Vienne, 15 août 1814 (F. 1. ad
MARIE CAROLINE au ROI FERDINAND IV {intercepta en italien) (Analyse).
Avis et conseils qu'elle lui donne. Murât et Naples. Invisibilité de Metternich. Hostilité générale contre Murât.
Elle lui fait connaître son avis sur la reprise du pouvoir à laquelle il vient de procéder. Conseils qu'elle lui donne par rapport à l'Angleterre, et ce qu'elle pense de Tétat de l'armée sicilienne.
Gariati et Pescara affirment que Murât conservera Naples et qu'on donnera une compensation à Ferdinand,
Ni elle, ni aucune des personnes de son entourage n'ont même vu Metternich.
Elle est sans nouvelles de Ruffo (1).
« Ici, à l'exception du seul Metternich, tout le monde est contre Murât. »
18 août 1814.
BERNSTORFF à ROSENGRANZ {intercepta en français).
Sravité de la crise. Opinion de Humboldt sur la Russie et la Pologne. Pourquoi la Prusse doit la suivre. Attaques contre Metternich. L'archiduc Charles et la grande-duchesse Catherine. On parle d'une mission de Nugent en Angleterre.
1. Ruffo (Alvaro, commandeur, des princes délia Scaletta) (1754-1825) reçu lès son enfance dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, entré tout jeune au lervice au régiment Royal Siracusa, où il arriva promptement au grade de sapitaine, appelé ensuite à Malte, il y commanda pendant quelque temps les Galères de l'Ordre. Ministre plénipotentiaire à Lisbonne (1793), à Paris (1797), appelé dans sa patrie par les événements politiques en 1798, il accompagna fclarie Caroline à Vienne en 1800 et y fut accrédité comme Ministre plénipoeatiaire en 1803. Représentant de Ferdinand IV au Congrès de Vienne, il ligna en 1815 le traité d'alliance entre les deux Cours, refusa de prêter sernent à la Constitution en 1820, prit part au Congrès de Laibach (1821), devint •our peu de temps ministre d'Etat et président du Conseil et fut enfin enroyé de nouveau comme ambassadeur à Vienne où il mourut le 29 juillet
BAmi intime de Metternich, il le choisit pour exécuteur testamentaire. En note de la main de Hager : « J'aimerais pourtant bien savoir si Metch lit réellement les intercepta de Bernstorff. »
Plus l'époque des grandes négociations approche, et plus on sent Timportance de la crise qu'elles vont traverser. La Russie n'a qu'à vouloir pour l'emporter.
Mes conversations avec le baron Humboldt m'ont valu la conviction que la Cour de Berlin sent tout aussi vivement que celle d'ici ce que les vues de la Russie relativement à la Pologne ont de menaçant pour la tranquillité de ses voisins et de l'Europe entière, mais qu'elle est tout aussi peu disposée à y faire une opposition propre à l'entraîner dans une brouillerie ouverte avec cette puissance»
Je n'ai pu deviner si ce Ministre m'a exposé l'opinion de son gouvernement ou la sienne à lui, lorsqu'il m'a dit qu'il était convaincu que les puissances intéressées à combattre les projets de l'Empereur de Russie ne l'en feront revenir ni par des bouderies qui ne serviraient qu'à l'irriter, ni par des manaces auxquelles il ne croirait pas, mais qu'elles lui en imposeraient d'autant plus sûrement par un langage ferme, uniforme et tendant à lui faire sentir que l'attitude menaçante, qu'il prétendait se donner, les forcerait toutes à chercher la garantie de leur sûreté future dans les plus étroites unions de' leurs vues et de leurs principes.
On assure dans les cercles militaires autrichiens que la Russie n'a pas 100.000 hommes, mais rien que 30.000 hommes en Pologne et qu'elle ne dispose en tout que de 200.000 hommes. Plus les embarras de la situation se font sentir, plus les ennemis du prince de Metternich lui reprochent d'avoir trop longtemps laissé en suspens les questions qu'il va avoir à traiter maintenant avec désavantage. C'est surtout de la part du comte de Stadion qu'il a essuyé les censures les plus amères. Ce ministre est revenu de France singulièrement animé contre lui et tellement dégoûté qu'il a refusé d'avoir aucune part aux travaux du Congrès.
L'archiduc Charles vient de partir pour Egra, où il va trouiver la grande-duchesse Catherine. On s'attend toujours à ce que son mariage avec elle finisse par s'arranger. Il ira ens au-devant du roi de Prusse.
On prétend que Nugent (1), chargé d'une mission du G vernement, est sur le point de partir pour l'Angleterre.
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1. Nugent von Westenrath (Laval, comte et prince romain) issu d'une vieille famille irlandaise, né à Bellynacor, près de Dublin, en 1777, était à cç
LES PRÉLIMINAIRES ET LES AJOURNEMEiNTS DU CONGRÈS 55
IIEGARDT à ENGESTRCEM {intercepta en français) (Analyse).
Le congrès se réunira en octobre. Accord probable des puissances. Réunion de la Belgique à la Hollande.
« On ne doute plus que le Congrès sera réuni dans les premiers jours d'octobre, et à travers le voile qui recouvre les négociations, on semble apercevoir un acheminement vers un meilleur accord entre les Puissances. »
Réunion assurée et décidée de la Belgique aux Pays-Bas. Il semble qu'on veuille se mettre d'accord sur la Pologne.
Vienne, 21 août 1814.