Eglise de Vienne où le curé prêchait en français
3. Cf Gentz, Tagebûcher, 343. « Dîné chez Talleyrand. II me remet un cadeau magnifique (24.000 florins) de la part du roi de France ! »
3, Cf. Diaro de Saint-Marsan publié par le Père I. Riniehi, Corrispondenza inedita dei Cardinali Consalvi e Pacca, LXVI. « Singulier dîner et bal de jSidney Smith par souscription à VAngarten, tous les rois, princes, empereur le Russie. Il oublie 100 personnes. Je ne vais qu'au bal. But : les esclaves, les barbaresques. Personnes : les chevaliers de tous les ordres : Projet de [trois trésoriers ; Pour les annonces, un Turc, im protestant et le Hoïxce. Es- Lpèce de folie, beau local. »
J^avais depuis quelque temps interrompu mes visites chez Talleyrand. J'y ait été ce soir et j'ai été très bien accueilli. J'y ai trouvé tout le personnel de la mission, plus Vernègues,Ruffo, Saint-Marsan et autres, Dalberg m'a dit : ^ Je suis très en froid, presque brouillé même avec mon oncle, le grand-duc, depuis l'histoire du coadjuteur, du Cardinal Fesch (1). Je suis entré au service de la France pour sauver mes propriétés de la rive gauche du Rhin. Je vous en fournirai les preuves, mon cher, et je vous en communiquerai des originaux qui vous convaincront. »
M. Flassan, Fauteur de l'Histoire de la diplomatie française y m'a prié de l'introduire chez le baron Thugut, parce qu'il est précisément en train de préparer un grand travail historique sur son Ministère.
1218. Vienne, 1" janvier 1815 (F. 2. 496.209 ad 2).
Nota à HAGER (en français).
La princesse Bagration. Alexandre, Metternich, le pi'ince royal de Wurtemberg. La grande-duchesse Catherine Pozzo di Borgo. Gapo d'Istria,
J'ai risqué ma vie en allant pour le service de Sa Majesté chez la princesse Bagration pendant quelques heures.
Voici ce que j'en rapporte ;
L'empereur Alexandre est furieux contre le prince Metternich. Il l'accuse de la plus noire mauvaise foi et d'avoir voulu semer la mésintelligence entre la Russie et la Prusse. Il dit que la Prusse lui a montré toute la correspondance secrète avec Metternich.
La comtesse Aurore Marassé m'assure que nommer Metternich et se perdre auprès d'Alexandre, c'était la même chose. Elle m'a dit cela avec tristesse, car elle est toute dévouée à Metternich et à l'Autriche.
La princesse Bagration jouit d'une espèce de triomphe en cela et se croit vengée des infidélités de son amant.
La comtesse Marassé m'a dit qu'elle a voulu deux fois prévenir le prince de Metternich de Forage qui se formait contre
1. On sait qu'en 1806 le Prince-Primat avait fait choix du Cardinal Fesch comme coadjuteur et successeur éventuel.
l'OUVERTURK du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 773
lui par les propos qu'on tenait à Alexandre sur son compte, mais que Metternich ne lui en a jamais donné l'occasion, quoiqu'elle lui eût fait connaître son désir et que lui-même eût désiré d'en être instruit.
« Mais, dit-elle, il trouvait bien le temps de courir chez la Sagan, mais pas un quart d'heure pour m'entendra. J'en ai été bien peinée, car j'aurais désirer le prévenir de tout. »
La princesse m'a dit qu'elle jne croit pas que le mariage du prince royal de Wurtemberg avec la Grande-Duchesse se fasse. Celle-ci le voudrait, mais lui n'en est pas si pressé. La princesse m'a dit encore que la Grande-Duchesse était jalouse d'elle et qu'en réalité il n'y avait pas de quoi « puisqu'il vient chez elle en ami ».
« S'il y avait quelque chose, a-t-elle ajouté, je vous le dirais. J'ai cependant voulu prévenir l'empereur Alexandre que sa sœur était jalouse de moi.» L'Empereur me répondit : « Ce sont là vos affaires, moi, je ne m'en mêle pas. »
Nous parlâmes de Czartoryski. Elle me dit qu'il a repris son ascendant sur Alexandre et qu'elle osa dire à l'empereur : « Ce Czartoryski ne me plaît pas. Au premier moment, il vous plantera pour courir à Baden ou à Carlsbad. »
Elle me dit aussi que le prince royal de Wurtemberg lui avait dit qu'il se proposait de parler à Alexandre pour le détourner de son entêtement de rétablir le royaume de Pologne, et m'a prié de ne rien dire à personne de cette confidence que le prince lui a faite.
Elle a toujours été (j'ignore le pourquoi) d'opinion contraire à ce rétablissement.
Elle m'a assuré que Pozzo di Borgo ne compte plus tant auprès d'Alexandre à présent et que c'est le moment de faveur de Capo d'Istria (1).
Je dois ajouter pour mon compte que celui-ci n'est pas l'ami de Metternich, Encore dernièrement il m'en a parlé. Il lui accorde beaucoup d'esprit et d'éloquence, mais ni morale, ni bonne foi. Il m'a cité un trait de lui. Il écrivit à Lebzeltern en Suisse, « en lui donnant un ordre qu'Alexandre approuvait, comme il le verrait par la pièce jointe à sa dépêche ».
1. La princesse Bagration ne se trompait pas puisqu' Alexandre confia en 1816 le portefeuille des affaires étrangères à Capo d'Istria qui le garda jusqu'en 1822.
Cette pièce n'y était pas et n'avait jamais existé. Il fit cela pour attraper le consentement de Capo d'Istria qui le donna, mais le lendemain partit pour Fribourg, alla chez Alexandre qui fut furieux de ce tour de Metternich (1).
