‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 783 sur 842 · Fils du Président de Bienne · texte numérisé non relu

Fils du Président de Bienne

2. Cf. d'ANGEBEno. Cinquième Protocole des affaires du Comité des affaires de Suisse, 10 décembre 1814 (Pages 511-518) et sixième Protocole (Pages 521- 525.)

3. Andlau Birseck (Conrad-Chai-les-Frédéric, comte d') (1766-1839). Quatrième fils de Conrad d' Andlau, landvogt du Prince-évêque de Bâle pour les districts de Birseck et de Balbine de Staal. Chassé de France par la Révolution, il chercha un poste dans l'Autriche antérieure, devint conseiller du Gou-

Reste à voir la fin qui dépend de la façon dont se réglera la situation intérieure de la Suisse. En tout cas notre action a été utile.

L'Autriche veut garder la Valteline à cause des communi-J cations entre l'Italie et le Tyrol et donnerait en échange à la Suisse le Ghablais jusqu'à l'Arve, Constance et une partie de la principauté de Vaduz sur la frontière des Grisons et accorderait une rectification de la frontière du Rhin, du côté d'Eglisau.

1053. Vienne, 14 décembre 1814 (F. 5.4022 ad 3655).

GENTZ (1) au Prince de VALACHIE {intercepta) (en français).;

Les affaires de Naples. Murât et son désir de voir Napoléon transporté plus loin. Le Roi de Prusse et Marie-Louise. La grande-duchesse Catherine et le prince royal de Wurtemberg.

Il n'a plus été question de Naples. Les ministres de France et d'Espagne ne savent plus comment aborder cette affaire, depuis que le prince de Metternich a déclaré un jour dans une conférence qu'il ne la regardait pas comme un objet de discussion au Gongrès (2).

Les Français ont fait circuler des bruits alarmants sur une lettre écrite par le roi de Naples à l'Impératrice Marie-Louise (3 et dans laquelle, d'après eux, il lui avait « promis de vengei un jour tous ses torts ».

Mais le fait est que cette lettre ne contient pas un mot qu| puisse justifier ces bruits; qu'elle ne respire que la plus pro

vernement à Fribourg et quand le Brisgau fut incorporé à Bade, il entra ai service badois.Enl809 et 1810, il représenta le grand-duché à Paris. En 1814 il fut chargé du gouvernement de la Franche-Comté avec résidence à Vesoul mais échangea bientôt ce poste contre celui de gouverneur de révêché d Bâle, qu'il garda jusqu'à l'incorporation de ce territoire à la Gonfédératio! helvétique. 11 revint alors à Fribourg, où il mourut à l'âge de 73 ans.

1. J'ai cru devoir reproduire ici cette dépêche, bien qu'elle n'ait été inter ceptéc qu'incomplètement et bien qu'elle ait été publiée en allemand pa Klinkowstrom (Cf. Oesterreich's Theilnahme an den Befreiungs Kriegei p. 472-474), d'abord parce que toute la première partie de cette dépêche n figure pas dans ce livre, ensuite parce que le texte allemand diffère ass< sensiblement du texte français de la dépêche interceptée.

2. Talleyrand au Roi. Vienne, 6 novembre (dépêche n» 10)(PALLAiN.Corre. pondance inédite, p. 101).

3. Cf. Talleyrand au Roi. Vienne, 30 novembre (Dépêche n» 14). Ibiden p. 155.

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fonde reconnaissance du roi de Naples pour le5 preuves de loyauté et de bienveillance que l'Empereur d'Autriche lui a données et qu'elle n'a d'autre tort que celui de s'exprimer avec indifférence et peut-être avec un peu de mépris sur les menaces des ministres de France.

Au reste le duc de Campochiaro et le prince Gariati sont aussi bien traités que les deux ministres de Sicile, Ruffo et Serracapriola.

