Vienne, 1" décembre 1814 (F. 5. 4907 ad
Nota à HAGER (en français).
(eux partis en Prusse. Les enragés et les Germains. La Russie, son influence et son dang.îr. Le Roi plus Russe qu'Allemand. Le prince Henri refuse le gouvernement de la Saxe-
Il existe deux partis en Prusse et même parmi les Prussiens qui sont ici. L'un est des Prussiens enragés, qui pour agrandir la Prusse escaladeraient le ciel et n'épargneraient ni crimes ni vertus. Celui-ci veut la Saxe à tout prix, et puis il voudrait tout le Nord de l'Allemagne, visant en même temps à conquérir le Midi. L'autre est des Prussiens Germains, plutôt Allemands que Prussiens. Ils voudraient une Allemagne forte, inattaquable et regardée comme la patrie générale et véritable de tout 3e qui parle allemand. Ils ne cessent pas pour cela d'être Prussiens ; mais leur principe est d'être plutôt forts de l'influence )russienne en Allemagne que de la force intrinsèque de la *russe. Ils détestent la réunion forcée autant qu'injuste de la ixe à la Prusse et frémissent de cette idée qui dépopularise îs Prussiens en Germanie et leur fait faire l'acquisition d'un lillion de rebelles au lieu de sujets et les affaiblit par là plu- ^t que de les renforcer.
Ils sentent aussi que l'approche et l'augmentation des )rces de la Russie les rend tôt ou tard les esclaves de cette
1. Précepteur du prince Léopold des Deux-Siciles, Saint-Clair, qui avait îompagné le prince et sa mère Marie-Caroline, devint quelques mois plus rd le premier ministre de la Guerre de Ferdinand IV, lors de son retour i tapies. Cf. annexe XXIU.
puissance slave qui menace toute l'Allemagne, si on la laisse faire.
Bartholdi est de ce nombre, et bien d'autres qui n'osent pas se prononcer de peur de perdre leur charge auprès du Roi, qui tient à Alexandre plus qu'il ne le faudrait pour ses intérêts véritables.
Je sais qu'à Berlin ce parti remue et n'épargne pas le Roi, qui risque beaucoup, s'il s'entête à être plutôt Russe qu'Allemand.
On a dit hier parmi les diplomates que le prince Henri (1), nommé par le Roi gouverneur de la Saxe, avait écrit au Roi que « quoiqu'il n'entre pas dans la politique, sa conscience et « ses principes ne lui permettent pas d'accepter la charge que « Sa Majesté avait daigné lui confier en Saxe et qu'il priait « Sa Majesté de l'en dispenser ».