Berne, 36 novembre 1S14 (F. 5. 4578 ad
M"»* de HUMBOLDT (1) à HEDEMANN (Vienne) (intercepta) (en français).
La Prusse doit avoir la Saxe. Plutôt la guerre qu'y renoncer. Les armements de la Bavière. L'immixtion do la France dans les affaires d'Allemagne. La responsabilité de Metternich.
J'espère toujours que, grâce à la protection de Dieu, tout finira bien, mais hélas! pas aussi vite que cela aurait pu et dû l'être. On voit maintenant bien clairement ce que veulent des hommes aussi loyaux, aussi droits, aussi clairvoyants qu'Hardenberg et Humboldt, et je vous prie de me dire bien vite que la
1. M™« de Humboldt, née de Dachroeden (1771-1829), avait épousé Guillaume de Humboldt en 1791.
Saxe sera à nous. Au point où en sont les choses, nous ne pouvons pas reculer. Plutôt la guerre qu^un tel malheur 1 Pour le bonheur de l'Allemagne, il faut que la Prusse ait ce pays, auquel elle seule peut garantir la liberté.
Est-il vrai que la Bavière arme en masse ? Si oui, comment peut-on tolérer pareille chose ! Les deux princes royaux de Bavière et de Wurtemberg, tout pleins des idées françaises (1), sont un danger pour l'Allemagne. Enfin comment tolère-t-on que la France se mêle des affaires d'Allemagne ? Cette honte vient uniquement de la remise perpétuelle des solutions, et c'est Metternich qui en est la cause et qui doit en être rendu responsable. L'esprit, l'intelligence n'est pas tout. La conscience, voilà ce qui est essentiel pour un homme d'Etat.