Le roi de Naples (1), quoique depuis longtemps hors de toute relation avec Napoléon, paraît vivement désirer que ce voisin incommode soit déplacé de son séjour actuel, non parce qu'il le croit dangereux, mais pour faire cesser les soupçons et les commérages auxquels sa proximité de Naples fournit toujours matière. Ce vœu est partagé par plusieurs Puissances, ît il n'est pas impossible que tôt ou tard on s'occupe de quelque projet qui ferait transporter Napoléon dans un autre pays. On eu vaguement l'idée de le conduire en Angleterre ou plutôt m Ecosse, mais rien n'est décidé à cet égard (2).

Le roi de Prusse ayant fait à l'Impératrice Marie-Louise plulieurs visites, cela a occasionné dans le public le bruit ridicule [u'il avait le projet de l'épouser, chose dont il n'a jamais été estion.

Un mariage plus probable est celui de la grande-duchesse

Catherine avec le prince royal de Wurtemberg (3). Ce mariage

e serait pas un événement indifférent. 11 pourrait même avoir

lot ou tard une influence majeure sur le sort de l'Europe. La

rande-duchesse Catherine est peut-être la seule personne au

londe qui puisse exercer une certaine pression sur l'esprit de

)n frère l'Empereur Alexandre. 11 lui parle souvent et l'initie

ians tous ses secrets.

D'un autre côté, le prince royal de Wurtemberg est un

sïomme extrêmement distingué par son esprit^ ses talents mili-

lires, sa bravoure, ses exploits dans la dernière campagne.

ais ces qualités mêmes ne le rendent que plus dangereux,

1. Toute cette partie de la dépêche jusqu'à la fin a été publiée par Klinwstrœm.

2. On trouve ici dans le texte allemand deux phrases, l'une démentant nvoi du général Koller à l'île d'Elbe, l'autre relative au genre de vie que luie-Louise mène à Schœnbrunn.

3. Il manque ici 5 à 6 phrases qu'on trouvera dans Klinkowstrœm (p. 473)

»ves au projet de mariage de la grande-duchesse avec l'Archiduc Charles, auses qui en ont empêché la réalisation et à Torigine du nouveau projet.

pie

puisqu'il est en même temps d'un caractère peu fait pour inspirer la confiance, profondément ambitieux, inquiet, intrigant et vindicatif. Il s'en faut de beaucoup que la grande-duchesse soit douce et calme. Ces deux grands personnages, réunis et profitant de leur crédit auprès de l'Empereur Alexandre, pourraient un jour imaginer bien des entreprises et contribuer à bien des bouleversements (1).

HAGER à l'EMPEREUR

Bordereau et rapport journalier du 16 décembre 1814.

Intercepta pris chez Nesselrode, Stackelberg, le roi de Wurtemberg, Dalberg, Noailles et La Tour du Pin.

Intercepta (cabinet noir) nombreux mais peu intéressants, sauf peut-être ceux de Goltz à Hardenberg et de Boutinieff à Nesselrode, écrits avec un chiffre nouveau dont on n'a pas encore la clef.

1055. Vienne, 15 décembre 1814 (F. 5. 4800 ad 3565).

Note à HAGER (en français)..

Note sur Aldini, Fontanelli, Guicciardi, Zucchi, RazoumofTsky, La Harpe. La Saxe, la Pologne, la Valteline. Les espérances du prince Eugène et les affaires de Suisse.

Aldini qui a, paraît-il, été reçu par Sa Majesté, affirme que TEmpereur lui aurait dit que pour la Pologne et la Saxe or s'était arrangé.

Le général Fontanelli (2) vient d'arriver à Vienne sur h conseil de Bellegarde.

Le comte Guicciardi, qui s'est prononcé en faveur de la cession de la Valteline à l'Autriche, a été élevé à Vienne, sait l'ai lemand, a été pendant cinq ans du temps des Français ministr»

1. Il manque enfin un dernier paragraphe tout entier consacré aux récep lions mondaines et à la mort du prince de Ligne.

2. Fontanelli (Achille) (1775-1838), général de division, ministre delà Guerrj du royaume d'Italie de 1811 à 1814. . li,

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de la Police et tout le monde s'est loué de sa modération et de sa douceur.

Il paraît que Fontanelli ignore pourquoi on Ta appelé à Vienne et désire uniquement reprendre du service.

