Vienne, 25 septembre 1814 (F. 1. ad
G. K. à SIBER et SIBER à HAGER.
Conséquences qu'aurait eues un accord complet, qui n'existe malheureusement pas, entre l'Angleterre, l'Autriche et la Russie. Préparatifs militaires inexplicables de l'Angleterre, de l'Autriche et de la Prusse. Pourquoi l'Angleterre s'opposera à une entente entre l'Autriche et la Russie.
G. K. a fait la connaissance d'un Lithuanien de bonne famille qui lui a parlé de 1 Angleterre, de la France et de l'Italie, pays qu'il connaît bien. G. K. a fait venir du bon vin après dîner et s'est mis à parler politique et à poser des questions naïves et confuses. Le Lithuanien lui a dit que si l'Angleterre, l'Autriche et la Russie étaient bien d'accord, le monde entier devrait leur obéir, mais que malheureusement cette entente était loin d'être complète. 11 lui a fait remarquer qu'on ne s'expliquait pas pour quelle raison l'Angleterre mettait tant de troupes dans les Pays-Bas, pourquoi la Russie faisait une grosse concentration en Pologne et pourquoi les Prussiens se renforçaient alors que Ton avait signé un traité de paix générale. 11 conclut de tout cela que les Anglais chercheront à semer la discorde entre les alliés et s'efforceront d'empêcher l'établissement d'un accord complet entre l'Autriche et la Russie, ne serait-ce que pour empêcher ces deux Empires de chasser la Turquie hors de l'Europe.