‹ Les dessous du Congrès de Vienne; d'après les documents originaux des Archives du Ministère Impérial et Royal de l'Intérieur à VienneChapitre 83 sur 842 · Vienne, 31 août 1814 (F. 1. ad · texte numérisé non relu

Vienne, 31 août 1814 (F. 1. ad

BERNSTORFF à ROSENCRANZ {intercepta en français) (Analyse).

Bonnes intentions de Metternich en faveur du Danemark. Bon accueil que le roi de Danemark trouverait à Vienne. Projet d'alliance conçu par le Prince Régent entre l'Angleterre, l'Autriche et la Prusse. Les objections de Metternich.

Il se loue de la bonne volonté de Metternich pour le Danemark. Le prince a reconnu l'obligation pour les puissances « de dégager le Danemark de toute charge et de le mettre à l'abri des nouvelles secousses comme de l'effet ou des conséquences des menaces du Prince royal de Suède ».

Metternich a senti la nécessité de s'adresser à cet effet à la Russie et va inviter la Prusse à se concerter avec lui.

Bernstorff ajoute que le roi de Danemark, s'il venait à Vienne, y trouverait le meilleur accueil. L'Autriche comprend et approuve le refus du roi de déclarer le prince Christian déchu de ses droits.

« On m'a assuré que le Prince Régent, outré par les prétentions arrogantes de la Russie, a insisté sur le désir d'y mettre un frein par une alliance à conclure entre l'Angleterre, l'Autriche et la Prusse. Le prince de Metternich a éludé la proposition, parce qu'il y voyait une humiliation, non justifiée encore, de la Russie, et parce que le roi de Prusse, tout en se prêtant à l'idée du Prince Régent, exigerait, en raison de ses liaisons personnelles avec l'Empereur Alexandre, des changements qui altéreraient la nature et la force des liens à contracter. »

L'ARCHIDUC CHARLES à LA GRANDE-DUCHESSE CATHERINE (1) {intercepta en français).

Je ne suis arrivé qu'hier, parce qu'en passant tout près de la terre du comte Grûnne(2)je me suis arrêté chez lui.

Je me suis acquitté ce matin de toutes vos commissions.

L'Empereur, qui venait aussi d'arriver hier, vous fait mille compliments. Il ignore absolument le jour de l'arrivée de votre frère ainsi que la route qu'il prendra. Dès qu'il en sera instruit, je l'apprendrai et vous le ferai savoir. Ce que je lui ai dit de vous lui a fait plaisir. Il désire que la chose réussisse. Il m'a chargé de vous demander la liste des personnes qui vous accompagneront ici et vous sera obligé si en même temps

1. Cf. Oesterreich's Theilnahme, etc., etc., page 473. Gentz à Karadja, Vienne, 13 décembre 1814. Considérations sur le projet de mariage de l'archiduc Charles avec la grande-duchesse Catherine et sur les causes de la rupture.

2. Griinne (Philippe, Comte de (1762-1854) entré au service en 1782, aide de camp de l'Empereur François en 1794, il devint, en 1797, colonel et aide de camp de l'archiduc Charles qu'il ne quitta plus guère. Général-major en 1800, chef d'un des bureaux du ministère de la Guerre en 1804, il travailla à la réorganisation de l'armée autrichienne. Feld-maréchal lieutenant en 1808, chef du bureau du généralissime en 1809, il quitta le service actif après Wagram pour se consacrer entièrement à l'archiduc Charles qui l'honorait d'une amitié toute particulière et auprès duquel il resta jusqu'à la mort de ce prince (1844).

vous pouvez m'envoyer celle de ceux qui viendront avec votre sœur, la duchesse de Weimar. Mon vieux « Papa » (1) ne peut pas me donner assez de commissions pour vous. Il est si heureux de votre ressemblance avec feu ma tante (2).

.J'ai entamé ma négociation pour être dispensé d'aller audevant du roi de Prusse. L'Empereur m'a dit qu'à moins qu'on n'en ait déjà fait une communication officielle à ce dernier, chpse dont il s'informerait, il m'en dispenserait.

Razoumolîsky vient demain me voir. Il m'avait envoyé à Franzensbrunn (3) une lettre pour vous et pour la princesse Wolkonsky qui n'y seront arrivées qu'après mon départ.

Pendant tout mon voyage, je n'ai pas perdu de vue vos conseils. Je les ai bien médités. Ils me sont si chers puisqu'ils viennent de vous, et je les trouve si justes et si vrais. J'emploierai les trois semaines de repos qui nous sont encore accordées à me les rendre propres de manière à ne plus les oublier et à les suivre même quand au milieu du plus grand bruit j'aurai moins le temps de réfléchir sur mes actions et sur mes paroles et que mon cher Mentor ne sera pas à même de me corriger et de me les rappeler.

J'attends le 22 (4) avec de l'impatience mêlée de joie et de sentiments qui m'étaient inconnus avant que je vous vis. L'idée que je pourrai vous rendre heureuse est au-dessus de tout et rien ne me coûtera pour obtenir ce but.

Je vous envoie cette lettre par estafette pour qu'elle vous parvienne encore à Dresde.

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