Le général Zucchi (1) se plaint du commandement qu'on lui a donné en Silésie et le prince Eugène, quoique mécontent des lenteurs du Congrès, espère toujours avoir Bologne et compte sur la protection d'Alexandre.

Razoumofîsky et La Harpe sont actuellement brouillés et leur dissentiment a été causé par des divergences de vues sur les affaires de Suisse.

1056. Vienne, 15 décembre 1814 (F. 5. 4800 ad 3565).

.... àHAGER •

Le Roi de Saxe, ses chances de retour dans ses Etats. Emprunt qu'il a gagé sur ses bijoux.

Chez Schulenburg, on ne doute plus du retour du Roi de Saxe dans ses Etats (2).

Le Roi a, dit-on, engagé à Hambourg et à Amsterdam ses bijoux estimés 12 millions de thalers pour venir en aide aux plus nécessiteux de ses sujets.

De tous côtes on me confirme cependant l'exactitude des déclarations faites par le Roi de Prusse qui continue à être soutenu par Alexandre.

1057. Vienne, 15 décembre 1814 (F. 5. 4800 ad 3565).

Nota à HAGER

Le mariage de la grande-duchesse Catherine avec le prince royal de Wiirtemberg semble décidé. Les craintes de guerre.

On reparle du mariage de la grande-duchesse Catherine,

1. Zucchi (Charles, baron) (1777-186 ), général de division, gouverneur de Mantoue pendant la campagne de 1813-1814. Cf. pour plus de détails sur la vie de Zucchi, les Mémoires du général Carlo Zucchi publiés par Nicomède BiANCHi et Commandant Weil, le prince Eugène et Murât.

2. Cf. d'ANGEBERG, p. 505-510. Note du prince de Metternich, adressée le 10 décembre 1814 au prince de Hardenberg « ... se refusant à l'incorporation entière de la Saxe à la Prusse ».

duchesse d^Oldenburg, avec le prince royal de Wurtemberg', dont on la dit très éprise. La chose est paraît-il décidée, mais doit encore rester secrète.

Kozlowski paraît croire que Tattitude résolue de TAngleterre amènera fatalement la guerre.

Il parle du départ prochain^^d' Alexandre.

1058. Saint-Pétersbourg, 9-21 novembre (F. 5. 4800 ad 3565).

WINTZINGERODE au ROI de WURTEiMBERG {intercepta) (en français) (sous couvert Linden).

Le dîner Litta, le comte de Noailles et le maigre. L'Empereur Alexandre renonce à son voyage d'Italie à cause de la Pologne et de la Saxe. Bruit de départ de Talleyrand. La prbtestation des princes allemands, L'attitude de la noblesse viennoise.

Le comte Litta (1) a donné un grand dîner à l'Ambassadeur de France, auquel le Chargé d'Affaires de Prusse assista ; mais ceux de Portugal, d'Espagne et d'Amérique n'étaient pas invités. On observa que l'Ambassadeur de France ne mangeait pas du tout ; mais il calma les inquiétudes que cette abstinence commençait à donner sur sa santé en rappelant que c'était un vendredi et que le dîner était gras. On se demanda à l'oreille si M. de Noailles, chambellan de Napoléon, avait été aussi scrupuleux à faire maigre que le comte de Noailles, ambassadeur de Louis XVIIl, et on donna raison au vieil adage que les jours se suivent et ne se ressemblent pas.

D'après les dernières nouvelles de Vienne, le départ de l'Empereur devait avoir lieu aujourd'hui, mais Sa Majesté paraît avoir renoncé au voyage d'Italie. Ce changement, sans donner précisément des inquiétudes sur la conservation de la paix, diminue cependant la confiance avec laquelle on avait commencé à y compter, d'autant plus que des lettres particulières parlent de graves malentendus, qui, malgré l'assertion ducontraire donnée dans une lettre de l'Empereur à l'Impératrice Mère, doivent s'être élevés entre autres à l'égard de la Pologne et de la Saxe. On ajoute même que M. de Talleyrand doit avoir quitté

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