Capo d'Istria (2) se dit très content de Wessenberg qu'il trouve franc, clair, droit, loyal et intelligent. Il dit aussi du bien de Stadion, mais on voit que pour Metternich il partage les sentiments de son maître.
1319. Vienne, 3 janvier 1815 (F. 2. 496 ad 2).
Bordereau et rapport journalier du 3 janvier 1815.
1220. Vienne, 2 janvier 1815 (F. 2. 496. 211 ad 2).
GŒHAUSEN à HAGKR
BruiLs de remaniement du cabinet autrichien. Règlement imminent des grandes afîaires et proclamation de l'empereur François comme empereur d'Allemagne.
On fait courir à Vienne le bruit de grands remaniements du Ministère. Stadion deviendrait ministre des Affaires Etrangères et Bellegarde aurait obtenu de quitter Milan où il serait remplacé par Frimont (3). On dit de plus en plus que les
1. 11 s'agit là d'un incident dont les conséquences furent des plus graves et qui remonte au mois de décembre 1813, d'une correspondance relative à la violation de la neutralité de la Suisse contre la volonté de l'Empereur Alexandre. Il convient de remarquer que ni les troupes russes, ni celles des IV* et V* Corps (Prince royal de W^urtemberg et VVrede) ne pénétrèrent à l'intérieur de la Suisse. Les gardes et réserves russes de Barclay de Tolly et les Austro-Bavarois de Wrede se bornèrent à se servir du pont de Bâle, tandis que les Autrichiens s'étendirent jusqu'à Genève.
2. Capo d'Istria était à ce moment en rapports constants et suivis avec Wessenberg, membre comme lui de la Commission pour les affaires suisses.
3. Frimont von Palota (Jean-Marie, Comte, Prince d'Antrodocoj (1759- 1831), Général de cavaleriedu 13 octobre 1813, à ce moment commandant de toutes les troupes autrichiennes stationnées dans la Haute Italie et en Dalmatie, dirigea au début de la campagne et jusqu'au combat du Ronco les opérations contre Murât et peu de temps après celles contre l'armée de Suchet.
l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 775
grandes alîaires du Congrès seront réglées d'ici au 15 et que le jour de sa fête Tempereur d'Autriche sera proclamé empereur héréditaire d'Allemagne.
1221 . Vienne, 2 janrier 1815 [F. 2. 496 ad 1).
Intercepta insigmfiaiits chez Nesselrode, Dalberg et Talley rand, et rapport à Hager sur le passé et les aptitudies des deux agents secrets prussiens au service de Hardeuberg et de Stein, Veith et Mùlkr.
1222. Vkmne, 2.janvier 1.815 (F. 494.211 «d 2}.
GCEHAUSEN à HAGER
Effet produit sur les Pmsiiens par la nouvelle de la signature du traité de Gand. Propos tenus par Hardenberg à cette occasion.
Veith, le confident du prince de Hardenberg, a dit qu'à la suite de la signature du traité de Gand, un courrier prussien (Karsten), parti hier, a emporté l'ordre du roi de faire entrer immédiatement en Saxe un gros corps de troupes prussiennes.
Veith a raconté à notre émissaire, qui lui avait fait croire qu'il était né en Prusse, qn'en recevant la nouvelle de la conclusion de la paix entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, le prince de Hardenberg s'est écrié : « A la bonne heure ! Nous allons recommencer à toucher de l'argent, ne serait-ce que grâce à la liberté du commerce et du pavillon prussien et puis, parce que l'Angleterre Ta maintenant s'occuper sérieusement des alTaires du Continent. »
1223. Vienne, 2 janrier 1815 (F. 2. 496.209 ad 2).
©©à HAGER (en français).
La guerre probable
La princesse Taxis a su hier par la grande-maîtresse de la cour de la Grande-Duchesse Marie que celle-ci lui a dit qu'on allait avoir la guerre et que d'ici à huit jours la chose serait décidée.
1224. Vienne, 2 janvier 1815 (F. 2. 496.209 ad 2).
.... à HAGER
Les propos tenus par liumboldt cliez Hardenberg, L'attitude du Grand-Duc de Bade en cas de guerre.
Humboldt a dit,il j a quelques jours, chez Hardenberg, au moment de se rendre à 8 heures du soir à la Chancellerie d'Etat : « Je m'en vais à la commission des préséances. En voilà une qui durera longtemps, puisqu'elle ne pourra se terminer que lorsque chacun aura parlé à son tour et à la place qu'on lui aura assignée. »
Au dîner donné vendredi dernier le 30 décembre par Hardenberg, on s'est moqué tant et plus du Congrès et surtout du parti autrichien, bien entendu tant que le baron de Wessemberg n'était pas là ou lorsqu'il se trouvait à l'autre bout de la salle, et on l'a fait à la façon vraiment prussienne, façon que ne saurait rendre le récit d'un tiers et qui ne peut du reste être goûtée que par des initiés et comprise que par des Prussiens. Humboldt a été l'un des plus agressifs et des plus violents.
Le grand-duc de Bade a dit dernièrement en soupant chez son grand maître de la Cour avec le conseiller d'Etat Sensburg, lorsque le vin du Rhin lui eût un peu délié la langue : « Si la guerre éclate, je marcherai avec l'Autriche, bien que je sache que cela coûtera cher à ma sœur. Alexandre ne laissera pas en effet échapper une aussi bonne occasion de se débarrasser d'elle. Mais je ne peux faire autrement, surtout dès que la France est d'accord avec l'Autriche. »
1225. Vienne, 2 janvier 1815 (F. 2. 496.209 ad 2).