‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 817 sur 842 · DUCHESSE DE SAGAN · texte numérisé non relu

DUCHESSE DE SAGAN

La duchesse de Sagan était l'aînée des quatre filles nées du ma- •iage du duc Pierre de Gourlande(3) avec la comtesse Anne-Charotte-Dorothée de Medem. Elle se nommait Catherine-Wilhelmine, succéda à son père comme duchesse de Sagan et mourut en 1839.

« En 1800, lit-on dans la belle préface que M, Etienne Lamy a jcrite pour les Souvenirs de la Duchesse de Dino, le duc Pierre de ùourlande mourut. Ses filles (4), qu'on regardât la dot ou le viage, prenaient rang parmi les superbes partis de l'Europe. Moins le trois mois après, les trois aînées étaient pourvues. Pour l'aînée, ^^ilhelmine, son projet s'était préparé de lui-même. La familiarité l'enfance entre la jeune fille et le prince Louis-Ferdinand de

emmeà étudier. Elle a prés de quatre-vingt-deux ans *, toutes ses dents et les cheveux blonds ; c'est ce qui lui reste d'une beauté autrefois célèbre et «articulièrement connue de toutes les têtes couronnées d'Europe et de tous es beaux hommes qui passaient le soir au bout de l'avenue de son hôlel du aubourg Saint-Honoré, dont les jardins donnent sur les Champs-Elyséeslaintenant, c'est vraiment une morte qui parle ou qui marche. Son front jaune t luisant est excessivement élevé. Ses doigts ont l'air de jeux d'osselets. nie conserve pour son pied une adoration qu'il justifie par sa blancheur et a petitesse. Elle ne marche que soutenue par deux domestiques. »

Rogern'est pas galant pour la princesse qu'il vieillit d'une dizaine d'antées.

1. Le comte Otto de Blome, général major autrichien, avait épousé en 1828 fille unique de la princesse Bagration, Clémentine. Née à Vienne, où tout

3 monde parlait du prince de Metternich comme de son père, son état civil e fut réglé qu'à Pai is en 1828, lors de son mariage. Elle mourut en couches ans le Hoistein le 29 mai 1829.

2. Les héritiers du comte Litta avaient pour avocat Montanelli, le fameux gitateur italien et l'une des gloires de notre barreau, M" Bethmont.

3. Divorcé en 1772 avec sa première femme, Caroline-Louise de Waldeck, 3 duc Pierre de Gourlande se sépara en 1778 de sa seconde femme, la prinesse Eudoxie Jessupow.

4 Les princesses Wilhelmine, Pauline, Jeanne et Dorothée,

Prusse (1) était devenue un sentiment très tendre... Mais les mariages des princes sont affaires d'Etat et l'Etat a des raisons que Ift cœur ne connaît pas...

Wilhelmine, blessée de ce qu'elle appelait « les torts de la coui de Berlin »...yo\x[ui prouver l'absence de ses regrets par sa prom titude à accepter un autre époux ; ce fut le prince Louis à Rohan... »

« Elle fixa son choix, écrit à son tour la duchesse de Dino e parlant du mariage de sa sœur aînée (2), sur le prince Louis Rohan, dont le grand nom, les malheurs de Témigration et ua jolie figure, à laquelle je n'ai jamais trouvé ni noblesse ni esprit^ étaient les deux seuls titres à une préférence qui blessa beaucou; de ses rivaux et affligea les amis de notre famille. »

Ni le mariage de la duchesse de Sagan, ni ceux de ses sœuri Pauline et Jeanne ne furent heureux, Pauline épousa un prince de Hohenzollern-Hechingen,chef de la branche aînée des Brandebourg, et Jeanne, un Italien, le duc d'Acerenza, des princes Pignalelli. « C'est, — dira la plus célèbre des quatre sœurs de Courlande, la duchesse de Dino, désireuse d'expliquer les infortunes conjugales, les mécomptes et les déceptions de ses trois aînées, — c'est à l'infé' riorité intellectuelle de leurs maris, à la jeunesse de mes sœurs, à la; pression exercée sur elles, à leur dépit, à tous ces différents motifs si peu suffisants pour faire prendre une résolution dans la seule grands question de la vie des femmes, qu'il faut attribuer le peu de bonheia que mes sœurs ont trouvé dans leur intérieur et l'empressemeûf avec lequel elles ont profité des facilités que leur donnaient la religion protestante et les usages de leur pays pour rompre des nœuds aussi mal assortis que légèrement formés. »

En 1805, la duchesse de Sagan divorça; deux mois après, elle se mariait avec le prince Wassili Troubetzkoï. Cette seconde expérience ne fut pas plus heureuse que la première et dura moins longtemps encore, un an à peine. En 1819, après quatoi'ze ans de célibat, la duchesse de Sagan donna sa main au comte Rodolphe von der Schulenburg. Elle ne se plut pas mieux dans cette nouvelle union que dans les précédentes et les deux époux ne lardèrent pas à renoncer à la vie commune. En 1827, la duchesse, définitivement revenue de ses velléités matrimoniales, abjurait le protestantisme.

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