Vienne, 30 novembre 1815 (F. 5. 4567 ad
ee à HAGER
Le rigorisme religieux des Anglais. Beethoven, ses admirateurs et ses adversaires. Le départ prochain et le mécontentement du roi de Wurtemberg. La façon dont Metternich mène les affaires et dirige le Congrès.
Les Anglais présents à Vienne célèbrent les offices religieux chez lord Stewart. Ils sont tellement sévères à cet égard qu'ils refusent d'assister le dimanche à des concerts ou à des séances musicales et c'est pour cette raison qu'on a remis à un jour de semaine l'Académie musicale de Beethoven.
La séance, qui j a été donnée hier (1), n'a pas servi à augmenter l'enthousiasme pour le talent de ce compositeur qui a ses partisans et ses adversaires. En face du parti de ses admirateurs, au premier rang desquels figurent Razoumoffsky, Apponyi, Kraft, etc., qui adorent Beethoven, se dresse une écrasante majorité de connaisseurs qui se refusent absolument à entendre désormais les œuvres de Beethoven.
« Mon roi (celui de Wurtemberg) fait ses paquets, a dit le baron Linden. il part extrêmement mécontent. Moi, je vais bien probablement perdre mon poste. Qu'un autre essaye de faire mieux que moi. Il est impossible de faire accepter un conseil à mon Uoi. »
Les notes, que le Wurtemberg a adressées au Congrès, sont, d'après ce qu'on disait chez le baron Pufîendorf, un monument de bêtises et de beaucoup les plus mal faites de toutes. Le comte Solms s'est fortement moqué de la négligence et de l'absence de méthode, que Metternich apporte à la façon dont il dirige les affaires du Congrès. Le baron Albini (2) procédait d'une tout autre façon au Congrès de Rastatt et à la Députation de l'Empire à Ratisbonne.