Vienne, 1" décembre 1814 (F. 5. 4907 ad
Nota à HAGER (en français).
Réponse énergique de Wrede à Stein et nouvelles diverses sur Napoléon. Marie-Louise et Murât.
Les Bavarois ont pour le moment l'air d'agir en faveur de l'Autriche. D'après des lettres dont les auteurs sont tout à fait dignes de foi, la Bavière aurait poussé 30.000 hommes sur la frontière du Nord-Est et cette démonstration pourrait bien être la cause de la modération et du silence des Prussiens. Stein a tout récemment essayé de faire valoir les prétentions de la Prusse sur Ansbach et sur Bayreuth et de sonder Wrede qui lui a répondu que : « Pour faire passer à la Prusse toute velléité de vouloir revenir à la charge sur ces questions, la Bavière s'employera de toutes ses forces, à ce que la Saxe reste un royaume indépendant, afin de couvrir ainsi sa frontière du Nord. »
Langenau va souvent chez Wrede, chez lequel il reste longtemps.
Il s'agit, paraît-il, d'une nouvelle organisation de l'armée autrichienne, au sujet de laquelle il consulte Wrede. Il règne du reste un accord parfait entre les Autrichiens et les Bavarois.
Ceux-ci continuent cependant à détester Schwarzenberg. Ils affirment que leur roi aurait tenu une tout autre conduite er^ 1809, si on lui avait envoyé Wessenberg ou Stadion, tandis qu'au contraire Schwarzenberg aurait dès les premiers mots offensé le Roi,
On se reprend à parler du départ prochain des souverains d'ici au 12 de ce mois et de la fin du Congrès, On dit que Metternich deviendra chancelier d'Etat ; que Napoléon va être déporté ailleurs ; que le mariage de Marie-Louise sera annulé ; qu'il y aura du changement à Naples et qu'on modifiera l'ordre de succession en Suède. Bernadotte renoncera à ses droits en faveur du fils de Gustave-Adolphe (1).
1. Il s'agit ici du fils de l'ex-Roi de Suède Gustave IV, qui précisément en novembre 1814 adressa au Congrès de Vienne, par l'intermédiaire de Sidney Smith, une déclaration dans laquelle il protesta contre le bruit d'après lequel il aurait abdiqué au nom de son fils, le prince Gustave Wasa.Cf. d'ANGBOERG, I7fi.
Talleyrand fait répandre le bruit que Murât a envoyé à Louis XVIII deux agents qui ont proposé à Jaucourt (1) de servir la France, si on consentait à reconnaître Murât pour roi de Naples.