‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 720 sur 842 · L... à HAGER · texte numérisé non relu

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Hardenberg chez Alexandre le 23. Les concessions de l'Empereur de Russie. Les frontières de la Polof^ne du côté de la Prusse et de l'Autriche. Le roi de Prusse pense au départ. Le méconti^ntemenl d'Alexandre.

D'après les dires du comte de Reichenbach, le Congrès finira pacifiquement, et ce résultat serait en grande partie dû au prince de Hardenberg. Le soir du Carrousel, l'Empereur de

Russie le fît appeler afin de conférer avec lui (1) et le prince aurait réussi à modifier ses vues sur la Pologne et à modérer ses prétentions. Il a appelé l'attention de l'Empereur sur l'Union secrète polonaise de 1794, qui n'a jamais cessé d'exister, et surtout sur le fait qu'on y déclara formellement qu'on ne saurait pardonner à la Russie l'anéantissement de la Pologne. Cette union, cette fédération existe encore et existera jusqu'au jour, où la Pologne aura recouvré son existence et son indépendance. Elle s'étendra au contraire et se développera malgré tout ce qu'on fera pour l'étouffer et la détruire.

Tous les Polonais quelque peu considérables et influents font partie de cette Société. Le prince Adam Gzartoryski a été un de ses premiers adhérents, un de ses promoteurs et ne cessera jamais d'en faire partie. Le prince Radziwill appartient, lui aussi, à cette Société.

L'Empereur Alexandre, très frappé par ces communications, s'est départi d'une partie de ses prétentions et a accepté une combinaison qui semble de nature à satisfaire la Prusse et l'Autriche

On aurait déterminé les points principaux de la frontière prussienne du côté de la Pologne, et il ne resterait plus qu'à en fixer le tracé définitif. Kalisch serait, sur la route de Varsovie à Glogau, la dernière ville russe. De là, la frontière s'infléchirait à droite jusqu'à la Wartha, qui séparera les deux Etats, laissant ainsi Posen et Gnesen à la Prusse. La frontière rejoindrait ensuite laNetzeet la Vistule.de sorte que Bromberg et Thorn resteront à la Prusse, qui aurait ainsi les territoires? et les frontières que Frédéric II avait si ardemment désirés.

Le Ghancelier aurait, me dit-il, remporté encore un autre succès.

Grâce à lui, la Prusse a en quelque sorte rempli le rôle d'intermédiaire, de médiateur entre la Russie et l'Autriche, et jouira par conséquent vis-à-vis de chacun de ces deux cabinets d'une position exceptionnellement favorable,

L'Empereur de Russie aurait, d'autre part, consenti à laisser à l'Autriche Cracovie et une bande de terrain entre la Vistule et le Bug, avec une population de 400.000 âmes.

l.« Bruits sur un changement dans les dispositions de l'Empereur de Ru»-| sie, lit-on à la date du 21 dans les Tagebûcher de Gentz ». Mais il n'en est! pas moins positif qu'Hardenberg conféia le 23 avec Alexandre et lui remitf même un Mémoire.

l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 609

Le roi de Prusse croit si fort que toutes les. difficultés sont aplanies qu'hier 20, il a parlé à ses aides de camp de son prochain départ et des quelques petits achats qu'il lui fallait faire.

Le roi a raconté aussi à ses aides de camp qu'à la dernière Redoute plusieurs personnages haut placés se seraient demandé à haute voix, dès qu'ils l'aperçurent, s'ils avaient déjà lu la brochure : Sachscn und Preiissen.

L'Empereur Alexandre est, paraît-il, très froissé de la façon dont on parle de lui, et très irrité de ce que le prince de Ligne se soit permis de dire, en faisant allusion à lui : Le congrès danse, mais ne marche pas.

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