Trieste, 14 novembre 1814 (F. 4.4462 ad
JÉRÔME NAPOLÉON à FÙRSTENSTEIN(l) [Intercepta] (en français).
L'insécurité et la saisie des correspondances par la poste. A cause du pape, il s'établira à Bologne. Il lui conseille de faire sa cour à Marie-Louise et au roi de Rome.
Le comte de Malsbourg est arrivé hier soir. Je ne puis m'expliquer comment il se fait qu'étant parti le 8 au soir, vous n'eussiez pas reçu les lettres que je vous ai écrites sous le couvert de MM. Arnstein et Eskeles, en date du 28 et 31 du mois dernier. Priez ces Messieurs de les réclamer. Je vous ai également écrit le 5 et le 7 et dans cette dernière, deux lettres pour le baron de Gayl se trouvaient incluses. Je connaissais déjà la curiosité des postes, mais je pensais qu'une fois satisfaite, on ne pousserait pas l'indiscrétion jusqu'à arrêter la correspondance si longtemps.
D'après ce que j'apprends du pape, je préfère m'établir à Bologne et j'irai avec plaisir par eau jusqu'à Ferrare, si par ce moyen il y avait possibilité d'obtenir mes passeports plus tôt. Sinon, j'attendrai jusqu'à la fin du Congrès, s'il le faut absolument.
1. Fiirstenstein (Le Camus, comte de). Ministre secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères du royaume de Westphalie, envoyé à Paris par la reine Catherine pour obtenir la restitution des objets, bijoux et valeurs volés parMaubreuil, revenu à Graz par ordre de la reine le 15 septembre 1814 (cf. Afe'moires et correspondance du roi Jérôme et de la reine Catherine, t. VL Cf. Wel- VERT. Napoléon et la Police, pages 200-311).
Je VOUS autorise à avancer à M. Lebon (1) une somme de 2.000 francs. Dites à M. R... que ni moi, ni la reine, n^avons reçu la lettre qu'il dit avoir écrite avant celles qu'il a remises au comte de Malsbourg.
Je vous engage à demander à faire votre cour à l'impératrice Marie-Louise et au roi de Rome, si toutefois vous n'y voyez pas d'inconvénient. Mais pour peu que cela puisse donner le moindre ombrage, n'en faites rien. Vous me donnerez seulement des nouvelles de leurs santés.
N'oubliez pas de numéroter vos lettres à commencer de celles que vous m'écrirez en réponse à celle-ci.