Vienne, 13 août 1814 (F. 1. ad
HUMBOLDT à HARDENBERG {intercepta en français).
La constitution allemande. Difficulté de voir Metternich. {
Stadion. Wessenberg.
Je n'attends que les instructions de Votre Altesse sur l'affaire
1. Prince Cariati, l'un des deux représentants de Murât à Vienne.
2. Envoyé par l'Autriche en mission extraordinaire à Rome, puis à Naples.
de la Constitution allemande pour entrer en discussion sur cet objet avec le prince de Metternich.
Je n'envoie pas de rapport sur l'état des choses à cause de la difficulté de parler avec Metternich qui est à Baden où il s'occupe fort peu d'affaires. J'espère pourtant savoir sous peu comment la Cour de Vienne envisage les principales questions du Congrès. Ce que je peux vous dire aujourd'hui, mon prince, c'est que Stadion ne prendra aucune part à ces négociations. Il a dû être plénipotentiaire, mais il l'a décliné dans une lettre à l'Empereur. Votre Altesse a déjà pu observer à Paris qu'il était mécontent du rôle subalterne qu'il y jouait et n'était guère de la même opinion que Metternich sur la plupart des points qui doivent être réglés à présent. Son mécontentement a dû avoir augmenté depuis. Je ne saurais dissimuler que je crois qu'en général les affaires perdront beaucoup si, comme il faut presque le supposer, Stadion (1) y reste étranger. Ses sentiments bien connus, sa franchise, sa véracité, sa conduite sans tache et le sérieux qu'il met à tout ce dont il s'occupe, sbnt des qualités qui le feront toujours regretter.
Mais il faut avouer aussi qu'il est imbibé des anciens principes autrichiens et que pour cette raison il favorise très peu les plans de la Prusse, tandis que je me suis dès à présent convaincu que le prince de Metternich est dans un système beaucoup plus raisonnable, qu'il a pleine confiance dans Votre Altesse et que c'est par lui seul que nous pourrons attendre d'être appuyés dans toutes nos demandes.
Wessenberg (2) est membre de la Commission pour la réorganisation des provinces italiennes. Je ne sais s'il aura le temps d'être employé aux affaires allemandes. Dans ce cas je suppose que Metternich les prendra pour lui seul, car le baron Binder ne possède pas les connaissances requises à ce sujet.
1. stadion (Philippe, comte de) né à Mayenceen 1763,mort ministre des Finances en 1824, avait négocié la troisième coalition contre la France. Ministre des Affaires étrangères en 1806, il se retira après Wagram et fut ministre plénipotentiaire aux conférences de Toeplitz, de Francfort et de Chatillon.
2. Wessenberg-Ampfingen (Jean-Philippe, baron de) (1773-1858) eut pour firotecteur Charles de Dalberg, primat de Germanie, archevêque de Mayence, fmis de Ratisbonne et grand-duc de Francfort. Il représenta l'Autriche dans l'affaire des sécularisations (1802), fut ambassadeur à Berlin (1813), à Munich et à Londres et figura au Congrès de Vienne. Il goûtait peu le système de Metternich. Envoyé à la Haye en 1830, il eut à s'occuper du conflit belge-hollandais. Ministre des Affaires étrangères en 1848 dans le cabinet, dit oons- Ututionnel, il fut remplacé par le prince de Schwaraenberg.
Martens (1), que le comte de Munster voulait envoyer ici, n'est pas encore arrivé.