‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 66 sur 842 · Vienne, 6 août 1814 (F. I. ad · texte numérisé non relu

Vienne, 6 août 1814 (F. I. ad

GENTZ à KARADJA (intercepta en français) (Analyse du Cabinet noir).

Bruits relatifs au voyage de Marie-Louise à Aix. Les prétentions de la Keine d'Etrurie sur Parme. L'itinéraire de Castlereagh (2) et l'arrivée de lord Aberdeen .

On a beaucoup parlé du mauvais effet que le voyage de Marie-Louise aux bains d'Aix en Savoie doit avoir causé à Paris, de l'ombrage que la Cour de Russie en aurait pris, du but secret de ce voyage qui n'aurait été rien moins qu'une entrevue avec Napoléon à l'Ile d'Elbe. Les journaux anglais ont enflé et brodé ces bruits et en ont même pris acte pour

l.Luzio Garracciolo, duc de Rocca Romana, grand-écuyer de Murât. Chargé de remettre à François I" une lettre de Joachim en date de Naples 18 juillet, Rocca Romana arriva à Vienne le 30 juillet.

2. Bien que la plus grande partie de cette dépêche ait été publiée en allemand par Klinkowstrœm (pages 399-400), j'ai cru intéressant d'en donner ici le texte original français, tel qu'il a été transmis par le Cabinet noir, •d'autant plus que les deux derniers paragraphes relatifs à lord Castlereagh et à lord Aberdeen ne figurent pas dans le livre de Klinkowstrœm.

supposer je ne sais quelle intelligence secrète entre la Cour de Vienne et Napoléon. Ils ont relevé surtout l'histoire d'une compagnie de lanciers envoyés par Napoléon pour escorter son épouse et la conduire au lieu de son exil.

La vérité de tout ceci est que l'Impératrice Marie-Louise s'est rendue aux eaux d'Aix en Savoie d'après l'avis de ses médecins et avec le plein consentement de l'Empereur, son père ; que celui-ci s'en est expliqué avec le roi de France dans des termes qui n'ont pas pu susciter Tombre d'un soupçon ; que Napoléon a été si mal instruit de ce qui se passait à Vienne et des projets de son épouse qu'il a cru qu'elle se rendait à Parme et qu'il a envoyé, en effet, une trentaine de lanciers dans cette ville pour lui servir de gardes, lesquels ont été immédiatement renvoyés par la Commission autrichienne, chargée du gouvernement provisoire de Parme ; enfin que l'Impératrice Marie-Louise a laissé son fils à Vienne, a pris le chemin le plus court par le Tyrol et la Suisse et a été reçue à Aix par le général autrichien comte de Neipperg, chargé de lui tenir compagnie pendant son séjour, et qu'après la saison des bains elle retournera se distraire à Vienne pour y résider jusqu'à la décision finale de la seule affaire politique qui puisse encore la regarder et qui est celle de son établissement dans les duchés de Parme et de Plaisance.

Il s'agit encore de discuter les objections que la reine d'Etrurie, sœur du roi d'Espagne, a fait entendre contre cet arrangement au nom de son fils. D'après l'ancien ordre des choses, ce fils eût été l'héritier indiscutable de ces duchés ; mais la cession, que son grand-père a faite de ces duchés au Gouvernement français, était formelle, garantie par la Cour d'Espagne et par conséquent irrévocable. A moins que l'Autriche ne préfère d'autres duchés pour Marie-Louise et son fils, les prétentions de la reine d'Etrurie ne changeront rien aux dispositions de la Convention du 11 avril (1).

Lord Castlereagh a fixé son départ pour le Congrès au 19 de ce mois. Il va par Bruxelles, Francfort, la Suisse et le Tyrol et n'arrivera à Vienne que vers la mi-septembre (2).

Lord Aberdeen (3) arrivera aujourd'hui avec la commission qui porte à l'Empereur l'ordre de la Jarretière.

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