les régiments que cette province devait fournir, soit pour demander l'autorisation de lever au moins quatre régiments en Saxe, soit encore pour exiger la cession immédiate de la Lusace, en ajoutant qu'étant désormais en possession de ces territoires, il serait bien autrement simple de régler définitivement cette question lors de la conclusion de la paix.

Kûster est un de ces réformateurs qui veulent l'union, l'unité absolue de la Prusse et la disparition radicale du provincia-, lisme. Il a collaboré à tous les projets qui tendent à ce but et qu'on se propose d'appliquer. Il diffère cependant sensiblement

1. Lichtenau(\Vilhelmine, comtesse de)(17.ï4-1820), filJe de M. Euke,la maltresse de Frédéric Guillaume II. Frédéric Guillaume III la traîna devant lesj Tribunaux, la fit emprisonner et ne lui rendit la liberté qu'après une captivité 1 de trois ans et en échange d'une renonciation aux biens qui lui avaient ét.él donnés et dont Napoléon lui rendit une partie en 1811.

SOUS un rapport de tous ses compatriotes. Il est calme, a une excellente tenue, est d'un abord facile, aimable et poli. Il parle peu et à voix basse, mais il possède au plus haut degré l'art de poser des questions. Il est ce que les Français appellent « un bon entendeur ».

Un fait, dont j 'ai été témoin, permettra de se rendre un compte exact de ses sentiments à l'égard de TAutriche. Le conseiller provincial von Zastrow^, un vrai Poméranien, était venu à Prague ; il se trouva à table à côté de moi le 2 octobre 1813. J'étais assis entre lui et le conseiller d'Etat prussien Scharnweber qui, comme j'avais un vêtement bleu et comme je causais intimement avec Zastrow, qui était mon voisin de chambre, me prit pour un Prussien. Après s'être félicité avec nous des heureux événements des dernières semaines, Zastrow proposa de célébrer par une illumination et un banquet la fête de l'Empereur d'Autriche (1), afin de lui mieux témoigner la reconnaissance générale et bien lui prouver que c'est à lui que nous devons d'être là.

Scharnweber combattit cette idée en disant qu'augmenter le prestige de l'Empereur d'Autriche équivalait à une diminution correspondante de celui du roi de Prusse. Il ajouta qu'on ne lui' devait aucune reconnaissance, qu'on était parfaitement quitte, puisque c'étaient les Prussiens qui avaient sauvé la Bohême. Kûster alla plus loin encore. Il recommanda, ce qui arriva, du reste, à tous ceux qui étaient au théâtre de s'abstenir de joindre leurs applaudissements à ceux du public (2). Il redonna les mêmes instructions lors de l'anniversaire de l'Impératrice.

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